Nicolas Sarkozy est un grand pédagogue : hier matin, neuf personnes soupçonnées de préparer des attentats sont interpellées… Hier soir, le ministre de l’Intérieur est à la télé pour détailler son projet de loi contre le terrorisme. En voilà une affaire bien ficelée. Trop peut-être… et la presse, ce matin, ne manque pas de commenter la méthode, à l’image du "Parisien", qui s’interroge . Nicolas Sarkozy a-t-il pris le risque de compromettre une opération sensible par imprudence ou par simple souci d’autopromotion ? Car le problème est de taille, écrit Frédéric Gershel : l’interview du ministre a été enregistrée mercredi après-midi… Sarkozy a vendu la mèche cinq jours avant l’opération… De sorte, poursuit notre confrère hier matin, qu'il y avait presque autant de journalistes que de policiers sur les lieux de l’arrestation… Du jamais vu, de mémoire de policier. Comme le dit Hervé Chabaud dans "L'Union" : il y a des interpellations qui tombent à pic. Et voilà, s’oppose Jacques Guyon dans "La Charente Libre" : alors que Sarkozy se décarcasse, ne va-t-on pas trouver aussi quelques pisse-froid, quelques suspicieux pour souligner que, décidément, le hasard fait bien les choses… Meme écho dans "Libération", sous la plume de Gérard Dupuy… L’antiterrorisme à la ville et à la télé le même jour… C’est une coïncidence qui n’intriguera que les mauvais esprits. Bon… Nicolas Sarkozy aurait bien tort de se priver de faire lui-même le service après-vente, note Corinne Laurent dans "France Soir"… Mais vu que l’émission a été enregistrée il y a quelques jours, heureusement que les arrestations se sont bien déroulées… Sinon… Et oui… Sinon la situation aurait été gênante. En résumé … Hie soir, Nicolas Sarkozy a peut-être donné un sens à cette formule jusque là galvaudée… La télé-réalité. L’information du jour, vous le savez, elle est délivrée par le journal "Le Monde"…Ce sont les accusations de Michel Josserand, ancien PDG d’une filiale du groupe électronique Thales, passé chez le concurrent EADS… Nous vous en avons beaucoup parlé dans nos différents journaux sur France Inter… Depuis hier soir… En résumé, Josserand accuse Thales d’avoir mis en place un système de corruption, de financement occulte… Et, au passage, d’avoir violé l’embargo sur les armes à destination de l’Irak, avec pots-de-vin, bien sûr. Je voudrais juste vous faire part de l’encadré du "Monde" sur le parcours de Michel Josserand. Dejà, lorsqu’il est arrivé chez Thales, on lui aurait demandé, non seulement de redresser les comptes, mais de rationaliser le versement des pots-de-vin versés pour décrocher des contrats. Et puis Josserand est licencié… Prud’hommes, conflit… Il assure que, dès lors, en 2004, Thales a promis de le couler. Il explique aussi qu’il a été l’objet de représailles physiques et judiciaires puisque Thales l’a poursuivi en justice… Et c’est comme ça qu’il s’est retrouvé en examen dans l’affaire sur le tramway de Nice…. Affaires de commissions occultes présumées. Ils avaient trouvé une bonne affaire, explique Josserand… Je me suis retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment… Aujourd’hui, j’ai peur… Oui… Je crains pour ma vie. Oui, deux photos, que vous ne verrez pas dans le métro. Vous n'en verrez qu'une. Les deux photos en question devaient illustrer la campagne de publicité des organisateurs du salon gay "Rainbowattitude"... Or, la RATP a refusé l'un des deux clichés, et a décidé de garder le plus soft. Quand je dis "soft", il suffit de regarder les photos en question, publiées dans "Le Parisien"... Elles sont toutes les deux très soft... Sur l'une, on voit deux femmes très légèrement enlacées... Et sur l'autre, elles s'embrassent. Quelle horreur, deux femmes qui s'embrassent ! Vous vous rendez compte... Les voyageurs risquent d'être choqués, explique Métrobus, la société chargée par la RATP de diffuser la publicité dans le métro. En résumé : câlins oui, baisers non. Autant vous dire que les organisateurs du salon protestent... Ils ont décidé d'entamer une procédure en justice pour discrimination... Pour eux, l'attitude de la RATP est homophobe. "Phobe" : suffixe qui, en l'occurrence, traduit les déviances de la société... Comme "xénophobe"... "homophobe"... Voici maintenant les "grossophobes"... Néologisme proposé par le journal "Le Monde" dans le titre de son article : "A bas la grossophobie". Vous l'avez compris : il s'agit de discrimination contre les hommes, femmes et enfants obèses... Les dégâts de ce que l'on pourrait appeler le "morphologiquement correct"... A tel point qu'on a le sentiment, parfois, que la lutte contre l'obésité tourne à la lutte contre les obèses. On imagine mal la somme de problèmes auxquels ces personnes sont confrontées, nous explique "Le Monde"... Ils représentent 10% des hommes et des femmes, et 12% des moins de 18 ans... Et le paradoxe, c'est que la loi du nombre n'empêche pas la stigmatisation... On a même l'impression du contraire. L'obèse est devenu le bouc émissaire de la société de consommation, et comme nous sommes honteux de consommer l'essentiel des ressources de la planète, nous reportons cette honte sur celui qui incarne le mieux ce péché, c'est-à-dire l'obèse, le super-consommateur. L'explication est donnée par un psychiatre. Et puis il y a le témoignage de ces femmes, qui se sont entendu dire par les médecins qu'on ne fait pas d'enfant quand on est si grosse... Cette dame aussi, dont on a refusé le sang lors d'une collecte parce qu'on craignait qu'il soit empoisonné au diabète. Evidemment, donner une réalité statistique à la grossophobie n'est pas simple, nous explique Frédéric Pottet dans son article... Mais il suffit d'aller sur Internet pour mesurer l'ampleur du désespoir, avec les témoignages qui s'accumulent... On a même l'impression qu'un véritable climat anti-gros s'est installé en France, alimenté par les différentes campagnes de prévention contre le surpoids... C'est ce qu'on appelle un "effet pervers". Et que dire aussi de cet homme à qui un employé d'Air France a mesuré l'abdomen avec une bande adhésive... Qui dit au passage, battant en brèche un cliché qui a la vie dure... "Ce n'est pas parce qu'on est gros qu'on doit être sympa... Je réclame le droit de ne pas être drôle". En tout cas, ce message, il n'a pas eu à le répéter lors de ses vacances en Inde, et avant de se faire mesurer l'abdomen par Air France au retour... En Inde, les gens ne l'ont ni insulté, ni moqué... Au contraire, ils sont souvent venus caresser ce ventre hors norme, symbole de chance et de prospérité. Tiens, je vous emmène chez les Houellebecq, en Irlande... Avec Marie-Pierre Houellebecq, qui se confie dans "Elle", et qui nous dit d'abord que la part d'autobiographie dans les romans de son mari est très importante... "Plateforme", par exemple, raconte assez fidèlement la relation de Michel et Marie-Pierre... Quant à la jeune femme dont il est question dans "La possibilité d'une île"... Elle existe... Elle s'appelle Esther dans le roman... Pour Marie-Pierre, "Esther", c'est l'autre... Les Houellebecq sont séparés. "La possibilité d'une île"... Vous vous souvenez certainement de l'environnement dont le livre a bénéficié lors de sa sortie... Quel cirque ! Quel marketing ! Eh bien, voici l'acte 2 du business de l'édition, avec ses poids-lourds... "Harry Potter", dont la version française du 6ème tome sera mise en vente dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre... Chez Gallimard Jeunesse, on se prépare depuis plusieurs mois à cet événement. Comme avec Michel Houellebecq, avec J.K. Rowling, nous sommes au pays des écrivains-entrepreneurs... "Harry Potter" est devenu une marque, une griffe... Lui aussi, on le lance comme une lessive... "Le Figaro" nous explique ce matin ce stupéfiant phénomène... Dossier réalisé par Olivier Delcroix... En ligne avec nous... Bonjour... Je parlais d'écrivains-entrepreneurs : je crois d'ailleurs que c'est la formule consacrée... Vous l'employez dans votre article... Vous l'avez lu, le dernier "Harry Potter" ? Un bon cru ? Merci, Olivier Delcroix... * Puisque vous êtes avec nous, Julien Dray, juste un mot sur "l'effet Ségolène"... Parce que ça continue dans la presse... Aujourd'hui encore, son intention de se présenter à la Présidentielle, si elle est la mieux placée, fait couler de l'encre... Notamment celle de Pierre Marcelle dans "Libération"... Avec une plume très inspirée, il écrit : "Du florilège de réactions lamentablement homogènes dont nous ont gratifiés les mâles dirigeants socialistes, laquelle retenir, qui, plus que les autres, fasse sens ? Spontanément, on inclinerait pour ce "voyez la mère Merkel, poum dans le popotin, si caricaturale en son provocateur énoncé que n'était l'identité de son auteur, il nous eût étonnés. Mais tout est dans l'ordre : ainsi va Michel Charasse, à son arrière-train de sénateur. N'a-t-il rien donc à dire au pays épuisé, le Parti Socialiste, que ces vannes de noces et congrès... A 7 semaines du Mans et 19 mois de la Présidentielle, ces pitreries feront un match, des tirages profus et de la gauche, un champ de ruines"... L'édito porte ce titre : "L'esprit des socialistes".

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