La planète rétrécit à l'homme, dit le New Yorker, et les Echos racontent les déserts qui avancent en Chine. François Ruffin traite le Président de "fou", entre autres, dans Libération. Un éleveur se désespère dans le Journal de Saone et Loire, et s'en prend au Président, qui "ne mérite pas" de manger ses volailles

Un maman qui se demande si ses enfants respirent encore...

Et qui les regarde, "paupières closes, bouche ouverte, leurs petits corps tête-bêche dans le grand lit, il faut se pencher tout contre leurs lèvres pour sentir leur souffle et se rassurer."  Cette maman s'appelle Cécile Alduy, elle est française et chercheuse à l'université de Stanford en Californie, et elle se souvient de ce 8 aout dernier, quand ses vacances furent envahie par les fumées toxiques d'un incendie qui engloutissait la terre 335 kilomètres plus loin, "très loin pensions-nous", mais non et elle se souvient de son regard fixé sur une application pour smartphone, qui donnait en temps réel l'avancée du poison, le taux de particules fines et de monoxyde de carbone...
Elle raconte cela, Alduy, sur AOC,  Analyse Opinion Critique, un site sérieux, qui ne publie que des textes d'intellectuels pour analyser notre monde mais celui-là dérive d'une expérience vécue deux fois, l'été dernier et cet automne à nouveau, quand on calfeutre les maisons, quand l'air exhale le bois et des pneus brulés, quand les masques sont en rupture de stock et les purificateurs à 200 dollars, on finit par fuir , on est réfugié climatique et l'on espère la pluie. "Suffoquer, survivre, fuir, écrit Alduy, c'est le lot de familles qui ont cru comme nous que respirer était une évidence: quelque chose qui nous est donné, sans condition. Suffoquer, survivre, fuir : c'est le lot de réfugiés climatiques partout dans le monde, que nous n'avons jamais vraiment écoutés"...   

Et ce  beau texte d'une universitaire dit une vérité dont ne nous distraient pas les ruses de l'actualité, et d'autres textes nous guettent. 

La planète est en train de rétrécir à l'homme, décrit le New Yorker. Des milliers de paysan quittent au Vietnam le delta du Mékong où le sel pollue l'eau, il faudra évacuer Djakarta en Indonésie et des morceaux de Louisiane et peut être boston, quand au Pakistan, en Inde ou en Chine, la chaleur nous aura chassé.  Dans les Echos, cette photo splendide d'un paysage chinois que le désert absorbe, nous sommes en Mongolie, dans le Nord de cette Chine dont un cinquième du territoire est se couvre de désert, c'est un reportage de villageois déplacés et de dunes qui bougent dans les tempêtes, 100 millions sont concernés. Dans Libération, les habitants des Iles Féroé s'empoisonnent en mangeant des baleines, imprégnées de mercure dans nos eaux polluées et le QI des enfants a baissé. 

En face, on nous raconte les tentatives des hommes, qui prétendent enrayer les catastrophes. En France, 24000 étudiants, ont signé "un manifeste étudiant pour un réveil écologiste", et ces futurs cadres, 600 signataires à polytechnique, n'iront pas travailler dans des entreprises qui se moquent de l'écologie, explique Jean-Marc Vittori, éditorialiste aux Echos;  à la Une des Echos on parle de la transition écologique, mais c'est pour nous parler du Président de la république  qui est "à un tournant", quand son rival Laurent Wauquiez plaide pour une "écologie positive", floue disent les Echos. Ces gens de la grande politique, sont-ils aussi légers que les mots qu'ils inspirent? 

Et la crise politique prend de la place dans les journaux...

Comment faire autrement, si nous vivons "le jour J du quinquennat," comme titre l'Opinion. Les propositions du Président peuvent elles calmer la colère, question de la Dépêche? Les gilets jaunes ont épuisé des patiences, et la presse raconte des procès de casseurs qui pleurent parfois, et elle raconte aussi la lassitude des commerçants, qui ont vécu l'enfer sur les Champs Elysées samedi, dit le Parisien, mais souffrent des barrages: Ouest France, l'Est Républicain, Vosges matin et l'Alsace en font leur une... Le pays aspire à l'ordre, et le pouvoir s'en saisira?
D'autres l'assignent à malédiction. 

En mai 2017, dans le Monde, François Ruffin avertissait Emmanuel Macron à la veille de son élection, et martelait ces mots, "vous êtes haï". Ruffin récidive dans Libération: "ce que les instituts ne mesurent pas,  c'est le dégoût, puissant, virulent, que vous suscitez. Vous déchirez la France. Vous êtes fou. Je vous écoute, et je me dis : «Il est fou.»" Et ainsi parle un député dont le Monde fait un portrait élogieux, signe des temps. A la une du Journal de Saône et Loire, un autre homme interpelle le Président. "Monsieur Macron, vous ne méritez pas de manger mes volailles" dit Aloïs Gury, 33 ans, éleveur à Montrevel-en-Bresse, fournisseur de Mieral, le volailler du boucher de l'Elysée, mais Aloïs, "cul-terreux" dit-il à 77 heures de travail par semaine pour 700 euros par mois, n'en peut plus, et il le crie dans une video sur facebook, en voici l'écho. "Je jongle avec les factures, les relances. c'est ma mère qui me fait 50 € de courses par semaine tous les mardis."  

Les restos du coeur font les Unes de la voix du Nord et de la Montagne. Oui mais, c'est la une du parisien, nous donnons moins aux associations caritatives... La faite à l'augmentation de la CSGH qui empêche les retraités, la faute à la disparition de l'impôt sur la fortune, des donateurs riches ont pensé qu'ils ne pourraient plus défiscaliser leur générosité, cela tient donc à ça...   

En Bretagne, le Télégramme annonçait hier la rivalité entre Jean-Yves le Drian et Richard Ferrand, et la dément aujourd'hui, les deux hommes ont fait un communiqué commun pour se proclamer tous deux progressistes bretons et en parfaite entente. 

Et des bébés génétiquement modifiés pour finir...

Qui seraient nés en Chine la semaine dernière du travail d'un chercheur de Shenzen pour leur éviter, grace à la modification d'un gêne par la technique des ciseaux génétiques, d'être plus tard contaminés par le sida: le Figaro, le Monde, Usbek et Rica vous racontent cette histoire entachée de doute mais qui donne le vertige car elle est possible, et bientôt souhaitée par les populations... La Croix en fait sa une: le génome est un enjeu mondial, et vous lirez ce prêtre, Thierry Magnien, qui pioche dans les Ecritures de quoi nous autoriser la recherche et de quoi la freiner... Puisque selon un père de l'Eglise, l'homme est autorisé par Dieu à pénétrer dans l’atelier de la création divine. Mais "lorsque Dieu chassa l’homme et la femme de l’Éden", il plaça à l’entrée du jardin des chérubins pour garder et préserver le chemin de l’arbre de la vie...

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