C’est une revue d’utilité publique.

Une revue pleine de graphiques. Une revue pleine de statistiques. Son nom, c’est OBLIK, et c’est un hors-série d’ALTERNATIVES ECONOMIQUES… 

J’arrête là pour les rimes. Les rimes en ‘ique’, c’est dangereux. Et j’en viens maintenant au contenu : pourquoi donc dire qu’il est d’utilité publique ? Eh bien, parce qu’il nous invite à penser autrement, à remettre en question les choses qu’on considère comme des évidences… Parfois de fausses évidences : des âneries que certains proclament avec beaucoup d’autorité… « Et trop souvent, nous restons cois », note le rédacteur en chef dans sa présentation. « Nous restons cois faute d’avoir, là, sous la main, des arguments solides pour répondre à tous ceux qui les colportent, ces âneries. » Âneries dans les médias, sur les réseaux sociaux, ou encore dimanche soir lors votre réveillon pour le Nouvel An… Mais les arguments, les voilà. OBLIK est comme un guide, un manuel de survie contre les idées reçues… Les clichés, les stéréotypes et autre lieux communs « qui nous empoisonnent la vie, et pourrissent le débat public ».

-         Par exemple, on entend souvent que c’était mieux avant. On dit que les jeunes générations sont sacrifiées. « Faux », rétorque la revue : le niveau de vie continue d’augmenter d’une génération à l’autre…

-         On dit que le passage à l’euro a fait grimper les prix. « Faux », rétorque la revue : ces quinze dernières années, les prix ont bien moins augmentés que les quinze années précédentes…

-         On dit aussi que le terrorisme est de plus en plus en meurtrier. Là encore, c’est faux. Malgré des attentats en France, en Belgique, en Espagne, en Allemagne, au Royaume-Unis, le terrorisme fait moins de morts en Europe qu’il n’en faisait dans les années 90… 

-         Une Europe qui serait « envahie par les migrants », on l’entend très souvent, cette expression-là. Mais quand on observe les chiffres, on se rend compte que la très grande majorité de ceux qui fuient leur pays choisissent de rester dans leur continent d’origine… 

-         On dit également que les Français ne lisent plus… On le dit, mais ce n’est pas vrai. Eh non. C’est l’inverse. Les Français lisent davantage, même si pour certains, de plus en plus nombreux, c’est en format électronique… 

-         Régulièrement, lors des débats, certains accusent la justice d’être laxiste. Pourtant, depuis 35 ans, la France compte 90% de détenus en plus…

-         Très souvent, on entend en outre que la fraude aux allocs est un sport national… On l’entend car certains le disent, mais comme nous l’explique OBLIK, les entreprises trichent nettement plus : travail au noir, sous-déclaré, fraudes aux cotisations sociales… 

Dès lors, petite incise : toute la presse, ce matin, revient sur les mesures que le gouvernement s’apprête à prendre pour mieux contrôler les demandeurs d’emploi. La fuite d’une note ministérielle, mais certains rappellent tout de même que l’essentiel avait déjà annoncé par Emmanuel Macron lors de sa campagne… Donc pas vraiment de surprise, et il en est qui applaudissent… L’OPINION, quotidien de droite, c’est signé Nicolas Beytout. « Les ordonnances ‘sociales’ ont commencé à déverrouiller la création d’emploi, en allégeant la contrainte ‘sociale’ pesant sur les employeurs. Sans la phase suivante, poursuit-il, sans un meilleur contrôle des chômeurs, aucune chance de vaincre ce fléau français. » Point de vue bien différent, on s’en doute, dans L’HUMANITE, qui dénonce rien moins qu’une mise en examen des chômeurs… « La lutte contre le chômage ne peut se transformer en lutte contre les chômeurs, abonde l’édito de LA REPUBLIQUE DES PYRENEES, tandis que Florence Couret souligne dans LA CROIX qu’« il n’y a pas de chômeurs heureux ». « Si nul n’est en soit responsable du chômage, écrit-elle, les chômeurs le sont encore moins que d’autres. »

La Croix s’intéresse d’ailleurs à d’autres idées reçues. Des clichés sur la France, des clichés sur les Français… Pendant des décennies, nous avons subi les quolibets de l’étranger. Nous serions prétentieux, nous serions sales et surtout incapables de nous remettre en question… Cet été, lors d’un déplacement en Roumanie, le président de la République a même bizarrement repris le stéréotype à son compte : « La France n’est pas un pays réformable, parce que les Françaises et les Français détestent les réformes. » Et pourtant, vu de l’extérieur, ce n’est désormais plus ça que l’on met en avant dès lors qu’il est question de notre beau pays. 

Oui, je dis « beau pays », même s’il y a chez nous un paquet de choses qui ne vont pas bien. 

Il y a chez nous des hommes et des femmes qui dorment dans la rue – le quotidien, LA CROIX toujours – alerte sur la saturation des services d’hébergement d’urgence… Dans le Nord, en novembre, 87% des SDF qui ont appelé le 115 ont reçu une réponse négative. Non, tout ne va pas bien… 

Il y a chez nous des femmes qui meurent sous les coups de leur compagnon. Une tous les trois jours en moyenne… 

Et puis il y a des enfants qui savent à peine lire quand ils entrent au collège… A ce propos, LE FIGARO nous apprend ce matin que Jean-Michel Blanquer entend « mettre de l’ordre dans les manuels scolaires ». Aujourd’hui, les programmes laissent une certaine liberté pédagogique aux enseignants de CP pour l’apprentissage de la lecture. Or dorénavant, le ministre de l’Education veut, semble-t-il, que soient privilégiées certaines méthodes. En l’occurrence, la méthode syllabique et donc les manuels afférents. 

Non, tout ne va bien, disions-nous, mais comme nous l’explique LA CROIX, la France est pourtant devenue, pour nombre d’étrangers, l’attraction de l’année… « Le pays de l’année », estime même l’hebdomadaire britannique THE ECONOMIST…  Distinction identique dans un journal économique allemand. « La parole de la France porte donc de nouveau, et l’image de la France s’est améliorée dans le monde », analyse Jean-Yves Dana, qui voit là le résultat des tout premiers pas réussis de notre président sur la scène internationale. Cela étant, prévient-il, si l’image est très importante, chacun attend maintenant le passage des paroles aux actes.

Le chef de l’Etat qui, sans doute, se félicitera du sondage que publie ce matin PARIS MATCH – sondage très bienveillant dans un hebdo souvent très bienveillant… 

-         Quelle est donc pour vous la personnalité de l’année ? 

Deux hommes arrivent en tête : le pape François… et Emmanuel Macron

-         Quel est l’événement qui vous a le plus marqué cette année ?

Ce n’est pas la guerre menée contre le groupe Etat Islamique… Ni même l’ouragan aux Antilles… Ni même la mort de Johnny… Eh non, c’est l’élection… d’Emmanuel Macron….

Là où, en revanche, le président de la République n’arrive que troisième, c’est dans la réponse à cette essentielle question :

-         Avec lequel des hommes suivants aimeriez-vous réveillonner le 31 décembre ?

Là, Emmanuel Macron est devancé par l’astronaute Thomas Pesquet et le comédien Omar Sy… 

Bien plus sérieusement, il y a aussi des vérités qui malheureusement se confirment.

La répression en Turquie. Lisez, dans LE FIGARO, le reportage de Delphine Minoui. C’est un procès à Istanbul : des enseignants que l’on a démis de leur fonction, ils risquent maintenant la prison, simplement pour avoir signé une pétition pacifiste.

Big Brother existe, c’est le président chinois. Sidérant dossier dans LIBERATION ce matin. Le titre, c’est « l’œil de Pékin ». Le régime chinois pousse la surveillance de ses citoyens à des niveaux jamais atteints jusqu’à présent : près de 200 millions de caméras à travers le pays, et plus d’un milliard de visages enregistrés dans les bases de données de la police. 

Et puis, pour finir, une dernière idée reçue… Les fonctionnaires sont-ils vraiment des tire-au-flanc ? La revue OBLIK répond non, évoque « des horaires atypiques »… Mais le numéro de janvier de CAPITAL offre une autre analyse : certes, il y en a qui bossent, mais aussi de nombreux qui bullent et il y aurait, selon le mensuel, des milliards d’économies très faciles à trouver, notamment en faisant davantage travailler les fonctionnaires des collectivités locales.

Taper sur les fonctionnaires, ça, c’est un vrai sport national. C’est comme de taper sur les journalistes. Du reste, soit dit en passant, on s’étonne que le mensuel ne parle pas de Radio France… Ce sera sans doute pour le prochain numéro… 

Radio France où, longtemps, on s’est amusé de cette petite blague :

-         Savez-vous combien de personnes travaillent à la Maison de la Radio ?

-         Non, j’avoue, je ne sais pas.

-         La moitié.

Mais là encore, c’est un cliché. Un lieu commun. Une idée reçue qui ne correspond, bien sûr, à aucune réalité !

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