Dans la presse ce matin : quand les fissures deviennent béantes

Ils ont un travail, un couple, des enfants. Mais un jour, ils décident de partir sans laisser de trace. Les disparus volontaires : par définition ils témoignent rarement.

Sur le site Internet de Midi Libre , un homme déballe tout.

Il est appelé Eric. Il n'a plus donné signe de vie depuis les années 90. Il vivait alors en région parisienne. Il a reconstruit sa vie dans l'Aude, nouvelle compagne dont il élève les enfants.

Il raconte cette disparition.

"J'avais une vie assez réglée. RER tous les matins à 6h. Ce matin là, je suis parti comme d'habitude, mais je ne suis pas allé au travail. J'ai pris un train pour l'étranger.

J'avais tout planifié depuis 2 ans. J'avais fait faire des papiers en récupérant l'état civil de quelqu'un d'autre. Je versais de l'argent tous les mois sur un compte à ce nouveau nom ouvert pour l'occasion."

Eric a laissé derrière lui une femme et un petit garçon trisomique qui doit avoir 20 ans maintenant.

"J'étais surendetté, ma femme me détestait, elle en venait à considérer que la maladie de mon fils était de ma faute. Je bossais comme un imbécile du matin au soir. J'ai eu des problèmes avec l'alcool.

J'ai eu une idée en voyant sur une table l'extrait de naissance d'un collègue, je l'ai pris et je l'ai photocopié. J'ai réussi à changer quelques éléments de mon identité pour ne pas causer de problème à celui dont j'ai usé le nom au début.

Il y a 2 ans, j'ai appelé mon frère d'une cabine téléphonique. Il me pensait mort. Il m'a raconté que ma femme s'était mise avec un autre homme et avait déménagé pour l'Alsace et que mon fils travaillait.

Moi j'ai complètement reconstruit ma vie. J'ai un bon travail, une vie tranquille. Seule ma nouvelle compagne connait mon histoire."

Cette histoire, elle est donc à lire ce matin sur le site de Midi Libre. Une enquête de TF1 en 2010 évaluait à un millier le nombre de disparus volontaires chaque année en France.

Des fissures dans la vie personnelle... Dans la vie politique aussi

Libération : « Montebourg fissure la gauche »

Le Parisien-Aujourd’hui en France : « PS et Verts peuvent-ils gouverner ensemble ? »

Ouest France : « Le nucléaire divise à nouveau verts et PS »

La petite phrase du ministre Montebourg sur « le nucléaire filière d'avenir » fait les gros titres ce matin. Une pierre de plus sur le chemin escarpé du gouvernement en cette rentrée.

De gauche, de droite, les éditorialistes sont sévères et sur tous les dossiers.

Nicolas Demorand, Libération : "Sur l'Energie comme sur d'autres dossiers, impossible de saisir la logique de l'action gouvernementale. Demeurent une impatience, un malaise grandissant. Pour ne pas dire un sentiment d'amateurisme."

Gaëtan de Capèle, Le Figaro , sur le prix de l'essence qui baissera légèrement et ne sera pas bloqué : "Le plus difficile en politique, ce n'est pas de faire des promesses, c'est de les tenir. Surtout lorsqu'elles exhalent un fort parfum de démagogie"

Le dessin de Plantu, à la Une du Monde , à propos des expulsions de Roms.

Un policier chasse une maman et son bébé à coups de pied. A côté, François Hollande, en tenue de cosmonaute : "C'est un petit coup de pied pour l'homme mais un grand pas pour l'inanité des promesses".

Sur Mediapart , longue analyse de Laurent Mauduit : la politique économique et sociale de Hollande déçoit.

Ajoutez à cela la popularité du président sous les 50%, 44%, moins 11 point en un mois selon Ipsos pour lepoint.fr .

Et le chômage : « Cote d'alerte », titrent Les Echos . On attaque le noyau dur du salariat, dit un économiste atterré à Libération , qui dénonce la politique d'austérité.

Avez-vous une bonne nouvelle pour le gouvernement ?

Oui ! Et c'est lire dans Le Figaro .

Une page entière pour dresser un bilan flatteur de l'été de Manuel Valls.

Anne Rovan souligne l'accueil triomphal que le ministre de l'Intérieur a reçu à La Rochelle. Les militants socialistes ont applaudi à tout rompre quand il a lancé :

"Je ne crois pas à la démarche 'oui à la sécurité mais d'abord l'emploi, d'abord la prévention'. C'est lié. C'est d'abord la délinquance qui frappe les plus modestes de la société."

Pour la journaliste du Figaro , une digue idéologique vient de céder au parti socialiste.

La gauche pourra aussi se consoler en constatant qu'elle n'a pas le monopole de « la cogne ». Enquête dans Le Monde intitulée "Pourquoi Copé et Fillon se détestent". Dans l'article de Vanessa Schneider où il est question de « haine » entre les deux favoris pour la présidence de l'UMP, on trouve cette phrase de Laurent Wauquiez, qui roule pour Fillon : "Copé nous a tous mis un jour un pistolet sur la tempe en nous disant : soit tu es avec moi, soit je te coule dans le béton."

Quoi d'autre dans la presse Bruno ?

De la douceur encore...

Yasser Arafat a-t-il été empoisonné aux champignons vénéneux ? L'hypothèse est évoquée par slate.fr qui a eu accès au dossier médical de l'ancien leader palestinien

Le Rafale fonce-il dans un nouveau mur ? Selon Le Parisien, l'appel d'offres remporté par Dassault est remis en question en Inde. C'est le premier contrat décroché par le Rafale à l'étranger.

15 personnalités apportent leur soutien au Pussy Riot. C’est à lire dans L’Humanité. Parmi les signataires, Pierre Lescure, Antoine de Caunes, ou encore Audrey Pulvar.

L'hommage de Paris Match à Jean Luc Delarue. L'animateur est à la Une de ce numéro qui sort un peu plus tôt que d'habitude. Texte de Michel Drucker : Delarue, c'est « l'histoire d'un jeune homme qui a tutoyé trop tôt les étoiles. »

Gratuité scolaire où es-tu ? Question à la Une de L'Humanité qui relève toutes les dépenses incontournables pour les familles : des fournitures à la cantine en passant par les séjours linguistiques. L'école gratuite est inscrite dans la constitution, rappelle L'Huma .

Selon Les Echos , faire payer le transport scolaire c'est désormais la norme. Les bus ne sont plus gratuits que dans 28 départements.

Quand les fissures deviennent béantes... C'est l'un des livres de la rentrée littéraire.

Les lisières , histoire d'un écrivain qui revient dans la cité pavillonnaire de banlieue de son enfance et qui ne se sent plus de ce monde.

Cette histoire c'est aussi celle de l'auteur des Lisières , Olivier Adam. Il accorde une longue interview à Lire , où l'on retrouve des échos de sujets abordés dans la campagne électorale.

« J'ai grandi dans ces zones indéfinies que l'on appelle la banlieue parisienne. La banlieue est une lisière. Et il y a une autre lisière : la classe sociale. Mes parents viennent d'un milieu très populaire. L'ascendeur social a fait que globalement nous nous sommes retrouvés dans les petites classes moyennes, pavillon en banlieue parisienne.

Puis pour moi le milieu littéraire parisien.

La ville de banlieue où j'ai grandi, je vois bien que je n'en suis plus. Mais je suis le premier à revendiquer ma fidélité à cet endroit.

Il y a un problème dans ce pays, la majeure partie est composée de classes populaires, de classes moyennes, de gens qui vivent dans ces zones que j'appelle les lisières. Personne ne les représente politiquement.

A quel endroit est-ce que j'appartiens ? Ce roman se fait l'écho de cette interrogation. »

Et en conclusion de cette interview àLire, Olivier Adam dit ceci : « on a oublié deux choses dans la Déclaration des droits de l'Homme : le droit de se contredire et le droit de s'en aller. »

A demain

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.