« Elle joue très joliment de son voile »… … En visite officielle au PAKISTAN en 1990, François MITTERRAND était tombé sous le charme de cette femme dont le prénom (« Benazir ») veut dire : « l’unique », « l’incomparable ». LE PARISIEN/Aujourd’hui en France revient sur « Le destin tragique d’une princesse orientale », destin familial, comparable à celui des KENNEDY aux Etats-Unis, des GANDHI en Inde, des GEMAYEL au Liban. « Son père état ‘sunnite’, sa mère ‘chiite’ » raconte LE PARISIEN… … Dynastie féodale de grands et riches propriétaires terriens. Benazir BHUTTO (« Pinkie » pour son père) est élevée dans le luxe, serviteurs par centaines, études à Harvard et à Oxford. La suite est dans France SOIR… … Zulfikar Ali BHUTTO, le patriarche devenu Président est renversé par un coup d’Etat… Il finit au bout d’une corde en 1979. Puis l’un des frères de Bénazir est tué en France, un autre est abattu par la police à Karachi. En 1988, elle devient la première femme « chef de gouvernement » d’un pays musulman. Elle n’a que 35 ans. Par deux fois, elle est Premier ministre : de 1988 à 1990, puis de 93 à 96. Son clan est accusé d’incompétence et de corruption, mais elle laisse sa trace, sa « griffe » comme le laisse entendre LE FIGARO qui titre sur « Une madone de la démocratie et des libertés aux paroles de tigresse », une femme (ajoute LIBERATION) une femme « qualifiée d’arrogante et d’autoritaire par certains de ses proches, adulée par ses partisans les plus humbles qui lui vouaient un véritable culte de la personnalité ». LE FIGARO publie des extraits de la tribune que l’opposante pakistanaise de retour sur son sol natal avait envoyée au journal le 24 octobre dernier… Voici ce qu’elle y affirmait : « Je n’ai pas vécu jusqu’à mon âge pour me laisser intimider par des kamikazes (…) La nouvelle génération choisira la modération ou l’extrémisme, elle choisira l’éducation ou l’illettrisme, elle choisira la dictature ou la démocratie, la tolérance ou la bigoterie. Je suis revenue au Pakistan afin de mener ce combat pour la démocratie »… La lutte contre l’obscurantisme islamiste était au cœur de son combat pour les élections législatives programmées en janvier. … Dans la presse, ce matin, on hésite entre l’émotion et les questions qui entourent l’avenir du Pakistan… « Assassinée ! » : … 1 mot (un seul) en première page de NICE MATIN, de L’ALSACE et de LA VOIX DU NORD… … Pour NORD-ECLAIR, elle est une « Martyre politique » (« Martyre » : un mot que reprend LE FIGARO)… LE DAUPHINE LIBERE en fait « Une icône »… Pour LIBERATION, LE PARISIEN/Aujourd’hui en France, LE REPUBLICAIN LORRAIN : on a tué un « symbole ». Au-delà de cet assassinat, c’est bien l’avenir du PAKISTAN (et parfois même DU MONDE) qui préoccupe aujourd’hui un certain nombre de vos quotidiens… … C’est le cas de L’HUMANITE, il titre : « Crime contre le Pakistan »… « L’espoir fauché au Pakistan », « Le Pakistan dans l’impasse » lui répondent LA MONTAGNE et LE TELEGRAMME. Puis il y a ces quotidiens qui hésitent, comme L’UNION, entre « Consternation et inquiétude »… … « Inquiétude » : c’est le choix de LA PROVENCE, en page « Une ». « Le Pakistan, homme-malade de l’Asie » constate LA CROIX qui revient sur la création récente de ce pays, né (« mal né » précise LA CROIX) il y a exactement 60 ans, d’une « sécession de l’Inde et destiné à accueillir tous les musulmans de l’ancienne colonie britannique ». Depuis, cette naissance dans la douleur, la terre pakistanaise est labourée par la violence. Le pouvoir central, notamment, « ne parvient pas à contrôler les zones tribales, ce vaste territoire montagneux » de plus de 27.000 kilomètres carrés qui borde l’Afghanistan. Pleine page « Une », LA CROIX (comme LA NOUVELLE REPUBLIQUE du Centre-ouest) titre : « Benazir BHUTTO, victime de la haine ». Quelle haine ? … Celle que les islamistes nourrissaient à l’encontre de l’ancienne dirigeante pakistanaise s’étale dans les pages de tous vos journaux. ... Une fois que c’est dit, où faut-il chercher la responsabilité du chaos qui semble « coller » au Pakistan comme une fatalité ? L’HUMANITE regarde vers Washington, évoque « l’aide logistique » jadis accordée par les Etats-Unis aux combattants islamistes en guerre contre le régime pro-soviétique afghan. Voilà pour le passé. LIBERATION remet l’histoire au présent et pointe la relation tissée entre BUSH et MUSHARRAF, le « très brutal Pervez MUSHARRAF » écrit François SERGENT, dans LIBERATION. Il ajoute : « Les Etats-Unis s’appuient sur cet homme double qui laisse son pays aux inégalités odieuses s’enfoncer dans un sous-développement et la violence (…) Que le meurtre de Benazir serve au moins de mise en garde à un Occident qui devrait apprendre à mieux choisir ses amis »…. « Il aurait intérêt à mieux ‘sélectionner’ ses vrais amis » suggère, en écho, Jacques CAMUS dans LA REPUBLIQUE du Centre. « A qui profite le crime ? » se demande Michel LEPINAY. L’éditorialiste de PARIS-NORMANDIE fait la question et la réponse : « à Pervez MUSHARRAF », prêt à tout pour « garder » le pouvoir. Et pour ne pas le partager. Dans LE FIGARO, Pierre ROUSSELIN nous prévient : « La fragilité du Pakistan se présente comme l’une des principales sources de préoccupation mondiale en 2008 ». Pour Jean GUISNEL et LA REPUBLIQUE des Pyrénées, ce pays « est un baril de poudre et la mèche est allumée »… « Un baril de poudre NUCLAIRE puisqu’il possède la bombe » s’alarme Jacques GUYON dans LA CHARENTE LIBRE. Quant à Michel BASSI, ce qu’il écrit dans L’ECLAIR des Pyrénées fait froid dans le dos… Il dit : « On n’ose imaginer cer qui se passerait si l’arme tombait entre les mains des terroristes. Benazir BHUTTO eut été un vrai rempart. Espérons que le général MUSHARRAF, s’il gagne les élections, saura conjurer ce danger MORTEL »… (Mais y’aura-t-il des élections : c’est une autre histoire). Oui, comme le souligne encore Xavier PANON dans LA MONTAGNE : « Le sort du Pakistan concerne le monde entier ». La presse économique n’est pas en reste, ce matin, sur ce sujet (vous allez comprendre pourquoi)… LES ECHOS s’inquiètent : « L’assassinat de Bénazir BHUTTO frappe une région stratégique »… La « Une » de LA TRIBUNE nous dit que « La mort de Benazir BHUTTO relance la menace terroriste ». Le quotidien économique rappelle que l’opposante pakistanaise « avait fait de l’éradication du terrorisme l’un de ses thème de campagne » … Et déjà, « les cours du pétrole ont terminé sur de nouveaux sommets à New York, proches de leur record absolu »… … Même tonalité dans le cahier saumon du FIGARO, avec ce titre : « La mort de Benazir BHUTTO pèse sur la bourse et refait flamber le pétrole »… Vos quotidiens, économiques ou non, semblent d’accord pour adresser à leurs lecteurs ce message : « La déstabilisation du Pakistan accroît l’incertitude internationale ». Pour finir, un mot encore sur le texte que vous lirez peut-être en page « Rebonds » de LIBERATION. Il est signé de Bernard-Henri LEVY… Son titre : « Ils ont tué Massoud, Daniel Pearl, ils ont tué Benazir ». Je vous en lis les premières lignes : « C’est une femme, d’abord, qu’ils ont tuée. Une femme belle. Une femme visible, et même ostensiblement, spectaculairement visible ». B-H.L invite Nicolas SARKOZY à « interrompre ses vacances pour aller dire, aux funérailles » de cette femme, « que l’espérance des peuples est moins dans la foi que dans la démocratie et le droit ».

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