Patrick Cohen : A la Une ce matin, Obama aux abois... Bruno Duvic : Il y a deux ans, Barack Obama, c'était ça... … Son Obama Aujourd'hui, c'est plutôt ça... … Son Obama Que s'est-il passé entre le discours de Chicago, le soir de son élection, et cette vidéo sur son site de campagne repéré par Libération ? Barack et Michèle y posent devant un grand rideau bleu... on les croirait dans un photomaton... Ils sont assez raides... ce n'est plus : "Yes, you can !", c'est quasiment une vidéo d'Elie Sémoun. "Obama aux abois", c'est le titre du Financial Times ce matin... A une semaine d'élection de mi-mandat, il contre-attaque dit Libération, convaincu que son parti démocrate peut encore arracher la victoire dans les derniers jours de campagne. Que s'est-il passé ces derniers temps ? La presse a beaucoup parlé du mouvement populiste des Tea-party... Ce matin, elle s'arrête sur un autre aspect de la disgrâce d'Obama : le blues de la classe moyenne. Où est passé le rêve américain ? se demande L'Express. Un professeur d'université de l'Ohio répond : "Le rêve américain, c'était l'idée que même si nous ne faisions pas tous fortune, nous pouvions avoir la certitude que nos enfants vivraient mieux que nous. Ce n'est plus le cas". "Nous sommes passés d'une inégalité de revenus à une inégalité devant le futur" dit un autre universitaire dans Les Echos. Retour à L'Express... Sous George Bush, les Républicains donnaient l'impression de défendre les intérêts de Wall Street... Obama, lui, est accusé à tort ou à raison, de veiller au sort des minorités ethniques et des plus pauvres. Entre les deux, la classe moyenne se sent délaissée, victime de la crise. Andrew, par exemple, chauffeur de taxi à Detroit, et rencontré par Adèle Smith pour Le Figaro. Il lui fait visiter sa ville : "Regardez ça, regardez autour de vous tous les bâtiments à l'abandon. Le déclin de l'Amérique saute aux yeux. Franchement, il est où l'espoir ?". Obamaniaque il y a deux ans, la presse française est devenue obasceptique, mais tout de même, il reste un vieux fond d'affection. Dans Le Nouvel-Observateur, Philippe Boulet-Gercourt parle des Etats-Unis comme d'un pays absurde : Parlement paralysé, institutions rétrogrades, lobbyistes au carnet de chèques énorme. Autrement dit, l'échec d'Obama serait aussi celui d'une démocratie en panne. "Il faut sauver le président Obama" titre cette semaine Les Inrockuptibles. Il lui reste une semaine pour retourner la tendance. Patrick Cohen : Et les adversaires de la réforme des retraites peuvent-ils inverser la tendance ? Bruno Duvic : A la lecture des journaux ce matin, la réponse est plutôt "Non". "Retraite : le conflit touche à sa fin" titre Le Figaro. "Un scénario de sortie de crise" s'esquisse ajoutent Les Echos. On verra avec la journée de mobilisation de demain si ces deux journaux ont vu juste. Pour L'Humanité, les manifestants ne mettent pas les pouces. Ce n'est pas fini dit Bernard Thibault dans Libération. Mais le coeur n'y semble plus vraiment. Le leader de la CGT se penche déjà sur les conséquences de l'application de cette loi. Les employeurs ont du souci à se faire, ils vont être confrontés aux salariés qui continueront de ne pas accepter de voir leur durée de travail rallongée. "Alors maintenant ?" demande La Tribune. Maintenant, "il va falloir recoller les morceaux du dialogue social" comme le titre Le Monde. La sortie de crise évoquée par Les Echos passe par une reprise des discussions avec les syndicats sur deux autres sujets : emplois des jeunes et des seniors. Dans l'édito de L'Humanité, Maurice Ullrich pointe un aspect de cette sortie de crise annoncée : "Rien, absolument rien n'est réglé du contentieux du pouvoir avec l'opinion". Qui à la tête du gouvernement pour cette nouvelle phase ? (à moins que les manifestations reprennent). Qui à la tête du gouvernement après le remaniement ? La semaine dernière, le cours du Borloo flambait. Illustration à la Une du Canard Enchaîné cette semaine, dessin de Pétillon : Borloo continue à se préparer, Eric Woerth et François Fillon s'adressent à lui : "Tiens, te voilà, on ne t'a pas beaucoup vu sur le front des retraites". Réponse de Borloo : "J'étais chez le coiffeur". Mais justement, sa discrétion dans la bataille des retraites a, semble-t-il, fait baisser son cours. Et revoilà l'hypothèse d'un maintien de François Fillon à Matignon. Elle est assez présente ce matin, par exemple dans cet écho du Canard Enchaîné toujours. Le Canard relate un entretien entre le président de la République et le chef du gouvernement juste avant le Conseil des ministres la semaine dernière : "La balle est dans ton camp, tu restes à Matignon si tu en as envie et si tu affirmes publiquement que tu as envie de continuer à travailler avec moi". François Fillon toujours au gouvernement après le remaniement, et peut-être Eric Woerth aussi. "J'ai envie de continuer" dit-il dans les colonnes de La Tribune ce matin. Et selon Guillaume Tabard dans Les Echos, c'est tout à fait possible. Après avoir traversé l'enfer, "il est devenu un homme politique de premier plan" dit un collaborateur de Nicolas Sarkozy qui voit même en lui un maillon fort de la majorité désormais. Qui aurait dit cela il y a quelques semaines ? Et qui aurait dit que la presse serait aussi discrète alors qu'un tournant majeur s'est produit hier dans l'affaire Bettencourt ? Comme le titre Sud-Ouest, "Un juge, enfin !" Enfin, un juge d'instruction indépendant va être nommé. C'est une petite photo à la Une de Libération, un petit titre en première page du Figaro... rien dans Le Parisien... rien sur la page d'accueil de Mediapart pourtant très mobilisé sur cette affaire. Peut-être les journaux se méfient-ils des conséquences du dépaysement du dossier. Un point sur lequel ils tombent d'accord, c'est que le procureur Courroye qui bloquait la nomination d'un juge indépendant, a été désavoué. Patrick Cohen : Et à l'heure de la réforme des retraites, le 3ème âge est de sortie dans la presse... Bruno Duvic : 3ème, et même 4ème âge : on se croirait sur la plage d'un village corse. "200.000 centenaires dans 50 ans en France. Préparez-vous à vivre très vieux" nous dit Le Parisien. Pas encore centenaire, mais déjà dans l'Histoire, les vieux rockers en particulier prennent le frais. Le Point dresse la liste de tous ceux qui sortent un album en cet automne. Brian Wilson, Robert Plant, Phil Collins, Santana, Leonard Cohen, Niel Young, Joe Cocker, Eric Clapton. On danse le Pogo à la maison de retraite. Mais la star du jour, c'est le Rolling-Stones, Keith Richards, qui sort ses mémoires. C'est Le Nouvel-Obs qui a obtenu les bonnes feuilles. Lecteur de "Oui-oui" abstenez-vous, c'est du brutal ! Keith Richards raconte comment dans les années 60, il descendait Oxford-Street à Londres, avec une brique de chite grande comme un skate-board sous le bras. La police n'était pas trop regardante. Mick Jagger en prend plein la poire. "Mick est un grand joueur d'harmonica, il m'arrive de lui demander "pourquoi tu ne chantes pas comme-ça ?". Jagger et ses femmes trompées ou abandonnées et qui sont bien souvent allées pleurer dans les bras de Keith Richards : "Je ne compte plus les chemises qu'elles m'ont bousillées !". S'il n'y avait que les chemises ! Le grand Keith raconte une étreinte interrompue avec Marianne Faithfull. "Ma tête était bien calée entre ses deux magnifiques nichons, et brusquement on entend la voiture de Jagger arriver... J'ai filé dans le jardin par la fenêtre, mais j'ai oublié mes chaussettes. Depuis, régulièrement, Marianne Faithfull lui envoie des textos : "toujours pas retrouvé tes chaussettes".

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