Bonjour... Il y a bien Obama aux Etats-Unis, la Géorgie, entre l'Europe et la Russie, ou encore l'Afghanistan... Tous ces dossiers de politique étrangère intéressent toujours vos journaux, certes... Mais ce qui les polarise aujourd'hui, ce sont trois lettres : R.S.A.... Revenu de Solidarité Active... C'est "le mot du jour", comme le dit Le Parisien-Aujourd'hui en France... plutôt le sigle du jour... Ce RSA a pour objectif de favoriser le retour au travail des bénéficiaires de minima sociaux, qui pourront cumuler à la fois les revenus du travail et cette assistance... Seulement, ce RSA coûte cher... 1 milliard et demi d'euros, pour 4 millions de bénéficiaires... D'où l'idée de l'Elysée de taxer le capital... Nicolas Sarkozy doit en faire l'annonce officielle aujourd'hui... Il va augmenter de 1% les taxes sur les revenus du patrimoine, autrement dit les dividendes, l'assurance-vie ou les revenus fonciers... Et du coup, comme le souligne Le Figaro, "ce sont les épargnants et le patronat qui protestent"... Autrement dit, "cette taxe pour financer le RSA suscite de vives critiques à droite"... Et Cyril Lachèvre a beau jeu de rappeler, dans Le Figaro, cette phrase de Nicolas Sarkozy, prononcée il y a un an jour pour jour à l'université d'été du MEDEF, devant un parterre de patrons sous le charme : "Si l'on taxe trop le capital, il s'en va"... Et le journaliste poursuit : "Les plus libéraux, au sein du gouvernement, avaient fini par se ranger derrière l'idée pleine de bon sens, défendue par Martin Hirsch, selon laquelle il faut créer un système permettant à chaque personne de gagner plus en allant travailler plutôt qu'en restant chez soi à vivre des aides publiques... Mais aucun de ces libéraux n'avait prévu que le système serait financé par un impôt sur le capital... Et c'est peu de dire qu'ils sont sous le choc"... "La gauche en avait rêvé, Nicolas Sarkozy l'a fait", s'écrie Jacques Guyon dans La Charente Libre... "Aider les plus démunis et les plus fragiles à retrouver du travail en taxant le capital, plus d'un socialiste a dû se pincer pour croire que l'homme aux Rolex et aux amis milliardaires était en train de prendre aux riches pour redistribuer aux pauvres"... Et Jacques Guyon a écouté la radio hier... "On a eu droit toute la journée, dit-il, lors de ces émissions interactives dont raffolent les radios, à un long choeur de pleureuses mêlant la colère d'être toujours plus pressurées, le discours d'une adéquation d'une telle taxe et, au final, le couplet récurrent sur la société d'assistés qu'on continuerait à nous fabriquer... Mais, reprend l'éditorialiste, l'heure des réactions passionnelles passée, une chose est sûre : avec cette annonce, Nicolas Sarkozy aura réussi, une fois encore, à bousculer son propre camp et à couper l'herbe sous le pied de la gauche"... Ce que France-Soir traduit par une métaphore percutante : "Nicolas Sarkozy met une droite à la gauche"... A tel point que, dans Le Midi Libre, François Martin voit même "le capitaine Sarkozy à babord toute !"... Autrement dit, "il barre de nouveau le navire majoritaire à gauche, et il s'apprête même à naviguer face aux déferlantes : celles de sa majorité qu'il prend à contrepied, celles du patronat qui met en garde contre toute hausse probable des prélèvements sur les entreprises, et celles des assureurs, des associations d'épargnants, etc.... A contrario, dit François Martin, Sarkozy plonge avec délectation dans les eaux d'un PS tétanisé... Hollande ne peut qu'applaudir des deux mains pareille mesure"... "A force d'ouverture, Nicolas Sarkozy serait-il tombé à gauche ?", se demande Jacques Camus dans La République du Centre... "Lui qui voulait aller chercher la croissance avec les dents, se serait-il résolu à prendre l'argent dans la poche des riches ?... Un peu facile", concède l'éditorialiste... "Il est sûr cependant que le Sarkozy du RSA n'est pas celui du paquet fiscal... Ou plutôt, ce sont les temps économiques qui ont changé... Et c'est toute la politique d'allègement des prélèvements fiscaux qui, par nécessité, est battue en brèche aujourd'hui"... Il n'empêche : Jacques Camus, comme d'autres, fait partie du choeur des éditorialistes qui disent : "Une taxe de plus !"... Pensée résumée par le titre lapidaire de La Tribune : "La méthode Sarkozy : un problème, une taxe"... C'est "la taxmania", comme le dit Jacques Camus... "Les taxettes du Président", selon Jacques Béal, du Courrier Picard... "Les taxettes, c'est la petite taxe", explique-t-il... "Une fiscalité administrée à doses homéopatiques, mais qui, quand on additionne toutes les pilules fiscales à avaler, finit par faire mal"... Et Jacques Béal cite : "L'eurotaxette, celle pour financer le gazole des pêcheurs, celle sur les billets d'avion pour lutter contre le SIDA, celle à venir sur Internet pour compenser la perte de recettes des chaînes publiques de télé, la taxe sur les revenus de l'intéressement pour les salariés... et maintenant, celle sur les revenus du capital... L'idée séduit à gauche, dit Jacques Béal, même si la contribution va frapper une nouvelle fois les petits épargnants... Nicolas Sarkozy ne tient pas la promesse faite d'alléger l'imposition des Français... Ce qu'il a donné : le paquet fiscal aux plus aisés, il le reprend aux classes moyennes qui ont été le socle de son électorat"... Oui, "rien n'est gratuit, surtout pas la solidarité nationale", lui répond Hervé Chabaud, dans L'Union... "C'est bien connu : tout le monde est solidaire et a le coeur sur la main, dès lors qu'il n'a pas à ouvrir son porte-monnaie"... Hervé Chabaud revient au fondement du RSA : "Il était anormal qu'une personne choisissant de bosser gagne moins qu'en restant chez elle à vivre d'allocations... Tout le monde le dénonçait, mais personne ne levait le petit doigt pour que cela change... Cette fois, on agit... Qui peut être contre ?"... Libération, qui a relégué ce dossier en page intérieure, est plutôt laudateur envers Martin Hirsch, l'homme du RSA... Un "pari réussi, dit Libé... Le Haut Commissaire aux Solidarités actives est d'ailleurs dans les petits papiers de l'Elysée... Il a réussi à nouer un contact quasi direct avec Nicolas Sarkozy pour défendre son bébé"... "Il faut se méfier des ministres d'ouverture", reprend Jean-Pierre Tenoux, dans L'Est Républicain... "Ils peuvent être contagieux... Voici peu, l'ancien président d'Emmaüs France croulait sous la commisération... Au mieux, était-il décrit, dans les allées du pouvoir, comme un garçon sympathique mais qui devait admettre que son projet de RSA était trop dispendieux... Et puis hier, coup de théâtre : ses détracteurs découvrent que son dispositif sera appliqué dès l'été 2009 et, pire, financé par une taxe sur les revenus du patrimoine et des placements"... Pas sûr d'ailleurs que les épargnants puissent se réfugier dans l'immobilier, car "le krach est au coin de la rue", nous dit Libération... "Attention : chute de la pierre", autrement dit, "des transactions dans l'ancien et dans le neuf, des mises en chantier en berne... La rentrée est marquée par une crise brutale"... C'est aussi l'interrogation de La Dépêche du Midi : "Les prix vont-ils encore baisser ?"... "Les ventes de logements neufs ont chuté de 30% en 2008, et même de 50% pour le Grand Sud"... Libération cite l'exemple, à Grenoble, d'une "maison bradée, garage offert, notaire gratuit"... Le Nouvel Observateur, qui publie un "spécial immobilier", estime qu'il s'agit d'un "dur retour sur terre"... "Spécial immobilier" également dans Capital, avec "les biens qui baissent et ceux qui résistent"... "Paris est la seule grande ville où la forte inflation a persisté depuis un an"... A l'étranger, c'est encore "l'Europe face au défi russe" qui inquiète vos éditorialistes... "Le ton monte, les tanks restent", constate Jean-Claude Souléry, de La Dépêche du Midi... "La guerre-éclair menée par les Russes en Géorgie fait place à une guerre de déclarations, qui s'apparente surtout à une partie de catch mental : on montre ses muscles en criant bien fort : 'Retenez-moi !', mais on sait bien que personne ne prendra le risque de s'engager vraiment sur le terrain"... C'est vrai, poursuit Joseph Limagne dans Ouest-France, "nul n'envisage d'envoyer ses soldats mourir pour la Géorgie... Les Russes le savent bien"... Seulement voilà, il y a "une vieille et une nouvelle Europe", comme le souligne Jean-Claude Kiefer, des Dernières Nouvelles d'Alsace... "La vieille Europe, c'est l'ancienne Union des 15... Elle condamne l'attitude de la Russie, mais n'envisage pas la rupture avec Moscou... La nouvelle Europe, surtout représentée par les Etats baltes, rue dans les brancards, reproche au Président Sarkozy son marché de dupes avec Medvedev, et semble prête à une nouvelle Guerre Froide... Or, lundi, rappelle l'éditorialiste, le Sommet de Bruxelles devra dégager une position commune pour que l'Union européenne ne devienne pas une victime collatérale du conflit russo-géorgien"... Un mot sur Barack Obama, désigné sans surprise hier soir comme candidat démocrate à la Présidentielle américaine... "Ce sera le prochain Président des Etats-Unis, cela ne fait aucun doute", pour Daniel Ruiz, dans La Montagne... "L'Amérique donnera au monde le signal le plus fort qui se puisse imaginer, de sa capacité à se moderniser : elle enverra un métis à la Maison Blanche... Mais pourtant, le 'Black Kennedy', comme l'appelle Daniel Ruiz, va jouer dans quelques heures sa crédibilité et son image... Pour corriger son image plutôt superficielle, celui qui n'était jusque-là que l'anti-Bush doit s'engager sur le terrain des idées et de la politique... Il doit maintenant dire comment il compte faire sortir les Etats-Unis de la crise, éviter la Guerre Froide, quitter l'Irak, combattre les risques terroristes, et mettre un peu de baume sur les plaies des subprimes... Autrement dit, il lui faut, d'ici au mois de novembre, transformer l'Obamania en vote de confiance"... L'Express, lui, estime que l'élection n'est pas jouée... Et il fait un comparatif entre le Républicain McCain et le Démocrate Obama... "Qui est le meilleur ?", se demande L'Express... Enfin, cette petite info, que France-Soir reprend d'un journal néerlandais, De Telegraaf... "Brad Pitt et Angelina Jolie toucheraient des allocations familiales en France"... 1750 euros par mois, selon De Telegraaf... puisque Angelina a accouché en France et que le couple habite à Brignoles. Ils gagnent 35 millions d'euros par an... Et France Soir s'écrie : "Merci la France !"...

Denis ASTAGNEAU

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