C'est arrivé vendredi vers midi, au numéro 10 de la rue du 14 juillet, quartier de la Cépière à Toulouse, et c'est dans la dépêche,

Deux compteurs Linky ont pris feu... 

" Il y avait de la fumée partout, on a aussitôt appelé les pompiers», raconte Christelle, copropriétaire. Heureusement, que c'est arrivé dans les locaux professionnels du bâtiment, vous imaginez si cela s'était produit dans un appartement ». 

Et de sa frayeur, Christèle fait naitre  une colère; 

« Ils sont tout neufs, ils n'auraient pas dû prendre feu. Ces compteurs Linky nous ont été imposés. On n’en voulait pas. Et aujourd'hui ils nous mettent en danger. »

Et c'est un petit article Nicolas... mais il ranime une bataille sourde entre des consommateurs et des municipalités et  ENEDIS, la filiale de EDF dont les sous-traitants installent ces nouveaux compteurs Linky... intelligents, connectés, hypercommunicants qui permettent de réguler la consommation et qui vont jouer un rôle dans la transition énergétique.

Mais chaque semaine, depuis des mois, dans la presse régionale, on voit d'autres petits articles qui racontent une méfiance et au bout, est ce que cela fait un mouvement social...

L'est républicain, édition de Verdun... Une madame Gisèle Duret s'inquiète des risques d'incendies, des antennes, des radiofréquences cancérogènes...

Sud Ouest... A Libourne dans la salle des fêtes plus de 200 personnes ont participé à une réunion publique autour des compteurs Linky, « Ce compteur peut déterminer et enregistrer votre style de vie. Les entreprises privées qui achèteront ces informations pourront tout savoir des comportements des citoyens », a dit un avocat...

La Dépèche raconte une réunion anti-Linky à Montauban, 250 personnes à la Maison du Peuple, Centre France raconte une autre réunion à Clamecy...  et Le Parisien le révèle, à Yerres, dans l’Essonne, la ville de Nicolas Dupont Aignan, la police municipale  est intervenue 11 fois contre les compteurs Linky...

Et cela dessine une peur pas seulement irrationnelle –on peut relire l’enquête de UFC Que Choisir en octobre dernier- mais surtout un sujet politique... Entre un corps social rétif, qui pense qu’on lui force la main… et une entreprise superbe de progrès et de puissance, Enedis qui met la pression sur ses sous-traitants, lesquels mettent la pression sur les consommateurs...

Le journal Fakir... C'est le journal dirigé par François Ruffin, député insoumis de la Somme... Fakir raconte la visite chez un de ses journalistes de l'employé d'un sous-traitant de Enedis... 25 ans au plus, presque timide mais qui ment en disant que la pose du compteur nouveau est obligatoire...  et puis qui reconnaît…

"Chez les particuliers on y va, et on revient jusqu'à ce qu'ils disent oui, parce que c'est vrai, beaucoup disent non... Dites si la boite vous appelle, vous leur dites bien que je suis passé... Sinon je peux avoir de gros problèmes..."

Voilà l'enjeu social derrière une bataille énergétique... C'est à hauteur d'homme effrayé.

Un homme a transformé son ADN...

Tout seul et pour devenir musclé... Il s'appelle Josiah Zayner, son histoire est racontée dans Le Monde qui l'a racontré dans son pavillon d'Oackland en Californie. Il a 36 ans, il est biochimiste, et en octobre dernier, "il s'est injecté dans l'avant-bras de quoi modifier les gènes de ses cellules musculaires"... 

La scène est en ligne... elle n'a rien de spectaculaire... et Josiah Zayner non plus, un trentenaire barbu à mèche blonde qui dit avoir peur des piqûres et se nourrit des meilleurs hamburgers de Californie du Nord... 

Mais ce monsieur tout de monde est surdoué des sciences et le héros des bio hackers... Le premier homme peut-être génétiquement amélioré et un prophète…  « Pour la première fois de ­l'Histoire, les humains ne sont plus esclaves de leur patrimoine génétique. Doit-on limiter cette ­liberté aux laboratoires universitaires et aux grandes compagnies privées ? »

Derrière l'histoire de Josiah Zayner, il y a l'aventure de  Crispr-Cas9, c'est une protéine capable de découper l'ADN, ce qui détermine le vivant... Zayner a décidé de la commercialiser... Il a créé une start up,  il a mis au point des kits, de 28 dollars à 159 dollars, il les vend dans tout le pays, et il est  passé de la génétique amusante,  transformer la bière pour la rendre fluorescente... à quelque chose de plus sérieux... l'homme, et d'abord lui-même, cobaye de sa technique... 

Il a guéri ses problèmes intestinaux, il n’a pas réussi à se faire bronzer, et maintenant, il veut bloquer sa myostatine :  une protéine qui limite notre croissance musculaire...  "Pour le moment, on ne voit rien... » Il regarde son bras tous les jours...

Et Yannick Noah est dans l'Equipe... 

Qui lui n'a pas eu besoin de se modifier le génome pour rester beau à chaque âge de la vie... Mais il a changé Yannick, et c'est ce que retient l'Equipe en pages intérieures, très subtilement, dans un papier qui colore de nostalgie le moment patriotique... Il raconte Noah qui avait "des allures de sexagénaire, le cheveu de plus en plus grisonnant, le regard perdu, presque triste, derrière ses bésicles de vieux sage"... Et vous lirez Nicolas ce portrait d'un homme endeuillé par la vie, qui a mené au combat de jeunes tennismen qui n'avaient pas forcément besoin de lui et qui le décevaient, et le temps passe, même si la victoire emporte tout... Tout ? 

Dans Libération, un mécréant journaliste, Gregory Schneider, relativise la victoire, le joueur le mieux classé en simple que les bleus ont battu dans toute leur épopée était 44e mondial...  et il parle d'un Noah "un peu sépia" qui a récupéré une petite plage de gloire... Petite... On entend cela, est-ce de mon âge ce matin, et cela dément le titre de l'Equipe, "Un pur bonheur"... Non, justement, le bonheur est impur, et c'est mieux ainsi... 

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