Des photos... Des photos pour montrer les heures qui s'étirent dans un hall d'immeuble quand on n'a rien à faire... Plus d'école, pas de travail... Juste l'ennui... C'est dans Paris-Match… le reportage d’un photographe anglais qui a choisi de s’immerger plusieurs mois dans les cités pas si calmes d’une ville tranquille… La ville tranquille… c’est Blois… Il montre un monde secret, parfois brutal… les images sont crues et parfois cruelles… Le photographe Simon Wheatley qui commente… "Entre les quartiers nord et le centre-ville, c’est 12 minutes à pied… 12 minutes et des années-lumière"… Heureusement, c'est en train de changer... C'est le message plutôt positif de vos journaux ce matin... C'est en train de changer... parce que "le grand chantier de la France des cités est enfin lancé", explique La Tribune... "Plus de 24 milliards d'euros de travaux sont prévus au cours des 5 prochaines années... Après avoir tardé à monter en puissance, le programme de rénovation urbaine est bien engagé, selon le quotidien économique... L'Agence nationale pour la rénovation urbaine supervise la reconstruction de 533 quartiers d'ici 2013... Ce sont 2 millions d'habitants qui sont concernés"... C'est en train de changer... parce que "l'école bouge"... "L'école bouge, constate Le Parisien-Aujourd'hui en France... Dans les cités, profs et élèves se sentent un peu moins seuls... Le Parisien qui nous emmène au lycée Jacques-Feyder, à Epinay, en Seine-Saint-Denis... "Et depuis un an, la donne a changé dans ce lycée de banlieue... Aujourd'hui, des entreprises, des associations viennent nous voir pour nous proposer des projets, explique le chef d'établissement... C'est ainsi qu'un partenariat vient de voir le jour avec le Théâtre du Rond-Point, à Paris... Une première STG sera bientôt ouverte aux métiers du sport, avec le soutien de la Fondation Lagardère... Une classe préparatoire aux études supérieures vient d'être créée, pour permettre aux élèves du secteur de préparer les concours aux écoles d'ingénieurs... Bref, constate Le Parisien-Aujourd'hui en France, le proviseur ne veut pas d'un lycée qui ronronne... Et les jeunes n'y sont pas insensibles... "J'y crois parce que les profs croient en moi, souffle Christelle, 17 ans, qui rêve de devenir infirmière... Quand j'ai redoublé ma seconde, j'ai beaucoup déçu à la maison... Mes parents misent tout sur moi... J'avais peut-être trop de pression, mais les profs m'ont redonné confiance"... Autre exemple, dans Le Nouvel Observateur... Rencontre avec Jean-Marie Petitclerc… Prêtre, polytechnicien, éducateur de rue, il dirige depuis 10 ans le Valdocco, un centre de prévention à Argenteuil… Généralement, dit-il, sur 1.000 jeunes d’une zone sensible, il y en a 250 parfaitement intégrés… A l’autre bout, 150 complètement exclus et très visibles : nos émeutiers… Au milieu, 600 qui sont tirés vers les uns ou vers les autres… Au Valdocco, explique le prêtre au Nouvel Obs, les jeunes bénéficient d’un continuité éducative... Ils rencontrent tous les adultes qui interviennent dans leur vie d’ado : éducateur, professeur, responsable de soutien scolaire, assistante sociale… Hier, ajoute Jean-Marie Petitclerc j’ai croisé une maman voilée, son fils est en classe prépa à Condorcet à Paris… Jamais il ne s’y serait retrouvé s’il n’avait croisé sur son chemin le Valdocco, avec ses polytechniciens qui, depuis 10 ans, y font leur service civique… de telles rencontres sont déterminantes dans le parcours de ces jeunes qui souvent sont incapables de se projeter dans des études longues… Reste que les lycéens croisés ici ou là dans vos journaux sont aussi bien conscients que tous les efforts ne peuvent pas venir d'eux... "Il faut, disent-ils, qu'à l'extérieur du lycée, les mentalités bougent aussi"... Alors, de ce côté-là... "est-ce que ce fut un an pour rien ?", se demande LA VIE… "Non, répond Azouz Begag, le ministre délégué à la promotion de l’égalité des chances… Non, parce que « l’égalité des chances est entrée dans les têtes, elle s’est imposée dans le débat public »… argumente le ministre… Oui, confirme Gérard Dupuy dans Libération... "Au minimum, l'indifférence ne sera jamais plus possible... Et la proposition de certains élus de mettre la périphérie au centre relève du bon sens... Le centre d'une société est le point où elle a le plus mal"... "Les gens se sont rendu compte que la banlieue existe"... Le maire communiste de Sevran fait partie des 7 habitants de quartiers périphériques de Paris et de Lyon que Libé a rencontrés... Des habitants qui racontent "leur banlieue, un an après"... Amine, 18 ans, demandeur d'emploi à Bondy, affirme : "Si les mecs repartent au feu, j'irai avec eux... J'étais en seconde en novembre 2005... Depuis, j'ai lâché l'école et je galère encore plus... Y a qu'un boulot qui pourrait me tenir tranquille"... Claude, chef d'entreprise à Aulnay-sous-Bois... En novembre de l'an dernier, ses locaux, implantés depuis 1976, sont partis en fumée... un incendie criminel... "Un an après, dit-il, personne n'est resté sur la route... Notre personnel, c'est toujours l'expression du "black-blanc-beur"... Claude qui constate : "Un environnement explosif, ça ne se change pas en un an"... Toujours dans Libé, Paula, éducatrice à Montfermeil, se réjouit du fait que les jeunes, aujourd'hui, s'intéressent à la politique... Et pour Michel, CRS en banlieue parisienne depuis 15 ans, "ce n'est pas pire qu'avant"... Et il n'y a pas que Libé qui fasse un bilan... Challenges passe en revue les déclarations des uns et des autres l’an dernier… et fait le point… «Ils l’ont dit, mais l’ont-ils fait ? »… Dominique de Villepin le premier ministre… il y a un an il disait : « le gouvernement débloquera 100 millions en plus pour les associations en 2006 »… Eh bien il l’a fait, note l'hebdomadaire… avec un bémol toutefois : l’ensemble du monde associatif n’est pas satisfait, l’argent aurait profité surtout aux grands réseau associatifs nationaux et peu aux associations de terrain… Jacques Chirac, le président de la République… il avait dit « je suis pour le CV anonyme »… il ne l’a pas fait… Challenges explique que certes la loi a bien été votée, mais son décret d’application n’a jamais été promulgué… le gouvernement soutient mordicus que le projet n’est pas enterré, l’Elysée reste discret… Baudouin Prot, le Directeur Général de BNP Paribas… il avait annoncé : « nous allons favoriser la création de micro-entreprise en banlieue »… il commence à le faire… Objectif, explique Challenges : la création de 700 micro-entreprises dans les quartiers difficiles… Laurence Parisot, la présidente du Medef… « j’ai proposé une négociation sur la diversité »… elle a bien eu lieu… syndicats et patrons se sont retrouvés à 7 reprises sur ce dossier… Aujourd’hui, un projet d’accord est sur la table, il ne reste plus qu’à le signer… Nicolas Sarkozy… le ministre de l’Intérieur… Il avait dit « J’ai décidé de renforcer nos moyens de lutte contre les violences urbaines »… Alors oui, il l’a fait… mais c’est inefficace", analyse Challenges… Inefficace ?... Pas si sûr, conteste Le Figaro... "Après les émeutes, la police a accentué la pression dans les cités, explique le journal... Selon un bilan policier inédit, plus de 3.000 suspects ont été interpellés depuis le début de l'année pour des violences urbaines"... Reste que la présence policière ne fait pas tout... C'est le récit d'un traminot de Toulouse, dans L'Humanité... Guy raconte... "C'est à Toulouse, dans le quartier du Mirail, que le premier bus a brûlé, lors de la révolte des jeunes l'an dernier... Franchement, nous n'avons pas été étonnés... Un an avant, la direction de la Société des transports avait mis fin à tous nos efforts pour humaniser le service... Il existait par exemple un service "prévention", composé de traminots volontaires, qui intervenaient dès qu'un point chaud était signalé par un conducteur... Les discussions s'engageaient, et bien souvent ça désamorçait le problème... Aujourd'hui, c'est la police qui accompagne les bus aux heures tardives, dans les quartiers"... Des solutions... des pistes... des idées... A l'échelle d'un quartier, d'une entreprise, d'une ville ou d'un pays... Il y en a dans vos journaux, ce matin... Bref, il ne faut pas baisser les bras... Le pire n'est jamais sûr... Et ce sont les Anglais qui nous le disent... Dans The Economist, cette question : "De quoi la France a-t-elle besoin ?"... "Les écrits alarmistes sur la France se succèdent, constate l'hebdomadaire britannique... "La France en chute libre"... "Les illusions gauloises"... "La France, homme malade de l'Europe"... Autant de titres qui font que 45% des Français disent aux sondeurs que les choses sont de pire en pire... Ca rappelle les années 70 en Angleterre, se souvient la journaliste anglaise... Le pays était paralysé par un sentiment de déclin... Les emplois industriels étaient délocalisés, et les cerveaux partaient aux Etats-Unis... Les Anglais ne trouvaient plus leur place dans le monde... Eh bien, aujourd'hui, c'est au tour de la France... Elle se voit comme LA victime de la mondialisation... Elle regarde les marchés avec angoisse, et les profits avec soupçon... Mais le déclin de la France n'est pas inévitable... La France d'aujourd'hui est en meilleur état que l'Angleterre des années 70... Il n'y a pas de crise financière... La Bourse de Paris bat des records... Et, de surcroit, la France a le second plus fort taux de natalité d'Europe... Le problème, pour The Economist, c'est que la France ressemble à un adolescent incompris... un adolescent qui ne peut admettre qu'une économie efficace et une justice sociale ne sont pas incompatibles... Alors, dans ce contexte, les élections de l'an prochain seront les plus importantes pour toute une génération... La France, prévient l'hebdomadaire anglais, ne peut se permettre de gâcher 5 ans de plus... Et comme un clin d'oeil aux années 70 anglaises... c'est Margaret Thatcher qui s'affiche, en Une de The Economist, sur le drapeau français... Ca c'est de l'humour british... Bon week-end.

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