(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : des chiffres et des dettes

Entre affaires politiques, débat sur l'insécurité et réforme pénale, il était au cœur de l'actualité ces derniers mois. Et pourtant, le métier de magistrat est en pleine crise de vocation.

330 postes vacants. "Nous n'arrivons pas à les pourvoir", reconnait Christiane Taubira. Le dernier concours national de la magistrature n'a pas fait le plein de candidats. C'est d'autant plus inquiétant que beaucoup professionnels partiront à la retraite dans les cinq ans à venir.

L'information est relevée par Le Figaro ce matin : effet Outreau, effet Sarkozy aussi, dit à demi-mot une membre du Conseil supérieur de la magistrature. "Le métier souffre de tout le mal qu'on en a dit et du débat récurrent sur le manque de moyens de la justice. Et pour être bien payé, mieux vaux être avocat."

Cela dit, le métier d'avocat, pénaliste en particulier, n'est pas toujours une sinécure.

Une nuit, Maître Jean-Yves Liénard, l'un des grands noms du métier voit débouler dans sa chambre quatre types encagoulés et armés de Kalachnikov. Une arme sur la tempe de sa femme, les enfants terrorisés. Ils voulaient du fric et des bijoux.

Sous les quatre cagoules, y-avait-il des clients de l'avocat ou certains de leurs proches ? C'est possible. Dans Le Monde , Pascale Robert-Diard consacre une page à ces caïds qui terrorisent leurs avocats. "Mets-lui la pression au baveux !"

"Nous travaillons avec une couche de la société où la violence a explosé, confie maître Liénard. Il suffit de regarder les règlements de compte entre bandes. Pour les petits caïds des cités, seul compte le rapport de force, comme avec le médecin ou le prof.

Culture du résultat. Si la décision de justice n'est pas bonne, des petites phrases qui tuent sont glissées à l'oreille ou envoyées par texto "Là maître, il va falloir faire un effort". "Il va falloir rendre l'argent maître", ce que font certains avocats. D'autres, effectivement agressés, renoncent à porter plainte, comme cette jeune femme du barreau, violée par des clients.

"Porter plainte, explique maître Liénard, c'est ouvrir son carnet de clientèle à des policiers qui vont emmener tout ce beau monde en prison sur la base d'une plainte de leur avocat. Bonne chance pour la suite !"

"Mets lui la pression au baveux"... Certains restent un peu plus froids : "Il y a quelques noms pour lesquels je ne suis plus disponible", glisse maître Dupont Moretti.

Une dette vis à vis de la nature ?

Le Giec (Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat), doit rendre son rapport aujourd'hui. Les Echos se sont procuré l'avant-projet, les chiffres ne devraient pas bouger, selon le journal. Température du globe en hausse de 1 à 4 degrés d'ici à la fin du siècle selon les scénarios. Réchauffement plus marqué dans les océans, surtout en arctique. Et l'homme est le coupable, les experts ens ont sûr à 95%. La concentration de CO2 dans l'air pourrait exploser.

Hervé Le Treut, membre du Giec, échafaude un scénario pour la France : vagues de chaleur plus fréquentes, glaciers en recul, notamment ceux des Pyrénées qui pourraient disparaitre à l'horizon 2050, zones littorales plus menacées, en particulier l'estuaire de la Gironde. Comme dirait maître Liénard à propos de ses clients : bonne chance pour la suite !

Des chiffres sur la situation des campements roms en France

Encore un rapport en avant-première. C'est dans La Croix . 16.949 personnes dans un peu moins de 400 bidonvilles. Plus de 4.000 enfants vivent dans les campements. L'ile de France concentre 39% des campements. Viennent ensuite le Nord Pas de Calais, Pays de la Loire, Paca, Rhône-Alpes. Plus d'un tiers des bidonvilles sont en instance d'évacuation. « L'invasion de Roms n'aura pas lieu ». Le titre, volontairement provocateur est sur slate.fr qui rappelle que les Roms sont estimés à 750.000 en Espagne et 150.000 en Italie. Estimations bien supérieures à celle présentée dans La Croix pour la France, donc.

« Pour la dignité des Roms et des gens du voyage ». C'est un appel signé par Josiane Balasko, André Glucksmann, Fadela Amara ou encore Mc Solaar sur le Huffington post . Appel à un rassemblement à la Bastille le 6 octobre pour la « Roma pride ».

Après le clash Duflot/Valls, le sujet fait encore florès dans la presse. « Tempête au gouvernement » titre Le Figaro . « Duflot sonne la charge contre Valls », dans Libération . L'écologiste appelle le président de la République à recadrer le ministre de l'Intérieur après sa sortie sur les Roms. C'était à Angers lors des journées parlementaires des écolos.

Commentaire dans les éditos, pas forcément favorables à Cécile Duflot : « La gauche est prise dans le piège Rom », constate Cécile Cornudet dans Les Echos . Dans Marianne Maurice Szafran dénonce les faux vertueux. Dans les journaux du Centre, Jacques Camus cogne sur la ministre du Logement : « Bonne élève du gouvernement, elle minaude pour garder son fauteuil. Mais dans son parti, elle quitte sa muselière pour rassurer ses troupes. Accordons-lui de redoutables capacités manœuvrières. »

Quoi d'autre dans la presse ?

Encore une dette, celle de la sécu. 6 milliards de hausse de prélèvement, 6 milliards de baisse de dépense pour la réduire. Colère de L'Humanité , c'est « La saignée ». Titre de l'édito de Patrick Apel Muller « Ma santé n'est pas une variable d'ajustement. »

Un symbole. Le plus vieux journal du monde encore imprimé, selon Rue89 , va passer au tout numérique. La Lloy's list , quotidien spécialisé dans le commerce maritime et fondé en 1734 à Londres se lira sur écran uniquement à partir du mois de décembre.

Pas de subvention pour le déménagement de la crèche baby loup. Le conseil régional d'Ile-de-France a refusé le dossier. Rien de politique, assure-t-on au conseil. On ne peut pas payer de subvention pour des dépenses de fonctionnement. C'est à lire dans Le Figaro .

Et un come back magistral.

Il y a tous les ingrédients du sport de compétition moderne dans l'édition de la coupe de l'America qui s'est achevée mercredi soir. Le bateau américain avait un retard énorme sur son adversaire néo zélandais. Il a enquillé huit régates victorieuses de suite dans la baie de San Francisco, entre pont du golden gate et prison d'Alcatraz. L'Equipe et Libé racontent ce retournement de situation, l'un des plus fracassants de l'histoire du sport. Comment les Américains ont modifié leur bateau, régate après régate, comment ils ont fait évoluer leur équipage.

Et comment ils ont coiffé les kiwis. C'est quasiment le deuil national en Nouvelle-Zélande, où la dernière régate a été plus suive que les plus grands matches des All blacks. Verdict du premier ministre à Auckland après la défaire : « merde ! »

Spectacle, suspense, et beaucoup beaucoup d'argent dans cette épreuve de « ploutocrates » comme l'écrit slate.fr . Le Français Franck Cammas, qui a navigué sur le défi italien Luna Rossa de la coupe de l'America, à l'automne dernier, décrit ces bateaux, catamarans qui volent quasiment sur l'eau avec une voile, on dit « une aile » rigide de 40 mètres de haut.

Quand j’étais sur Luna Rossa, la partie la plus risquée de la journée, c’était de hisser l’aile sur le bateau, puis de l’affaler lorsqu’on rentrait. Une fois, l’aile a commencé à s’envoler. Et en dehors du danger, il y en avait pour 2 millions de dollars… »

Bon week-end !

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