8H30, l’heure de la revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence Hélène par une actualité qui enflamme la presse ce matin..

Oui, pas de trêve des confiseurs Pierre cette année, mais une presse effectivement tout feu tout flammes sur 2 dossiers brûlants… « le torchon brûle au ps » sur la déchéance de nationalité nous dit Aujourd’hui en France/le Parisien, quand « il suffisait d’une étincelle » en Corse nous annonce Libération…

On commence par cette mesure assumée par le couple exécutif Hollande/Valls mais vivement contestée à gauche : la fameuse déchéance de nationalité étendue aux binationaux

« Monsieur le président, vous n’avez pas honte ? » interpelle sur une pleine page, Dominique Sopo le président de SOS racisme. Dominique Sopo qui accuse François Hollande d’avancer cette mesure, « contre l’idéal républicain, contre votre parti et contre votre parcours » lui dit il… Dominique Sopo qui rappelle qu’en 2010, le même François Hollande était aux côtés de SOS Racisme pour contester l’idée qu’il puisse y avoir deux catégories de Français, ceux de souche et ceux de papier. « L’année 2015 et son lot d’attentats ont durement éprouvé la cohésion nationale écrit Sopo. Les personnes d’origine étrangères et de culture musulmane, profondément déstabilisées par ces équipées sanglantes, attendaient que Marianne les embrasse sur le front …et c’est une gifle qu’elles viennent de recevoir de votre part…pour poursuivre un seul but : votre réélection en 2017 » conclut il.

Tribune au vitriol, même ton pour Michel Guilloux dans l’Humanité:« Valls et Hollande disent adieu à la gauche comme à une certaine idée de la France, ainsi que le disait un déchu de sa nationalité en 1940 », écrit Guilloux, allusion bien sûr au général de Gaulle

Même incompréhension à la base, celle du parti socialiste en l’occurrence. Dans la Voix du Nord, récit d’un hashtag qui inonde les réseaux sociaux depuis 2 jours : après, « je suis charlie, puis je suis Paris », c’est au tour de « Nous sommes le PS » de mobiliser. Un mot d’ordre lancé par 2 militants des sections socialistes roubaisienne et denaisienne, qui étaient candidats aux régionales sur la liste de pierre de Saintignon, pour dire que cette mesure est selon eux, contraire à l’esprit du 11 janvier et de l’après 13 novembre

Alors, un petit espoir néanmoins pour les militants et sympathisants de gauche, déboussolés : croire avec Jean Levallois, dans la Presse de la Manche, qu’en fait, ils n’ont rien compris à la manoeuvre : « François Hollande montre d’indéniables capacités de derviche tourneur écrit il. En fait, il s’est piégé lui-même, mais peut-être cela fait il partie d’un plan plus subtil encore, dont nous découvrirons les prochains épisodes ». Un plan plus subtil ? rendez-vous demain donc, peut-être pour y comprendre quelque chose !

Subtilité de la manœuvre, hervé Mariton, vous l’avez saisie ?

La Corse Hélène, deuxième sujet hautement inflammable ce matin

Avec d’abord un cri du cœur lancé à la Une de Corse Matin, par Jean Marc Rafaelli « depuis quelques jours écrit il, les réseaux sociaux ressemblent à une arène de lapidation, l’insulte « sale corse » s’est hissée au Top ten des expressions les plus utilisées, « guerre civile, pogrom, fruit pourri, ivresse ethniciste », d’estimables professionnels de l’information s’interrogeant même dit il :« les ratonnades aussi se font en langue corse ? »..et Raffaeli de dénoncer ce que l’on voudrait faire porter seule, à la Corse, à savoir la xénophobie, et de défendre cette langue corse, « qui n’est pas une langue de stigmatisation et de violence » dit il, « mais une langue qui évoque la douceur de la voix maternelle, des berceuses et des prières ». « C’est notre force dit il d’avoir deux icones, Marianne et Marie, deux hymnes et deux drapeaux, c’est ce qui fait notre équilibre, certes précaire, quand des corses islamophobes déstabilisent tout ce qui nous a construit..mais attention dit il, la cohésion nationale, c’est de prononcer les mots justes, fermeté pour les voyous, fraternité pour les autres »

Défense pro domo donc, mais ce sont bien ces deux questions qui traversent ce matin les articles de la presse nationale sur les incidents qui ont secoué l’île depuis le 25 décembre : existe-t-il un particularisme corse en matière de racisme, et les nationalistes sont-ils d’une façon ou d’une autre responsables des discours d’exclusion ? ce dont s’est défendu évidemment Jean Guy Talamoni il y a quelques instants au micro d’Alexandra Bensaid … Réponses variables. Paroles de l’ancien député maire de Bastia Emile Zucarelli à retrouver dans l’Opinion, qui s’interroge sur la responsabilité des nationalistes et autonomistes corses qui viennent d’être élus à la tête de la région : « on a exacerbé en Corse accuse t il, les communautarismes, il y a eu une attitude de provocation vis-à-vis de l’exécutif national, c’est difficile aujourd’hui de venir faire la leçon ». Analyse nuancée par le politologue André Fazi, maitre de conf à l’université de Corte, « non, dit il, la violence de ces derniers jours est le triste résultat d’une longue sédimentation ». Le site Slate résume les différentes interventions de Marie Peretti Ndaye, docteur en sociologie et auteur du Racisme en Corse, d’où il ressort qu’on ne peut parler de « racisme corse », mais bien de « racisme en corse », nourris par des facteurs locaux, à Ajaccio, régionaux à la Corse, mais surtout nationaux. « La Corse n’est pas isolée dit elle, des débats qui agitent le continent »

Dans la presse également ce matin Hélène, des témoignages…

Témoignage glaçant de l’épouse d’un des kamikazes du Bataclan Samy Amimour, confessions révélées par le Parisien. La jeune femme, une lycéenne francilienne de 18 ans partie en Syrie à l’automne 2014, épouse religieuse du terroriste écrit à l’une de ses proches 3 jours après le carnage : « je suis tellement fière de mon mari..j’étais au courant depuis le début, et je l’ai encouragé à partir pour terroriser le peuple français qui a tant de sang sur les mains..j’aurais tellement aimé être avec lui pour sauter aussi »…Kahina qui depuis les attentats, a donné naissance à une petite fille, et qui s’enferre dans une glorification morbide de la violence

Témoignage toujours dans le Parisien, d’un ex otage d’Arlit au Niger, Thierry Dol…Ce grand gaillard salarié d’Areva, on se souvient de son sourire sur le tarmac de Villacoublay après sa libération en octobre 2013, parle pour la première fois. De ses terribles conditions de détention aux mains d’Aqmi , menaces, tortures, simulacres d’exécution, de son statut d’esclave passé à celui d’animal après une tentative d’évasion, de la force qu’il a dû puiser en lui pour résister, c’est en restant concentré sur le présent qu’il a tenu, se souvenant en détail de tout ce qui s’était passé le 456ème jour ou le 732ème de sa détention…Il parle aussi pour exprimer sa colère face au combat qu’il doit mener pour obtenir une indemnisation décente, et faire la lumière sur les mesures de sécurité prises à l’époque par son entreprise. Il porte plainte aujourd’hui, contre Areva, et contre l’Etat français pour « non-assistance à personne en danger »

Alors pour terminer j’aurais pu vous parler des portiques de l’eco taxe qui restent à démonter, 150 sont toujours debout et sont toujours inutiles nous dit Ouest France, j’aurais pu vous parler du cri du cœur de Michel Rocard dans l’Opinion à l’égard des britanniques « l’Europe ne pourra être relancée sans que les Anglais en sortent » affirme t il, bref vive le Brexit ! Mais foin de démontage et d’exclusion, je vous propose une once d’esprit de Noel, enfin, juste un peu de rêve et de fantaisie…le Figaro nous raconte ce matin Le Black and White Ball, le bal donné par l’écrivain Truman Capote à l’hôtel Plaza de New York en novembre 66. On y croise Mia Farrow et Franck Sinatra, Lauren Bacall et Henry Fonda, Agnelli, Rotschild et Kennedy….toutes et tous de noir et de blanc vêtus, loup sur les yeux pour ce bal masqué grandiose. Geste monumental d’auto glorification d’un écrivain né dans la pauvreté mais qui avait fortune grâce à ses livres, et notamment De sang froid, cette « non fiction story » qui retraçait le parcours de 2 tueurs du kansas….Ce bal est resté comme la « Fête du siècle » pour nos cousins américains ; mais cette extravagance à la Gatsby marqua aussi le début du déclin de l’écrivain…Décidément, pas facile de rester dans l’esprit de Noël ce matin…

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