(Alain Le Gouguec : "L'actualité au singulier, ce matin")... Identité nationale, suite... Nous allons dans la ville où sont enterrés les rois de France, la ville où les Bleus de Zidane ont gagné la Coupe du Monde... la ville de Grand Corps Malade... Extrait de "Saint-Denis" "Seine-Saint-Denis : l'envers du décor" : deux pages d'enquête passionnante aujourd'hui, dans Le Monde, signée Luc Bronner... passionnante, car ce département (qu'on appelle souvent le "9-3", ce qui agace ses habitants), c'est à la fois la France en panne et le laboratoire de la France de demain. A Saint-Denis, dans le quartier Pleyel, la chaîne de luxe Marriott vient d'ouvrir un hôtel. 159 € la nuit minimum, devanture discrète, clientèle internationale... On est loin des racailles. Le "9-3", c'est encore 27000 emplois privés de plus en dix ans, pour la seule ville de Saint-Denis. Le nombre de mètres carrés de bureaux explose dans ce quartier Pleyel où vient de s'installer Marriott : faible coût de l'immobilier, importance des réseaux de transports... De façon paradoxale, et relative bien sûr, le département échappe en partie à la crise. Ce n'est plus la vaste zone industrielle de naguère, même si l'usine PSA est toujours à Aulnay-sous-Bois : c'est un vivier pour le secteur tertiaire et les PME. Filières porteuses : l'assurance, la santé, l'audiovisuel. BNP-Paribas se targue même d'être le premier employeur privé du département. Voilà pour le laboratoire de demain. Côté France en panne, quatre ans après les émeutes de l'automne 2005, la situation reste tendue : ça peut s'envenimer pour trois fois rien... l'intégration au point mort et le manque de moyens, encore et toujours, pour les profs, les juges, les associations, tous ceux qui travaillent au quotidien, même si beaucoup d'argent a été dépensé ces dernières années. Alors comment relier les cités et les PME, parfois éloignées de quelques centaines de mètres seulement ? Pour l'instant, le matin, entre 8 et 10 heures, dans ce fameux quartier d'affaires de Saint-Denis... Des wagons entiers de cadres blancs venus de Paris sortent du RER. Ils croisent les femmes de ménage et les vigiles, Noirs ou Maghrébins, qui terminent leur nuit. Et pourtant, ce département où la ségrégation demeure est aussi le plus jeune de France. Il faut donc s'attaquer au chantier de la formation, qui résume peut-être tous les autres. 10% de la population de plus de 15 ans a un diplôme supérieur aujourd'hui en Seine-Saint-Denis. C'est quatre fois plus de l'autre côté du périph, à Paris. Aujourd'hui, les entreprises qui voudraient embaucher des diplômés sur place ne le pourraient pas. (ALG : "Aux Etats-Unis, le territoire singulier, c'est celui de La Nouvelle-Orléans")... Après le slam de Grand Corps Malade, on pourrait mettre un air de jazz, ou plutôt de blues. Il y a des régions qui agissent comme des révélateurs, des chambres noires, d'un pays. Noires comme James Johnson... Ce vieil homme de 72 ans, médaille d'or sur T-shirt blanc, en est encore à reconstruire sa maison à la main, quatre ans après le passage de l'ouragan Katrina. "Les plaies toujours ouvertes de La Nouvelle-Orléans"... C'est un reportage de Laure Mandeville, dans Le Figaro. Sur certains toits, on voit encore les trous, creusés à main d'homme, par lesquels sont sorties les familles réfugiées au grenier pendant la tempête. Certes, une partie de la ville a été rebâtie. Si l'on reste cantonné à la haute ville, on peut même passer complètement à côté des traumatismes. Mais ils sont toujours là : les maisons à reconstruire, les familles séparées, les défis climatiques, la culture amputée, les tensions raciales... Depuis le cyclone, près de 80000 personnes ne seraient pas revenues. Même si les chiffres restent sujets à caution, c'est un traumatisme pour une ville dont les habitants étaient enracinés sur place depuis des générations. La plupart de ceux qui n'ont pas pu revenir étaient des Noirs Américains, qui portaient en eux l'histoire et la culture de la ville. Aujourd'hui, elle est en voie de disneylandisation : quelques rues impeccables pour touristes en mal d'exotisme rapide. Ailleurs, il y a beaucoup de colère et de misère. Même la récente visite d'Obama, très aimé ici, n'a pas relancé l'espoir. Et Barack Obama, un peu comme l'UMP récemment, il s'en prend parfois aux journalistes... Le site Lesinrocks.com raconte comment le Président américain est entré en guerre contre la chaîne de télévision très conservatrice Fox News. "Fox News, dit la directrice de la communication de la Maison Blanche, c'est du journalisme d'opinion qui se fait passer pour de l'information". Questions : entrer en guerre contre cette institution, est-ce une bonne idée ? Obama est-il en train de perdre son sang-froid ? C'est en tout cas une bataille cruciale : 70% des Américains disent recevoir leurs informations principalement de la télévision, et un bon paquet, de Fox News. L'émission emblématique "We, the People" ("Nous, le Peuple") rassemble trois millions de téléspectateurs. Les médias et le pouvoir : retour en France... Un titre avec un point d'interrogation sur le site Marianne2.fr : "L'ancien directeur de campagne de Nicolas Sarkozy va-t-il devenir numéro 2 de TF1 ?". Selon la lettre d'information CB News reprise par Marianne, Laurent Solly serait fortement pressenti pour remplacer Axel Duroux. (ALG : "D'autres histoires singulières dans la presse, ce matin")... Une Castro à la CIA... Juanita Castro, la soeur, vient de révéler qu'elle avait collaboré pendant trois ans, de 1961 à 1964, avec l'agence de renseignement américaine. Après avoir soutenu la révolution castriste, l'exécution des opposants et l'injustice dont elle a été témoin l'ont fait changer de bord, raconte Le Figaro. Votre recommandé vous attend dans le métro... Depuis hier, La Poste mène cette expérience à la station Simplon, dans le XVIIIème arrondissement de Paris. Dans L'Humanité, ce matin, la CGT dénonce "une double casse du service public". Le gros coup de pompe des stations-service en matière de sécurité... C'est à la Une des Dernières Nouvelles d'Alsace. La Direction régionale de l'industrie et de l'environnement a contrôlé 58 stations. Dispositifs anti-incendie ou anti-pollution : 40 ne sont pas aux normes. La Commission européenne veut-elle enfumer la taxe carbone ? Selon La Tribune, Bruxelles a dressé une liste d'industries qui pourraient, sinon être exemptées de taxe carbone, en tout cas traitées avec indulgence. Et cette liste est très longue. Elle ressemble même, selon le journal, à un annuaire des activités industrielles. A Bruxelles, on assure que l'annuaire ne servira pas si on trouve un accord avec les autres continents à Copenhague. En revanche, si personne ne fait d'efforts, l'Europe compte bien protéger son industrie de la concurrence et ne pas lui faire payer de taxe supplémentaire. Toujours l'action de l'Europe, à la Une des Echos, mais dans le domaine de la finance... Bruxelles fait pression sur les grands groupes renfloués ces derniers mois par de l'argent public. Ils doivent revenir à des tailles plus raisonnables. Le néerlandais ING, par exemple, va céder ses activités d'assurance. Le temps des supermarchés de la finance qui font à la fois de la banque et de l'assurance est peut-être bientôt fini. (ALG : "Un portrait singulier, en dernière page de Libération")... Ce n'est pas tous les jours que Libération fait l'éloge d'un ténor de la droite... Voici donc "Edouard Balladur et sa discrète panoplie de libertés". Il a 80 ans, il en fait 10 de moins, et semble installé juste comme il faut : ni sur le bord du fauteuil, ni tout au fond du trône. Le journaliste Philippe Lançon a voulu le rencontrer pour parler de littérature, car il en est largement question dans son dernier livre sur la cohabitation avec François Mitterrand. Je vous laisse lire les quelques morceaux de bravoure sur Proust, Pascal, Pompidou ou Malraux. Et pour illustrer le portrait, il y a cette photo très étonnante de Richard Dumas : l'ancien Premier ministre, manteau à chevrons et grosse écharpe, pose les doigts sur la tempe comme pour saluer au drapeau... mélange de sérieux très vieille France et petite lueur d'amusement dans le regard. Comme si poser pour Libé, c'était s'encanailler... On imagine bien Edouard Balladur avec un sac de voyage Louis Vuitton... Mondialisation du shopping : Le Figaro nous apprend qu'un magasin Vuitton va ouvrir à Oulan Bator, en Mongolie. Et ce n'est pas un délire d'artiste : d'autres griffes de luxe vont suivre. La Mongolie a de grosses ressources minières. On lui prédit une croissance annuelle de 30% dans les décennies à venir. Une nouvelle élite est en train d'émerger. Y aurait-il une mode, un luxe et une beauté universels ? Ce mois-ci, le magazine Marie-Claire raconte comment les femmes indiennes sont de plus en plus addicts aux marques de luxe. On parle là aussi d'une certaine frange de la population, évidemment. Les tailleurs Chanel sont-ils plus jolis que les saris ? Ca reste à voir. En tout cas, la beauté n'a pas d'âge. Autre sujet, ce mois-ci, dans Marie-Claire, qui interviewe l'anthropologue Elisabeth Azoulay. Elle raconte que les paléontologues ont retrouvé des traces de poudre d'ocre datant de 500000 ans avant le Christ. Déjà des produits de beauté... Au fil des siècles, les critères ont évolué. La blancheur était bien vue. Aujourd'hui, c'est le bronzage. Dans les deux cas, les riches imposent leurs critères. Prédiction de l'anthropologue : en 2050, pour répondre à l'uniformisation, les gens vont inventer des critères physiques de plus en plus radicaux pour se distinguer. En 2050, la beauté aussi sera singulière...

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