Toujours avoir dans son sac une lampe-torche…

Il faut toujours avoir dans son sac une lampe-torche. Voilà, sans doute, la morale de l’histoire dont le site du POINT se fait l’écho ce matin. Une histoire digne d’un scénario hollywoodien : celle de deux naufragés perdus sur une île déserte de Micronésie, et secourus avant-hier. Linius et Sabina Jack, c’est leur nom, un couple de quinquagénaires américains, étaient partis le 17 août de l’île de Weno, capitale de ce petit Etat de l’océan pacifique. Ils devaient atteindre le lendemain l’île de Tamatam, mais ils n’y sont jamais arrivés, car leur bateau de 5 mètres 50 a fait naufrage près d’un atoll. Un atoll minuscule qu’ils ont ensuite rejoint grâce à leur canot de sauvetage, et sur lequel ils ont donc passé une semaine avant de voir venir les secours… Sept jours pour les retrouver, car personne ne savait où ils pouvaient être. Les Jack n’avaient pas de téléphone satellite et, de surcroît, ils n’avaient quasi rien à manger. Mais ils avaient une lampe-torche et c’est donc grâce à elle qu’ils ont été repérés. C’était mercredi. Après avoir ratissé plus de 25.000 kilomètres carrés, la police maritime nationale de Micronésie a soudain aperçu un halo lumineux, ce qui a permis ensuite d’orienter les recherches… Et c’est le lendemain qu’un avion, survolant le minuscule atoll, a distingué sur le sable un message SOS de plus de 6 mètres tracés par les deux naufragés. Lesquels attendent maintenant un bateau pour rentrer chez eux. Mais ils sont sains et saufs. Grâce, donc, à leur lampe-torche et à ce SOS qu’ils avaient tracé sur le sable. Ne jamais perdre espoir : telle pourrait être l’autre morale de l’histoire.

Une morale qui vaut également, bien sûr, en politique. Mais tout laisse penser qu’en ce moment, c’est plutôt le pessimisme qui domine – et sérieusement, dans l’équipe présidentielle. Pour preuve, l’enquête que LE PARISIEN-DIMANCHE met à sa Une : « Sauve-qui-peut dans les ministères » !

Durant l’été, 48 membres des cabinets ministériels ont quitté leur fonction : 8 directeurs de cabinet, 2 directeurs de cabinet adjoint, 2 chefs de cabinet, 2 chefs de cabinet adjoint, 32 conseillers et 2 autres membres du staff… Un nombre qui dépasse de loin l'habituel exode précédant toute élection présidentielle. Une vraie débandade, en somme. Selon le journal, tout cela augure de la déroute annoncée lors des prochaines élections présidentielles et législatives. Ce que confirme le spécialiste des affaires politiques Patrick Martin-Genier : « Tous les sondages annoncent une Bérézina pour le pouvoir, dit-il, et ceci quelle que soit la volonté de François Hollande de se représenter. Il est donc tout à fait normal que les membres des cabinets se cherchent un poste avant l’alternance. Et puis, poursuit-il, ils sont entre 450 et 500 – (entre 450 et 500 à devoir se recaser) – dès lors, les places sont chères… » Et pas forcément simples à trouver, surtout pour les nombreux contractuels, ceux qui n’appartiennent pas à la fonction publique.

Les reconversions les plus simples sont celles des conseillers à haute responsabilité. C’est ainsi que Thierry Lataste, l’ancien dircab’ de l’Elysée, a été nommé haut-commissaire de la République en Nouvelle Calédonie. Une jolie fin de carrière… C’est ainsi que Benoît Puga, chef de l’état-major particulier du président, a été propulsé Grand chancelier de la Légion d’honneur. Jérémie Pellet, conseiller pour le financement de l’économie à Matignon, est devenu directeur général délégué de l’Agence française de développement. Quant à Claire Weysand, l’ancienne directrice de cabinet de Michel Sapin, elle a dû se contenter de l’inspection des Finances. D’autres conseillers ont, eux, fait le choix du privé : chez Airbus pour l’un, chez Axa pour une autre, dans une banque pour un troisième…

Dans les ministères, on boucle déjà les valises – possible anticipation de la défaite de la gauche en 2017… Et à droite, à l’inverse, tout le monde continue d’y croire !

C’est notamment le cas des deux favoris de la primaire : Juppé et Sarkozy. A la Une du JOURNAL DU DIMANCHE, photomontage montrant, sur fond noir, les visages des deux hommes se faisant face... « Le duel a commencé », titre l'hebdomadaire, avant de revenir en détail sur l'affrontement à distance auquel les candidats se sont livrés hier.

Citation de Nicolas Sarkozy, en meeting au Touquet : « Je ne serai pas le candidat des dénis de réalité. » Citation d'Alain Juppé, en meeting à Chatou : « Je refuserai d'instrumentaliser les peurs. » « Calme et humaniste, Juppé affiche sa différence », relève LE COURRIER PICARD, tandis que LA DEPECHE DU MIDI précise qu'il a « piqué » Sarkozy... L’ancien chef de l’Etat, qui a donc officialisé sa candidature cette semaine. Décryptage, dans le JDD, d’une stratégie qui se résume d’une formule : « Un jour, un événement »…

Lundi : annonce surprise de la sortie deux jours plus tard d’un nouveau livre, puis dîner très médiatisé avec sa garde rapprochée. Mardi : inauguration de ses locaux de campagne à deux pas de la Tour Eiffel. Mercredi : première télé, le 20H de TF1, puis jeudi, premier Sarkoshow dans la ville de Chateaurenard. Enfin, vendredi : interview fleuve dans les colonnes du FIGARO MAGAZINE. Occuper l’espace, et tenter de surprendre, voilà la logique…Surprendre avec le livre, car ce sont chaque fois les bouquins qui le font revenir en politique… Les livres politiques deviennent rarement des best-sellers, et en cela, Sarkozy fait rarement exception… Les siens se vendent parfois à plus de 200.000 exemplaires. D’ailleurs, le dernier, « Tout pour la France » était, la veille de sa sortie, en tête des préventes sur le site Amazon – juste devant « Harry Potter », jubilait même l’intéressé…

Lui, c’est le 8 septembre qu’il sortira le sien. Puis, deux jours plus tard, il sera sur le plateau de l’émission « On n’est pas couché », émission diffusée pour la première fois en prime time : « Jean-Luc Mélenchon trace sa route », titre LE JOURNAL DU DIMANCHE, tandis que PARISIEN le surnomme « le poil à gratter de la gauche »…

Enquête sur les qualités du monsieur : une majorité de sondés le jugent impulsif, populiste, agressif, sectaire, passéiste et la jouant de surcroît perso… Mais une majorité juge également qu’il a des convictions profondes et qu’il est celui qui incarne le mieux les idées de la gauche de la gauche… Question du journal : « Entre lui et François Hollande, qui préférez-vous ? » Plus de la moitié des personnes interrogées répondent « Jean-Luc Mélenchon »…

Au chapitre politique, on notera aussi le commentaire de la ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, à propos du burkini... C'est à lire dans LE JDD : « Je suis choquée, dit-elle, de l'ampleur prise par ce débat ! Une question dérisoire s'est transformée en débat national obsessionnel »… « En tant que femme, bien sûr, j'ai d'abord été dérangée par le Burkini. Mais en tant que femme politique, je suis choquée, dans le contexte de grande fébrilité liée aux attentats de juillet, des raisons pour lesquelles certains élus se sont lancés dans les interdictions, pour des questions purement électoralistes. » Et la ministre écolo se dit convaincue que « quelque chose de dangereux est en train de se passer en France. »

La rentrée politique, partout ce matin dans la presse, mais c'est également d'une autre rentrée que parlent les journaux : la rentrée scolaire, qui aura lieu jeudi prochain... Dans L'EST ECLAIR et LIBERATION CHAMPAGNE, vous lirez les conseils des profs pour bien préparer vos enfants à la reprise des cours. Et dans LE JDD, là ce sont les conseils de psys : ne surtout pas tomber dans la surprotection, mais en même temps sécuriser les enfants face à la menace terroriste, déléguer l'autorité parentale aux profs et faire que la rentrée soit un moment joyeux – moment stressant, peut-être, mais un moment de stress joyeux…

Moment joyeux, c’est aussi ce qu’a vécu hier le perchiste Renaud Lavillenie. Après ses larmes et sa médaille d’argent au JO de Rio, il est arrivé premier au meeting de Paris, et « Il n’était pas seul », comme le souligne L’EQUIPE : un accueil triomphal et tout le Stade de France était, cette fois, derrière lui.

Enfin, moment joyeux : c’est aussi ce que propose chaque mois le magazine NEON, avec sa page consacrées aux savoirs inutiles, donc totalement indispensables. Où l’on apprend que les Doc Martens ont été inventées par le Docteurs Martens, qui voulait des chaussures orthopédiques après un accident de ski… Où l’on apprend que le string est interdit à Paris Plage, ou bien encore qu’un testicule de souris pèse en moyenne un quart de son cerveau. Pour les hommes, je ne sais pas…

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