A Marseille, la Provence redoute les tags et la Marseillaise le béton. Il y a 300 millions d’années, il pleuvait déjà en Bretagne, le Monde. Yann Moix déteste le jeune homme qu'il fut, Libération. Séduit par Marguerite Duras, Edgar Morin dompta ses pulsions, Télérama. Julien Absalon aime le VTT électrique, l'Equipe.

On parle de Marseille ce matin...

Une belle ville menacée par la vulgarité des hommes, et la Provence fait sa une sur ces tags qui maculent ses murs, découragent les commerçants, ruinent de nettoyage la régie des transports et attristent les défenseurs du street-art, le vrai ... Mais il n'est pas qu'une menace à Marseille et il n'est pas qu'un journal, et cet été Mars Actu, sur le web, raconte la nostalgie des Bastides, ces demeures de maitres qui disparaissent dans les jungles urbaines... Et ce matin, la Marseillaise, quotidien communiste historique, dénonce la spéculation immobilière et le bétonnage de la ville, des promoteurs et architectes amis auraient « open bar » en ce dernier mandat de Jean-Claude Gaudin... Main basse sur la ville accuse la Marseillaise citant un vieux film italien, qui se passait à Naples; Marseille perdrait sa mémoire et à Mazargues, un cimetière militaires, où reposent 1700 soldats venus de l'empire britannique pour se battre à nos côtés en 14-18, est menacé par un projet immobilier de Bouygues à ses portes...   Tremblons nous des tags avec la Provence, ou du capitalisme avec la Marseillaise.

La presse donne le choix. Ce matin les patrons du Medef entrent en université d'été au champ de couse de Longchamp et ces patrons, me dit le Figaro, pensent comme le Figaro que le président Macron doit poursuivre ses réformes, tenir le cap, et s'attaquer aux déficits... Mais la Croix me dit que les patrons, pas du tout, pensent comme la Croix et s'inquiètent d'abord des inégalités... A Hong Kong me dit Libération, le patrons se rallient au gouvernement, parce la chienlit menace les affaires.  L'Opinion dans un dossier malin défend le capitalisme toujours régénéré, et dans un papier un peu plus attendu nous dit que le Président Macron s'est rétablie, plus humble lis-je, plus à l'écoute,"finies l'arrogance et les leçons péremptoires au premier quidam qui l'interroge". 

Mais la presse est plurielle vous dis-je et vous lirez dans le Figaro et dans Libération comment le Président a parlé à nos diplomates lundi à la conférence des ambassadeurs et ambassadrices, qu'il a voulu secouer pour qu'ils s'adaptent vite  au rapprochement avec monsieur Poutine.  «Je sais que beaucoup d’entre vous se sont formés dans la défiance envers la Russie… En général, sur ce sujet, on écoute le président et on fait comme d'habitude. Je ne saurais que vous conseiller de ne pas suivre cette voie..." La leçon n'était pas loin. On ne force pas aisément ses natures profondes...

Le Monde nous parle de pluie...

Qui serait la nature profonde, pardon, de la Bretagne.... Et ce n'est pas ici une plaisanterie mais bien de la science... Un géologue aimant le Morbihan, il s'appelle Camille Dusséaux, a sondé les profondeurs granitiques du massif armoricain et a retrouvé, intégré dans le minéral qui est comme une éponge, des eaux de pluies vieilles de 300 millions d'années... A l'époque, ce qui est aujourd'hui la Bretagne étaient des montagnes hautes comme l'Himalaya  sur la frontière de continents géants et disparus, et la Bretagne en est un souvenir érodé. Mais il reste ceci, dans ces temps disparus, il y pleuvait déjà, comme un destin... 

Dans le Monde toujours, toujours de  la science, on parle d'être humains qui font des bêtises mais c'est leur nature encore, ils ne sont pas finis... Il s'agit des ados, dont l'impulsivité fatigue les adultes mais inspira Rimbaud, « La tempête a béni mes éveils maritimes. Plus léger qu’un bouchon j’ai dansé sur les flots»,  mais si les adolescents divaguent, c'est parce que les circuits inhibiteurs de leur cerveau, ceux qui réfrènent les actions nées de nos émotions, ne sont pas encore au point... Des chercheurs en neurosciences viennent de le démontrer, par des tests dits des antisaccades, où il s'agit de contrôler les battements des yeux...  Et sommes-nous humiliés, ce test a aussi été réalisées sur des macaques motivés par des bananes:  les singes adolescents, comme les humains, ne se contrôlent pas... Pauvres ados que les adultes secouent, on leur a changé les programmes du Bac mais les nouveaux livres, nous disent la Charente Libre et le Courrier picard, ne sont pas imprimés pour la rentrée! 

Dans Libération l'écrivain yann Moix déteste le jeune homme qu'il fut, qui ne maitrisait pas ses pulsions mauvaises, un jeune "paumé" dit-il, qui faisait « de la merde », qui dessina des caricatures antisémites et écrivit pour une amie et un un torchon d'étudiant des textes négationnistes, libération prend ainsi le relais de l'express sur ce passé effarant d'un homme célèbre.... Il n'est plus le même à l’évidence. Mais l'affaire Moix, qui dans son dernier livre se montre littérairement en enfant battu mais que son père et son frère accusent d'avoir été un tortionnaire domestique, cette affaire Moix n'en finit pas d'étourdir la rentrée...

On peut se lasser de cette polémique et préférer la riche confrontation d’un père et d’un fils écrivains tous deux, Philippe et Sylvain Tesson, dans l’Express. Et puis un sage qui à 98 ans publie ses mémoires, Edgar Morin dans Télérama resplendit d'une vie accomplie et d'une curiosité intacte, grand enfant plutôt qu'adolescent, qui ne parle pas que de la planète qui l'inquiète mais se souvient aussi du charme de Marguerite Duras, ils ne cédèrent pas à la tentation. Faut-il regretter cette inhibition...

Le sauvetage d'une petite fille dans Sud Ouest pour finir... 

Qui est comme un miracle et témoigne en même temps d'une humanité sordide... La petite n'a pas deux ans, à Saintes, elle criait et pleurait chez elle depuis deux jours au moins près du cadavre de sa maman, le père est en prison, quand deux hommes l'ont entendue, ils ont forcé un volet et l'ont trouvée toute nue, un chiffon à la main, couverte d'excréments. Elle a bu la gamine un litre d'eau d'une traite.

Il faut après cela un peu de douceur. sachez que la Suède, c'est dans le Figaro, nous invite au tourisme écolo et gustatif, à pêcher et cueillir soi même dans des paysages de rêves le repas que vous préparez. Etes vous tenté de pureté ou préférez vous, quand même, pour être heureux, la technique?  

Dans l'Equipe, je lis Julien Absalon, deux fois champion olympique de VTT et qui a 39 ans participe encore aujourd'hui à un championnat du monde, mais catégorie VTT électrique... Et il nous dit ceci grisé de pédaler vite enfin dans les côtes "Non, ce n'est pas un vélo de fainéant !" Il jure qu'on y viendra aussi sur la route, il faudra assumer. 

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