Un homme en tutu rose bronze dans son jardin et joue avec ses poupées, un jour il montre son sexe à la fillette des voisins: l'Obs raconte la fin et le parcours terrifiant du pédophile Le Scouarnec. Les Echos racontent les supermarchés du live-streaming chinois, Society l'ambition de bébés influenceurs français.

On parle d'un soldat...   

Un petit soldat que vous voyez dans la Croix, tout son pays, l'Arménie,  connait son visage qui se tord sous le bruit de son canon, il a ouvert la bouche pour que l'onde de choc ne lui éclate pas les tympans. Il avait 19 ans, il s'appelait Albert Hovhannisyan, il avait commencé en janvier son service militaire et il se retrouva plongé à l'automne dans la  guerre du Haut-Karabakh. Le 28 septembre, un photographe était venu sur le front un jour d'apocalypse et il avait photographié Albert et sitôt diffusée la photographie était devenu le symbole de l'Arménie en guerre... En octobre, elle illustrait une campagne de propagande dans les rues de Erevan, la capitale, on y voyait la photographie d'Albert et un slogan, qu'il semblait crier, "nous allons gagner", mais quand son image fut placardée dans les rues de sa ville, Albert était déjà mort, touché à la tête par des éclats de missile... La Croix raconte que sa famille n'ébruita pas tout de suite la nouvelle...  Albert repose au cimetière militaire, son papa Artak voudrait qu'on se souvienne de lui pas seulement en soldat, il dit à ceux qui veulent le consoler, "ne cherchez pas mon coeur, il ne bat plus"....  

Et nous voilà ramenés  aux douleurs d'un père, aux innocences sacrifiées. 

Dans Libération dont la Une comme celle de l'Humanité porte le portrait sidérant d'un innocent ensanglanté, évidemment Michel, cet homme que des policiers ont battu sauvagement -dans Libération donc, je lis un autre père il s'appelle Jacques, 85 ans, il est du Finistère et il héberge son fils, atteint d'un cancer dans l’estomac qui a migré dans le foie, et qui attend que l'on reprogramme son opération repoussée par le covid qui mobilise les hôpitaux.  Le fils patiente avec des aliens dans le corps dit-il, son père souffre plus que lui, son père souffre tout court, lui attend qu'on lui change une valve cardiaque.  Une chirurgienne de l'hôpital Beaujon ouvre son journal à Libération. Depuis le deuxième confinement,  c'est elle qui appelle ses malades ajournés. Une femme de 60 ans -récidive de métastase hépatique d’un cancer colorectal- l'insulte, elle a peur que sa maladie s'étende, un homme de 70 ans, cancer du pancréas, menace mettre le feu au bureau du directeur de l'hôpital... Ainsi vont la peur et l'attente. 

Dans le Point, je lis un autre enfant, soldat, venu d'une autre guerre jadis, qu'il traversa sans périr. Daniel Cordier, auquel la république hier a souhaité bon voyage, préparait la suite de ses mémoire, de jeunes historiens chez Gallimard classent et agencer les fragments de ses textes, de ses archives, , nous lisons des extraits dans le journal, sa surprise après guerre découvrant que « Rex », son patron, était un préfet nommé Jean Moulin, et avant ce Noel de guerre en 1943, allant à la Comédie-française voir le soulier de satin de Claudel avec Madeleine Renault et Jean-Louis Barrault, et l'éblouissement, d'un monde inconnu et féérique, au coeur de l'horreur.   

Et on parle aussi d'une déchéance...   

Et d'un homme au bout de sa solitude, vêtu d'un tutu rose qui pendant des heures bronze dans son jardin, il habite seul une maison aux murs délabrés qu'au fil des ans il transforme en taudis, il vit avec des poupées qu'il installe sur son canapé et aussi dans son lit, il leur donne des noms, parfois il se fâche avec l'une d'elle qu'il trouve trop maquillées, la plus grandes des poupées s'appelait véronique, elle mesure un mètre, il se photographie nu avec elle, il télécharge des photographies obscènes montrant des enfants il tient dans un journal les comptes d'une vie de crimes furtifs et de fantasme aussi,  il ne se lave plus, il est couvert de plaques d'eczéma. Une tempête vient abattre  clôture qui sépare son jardin de celui du voisin,  il voit alors la fillette de 6 ans à qui il demandait jusque là de lui chanter ses comptines apprises à l'école, il est pris d'une pulsion incontrôlable, et le lendemain, la gamine dira à ses parents que le vieux voisin lui a montré son zizi...  Et ainsi prit fin le parcours du docteur Joel Le Scouarnec, qui en trente ans aurait abusé plus de 300 enfants, que raconte l'Obs dans un papier qui vous laissera devant un abime... Le Scouarnec comparaîtra mardi aux assises, nous reverrons donc cet homme qui à chacun de ses anniversaires écrivait sur son ordinateur en gros caractères: « Je suis pédophile ».   

Le Figaro s'interroge sur le gout français pour les faits divers, ils seraient un miroir qui reflètent nos rêves. "Quels romans que nos meurtres" disait le grand Alphonse Boudard...  

On parle aussi de Noel...  

Qui sera mes amis notre consolation puisque nous et les commerçants le préparons avec ferveur, jure Sud-Ouest… Mais Noel est-il encore le nombril du monde quand en Chine où tout se passe, s'est installée me dit le magazine des Echos une culture de soldes virtuelles sans fin, un black friday permanent  devenu une industrie, le live streaming: un spectacle en ligne où des influenceurs promeuvent des supermarchés virtuels... même les fruits, les mangues et les noix  d'un village perdu dans les montagnes du Yunnan, sont live-streamées, vendues sur le web et sont devenues virales, mises en ligne par Tian Weivang, un barbier au chômage de 22 ans... Voilà le Monde.  

En France aussi on rêve de ces immédiatetés. Vous lirez dans Society l'espérance de Imhotep Olympio, au prénom égyptien, et de belle ascendance, son arrière grand père fut le père de l'indépendance du Togo, lui, à 18 ans, s’ennuyant à la perspective faire sciences po, a décidé de fabriquer sa puissance, il a loué une maison pour rassembler autour de lui  de jeunes gens prometteurs qui frapperaient ensemble pour accumuler les likes, les followers, sur Tik-Tok, le réseau où tout se fait si vite, et ensemble ils auraient de l'influence, la clé du monde. Il a percé, lis-je, mais entre ambitieux ils se sont disputés.  

Dans le même Society, je lis Lech Walesa un grand un sage un révolutionnaire de 77 ans, qui ne sait pas comment après lui son pays a dérivé, il soutien le combat des femmes pour l'avortement, il voudrait qu'elles s'organisent les femmes pour chasser les populistes au pouvoir, il veut mourir au champs d'honneur, c'était mieux avant, pardon.

Dans le Monde vous lirez dans une enquête terrifiante comment à la Réunion, une professeur d'histoire compétente et qui savait et aimait l'ile a été empêchée de prendre son poste à l'Université, elle est une métro, de Nantes, ville, jadis d'esclavage, des militants lui ont opposé cela sérieusement.

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