C'est l'attente... L'attente de la presse européenne... l'avenir d'Airbus... comme en suspens... En même temps... en France, en Allemagne, en Angleterre aussi... les journaux savent déjà des choses sur le plan de restructuration qui doit être annoncé ce matin... Pour les détails, en France, il faut lire Le Figaro ou La Dépêche du Midi... Les premiers éléments... deux usines cédées en France... deux en Allemagne... une en Grande-Bretagne... vous les avez entendus dans les journaux de France Inter... Alors, du coup, intéressons-nous aux commentaires de la presse... "Sans doute connaîtra-t-on un jour les dessous du bras-de-fer qui a finalement permis aux Français et aux Allemands de s'accorder sur un plan de restructuration d'EADS... Les salariés d'Airbus connaîtront les détails aujourd'hui... Il est douteux qu'ils partagent l'opinion de Thierry Breton, selon lequel ce plan est équitable et équilibré"... C'est Dominique Valès qui doute, dans La Montagne, de l'analyse du ministre de l'Economie... C'est un schéma classique qui se dessine, explique Patrick Fluckiger dans L'Alsace... "Aux difficultés industrielles et financières, vont désormais s'ajouter des remous sociaux... Et ça, on ne peut guère le reprocher aux salariés... En 2005, après l'envol du premier A380, on leur expliquait qu'ils étaient les meilleurs du monde... Deux ans après, on leur annonce 10.000 suppressions d'emplois suite à des erreurs qu'ils n'ont pas commises"... Même constat dans le Financial Times, outre-Manche... "Les salariés prêts à résister aux suppressions de postes chez Airbus"... Alors, au-delà des anciens dirigeants d'Airbus, cloués au pilori... ce sont aussi les politiques qui sont montrés du doigt... En Allemagne, le Frankfurter Allgemeine Zeitung déplore que dans ce plan, il n'y ait pas de place à "la dépolitisation d'Airbus"... Et dans Ouest-France, Paul Burel s'inquiète de ce que "les politiques ont peut-être désamorcé la stratégie d'efficacité voulue par Louis Gallois, le patron d'Airbus... parce qu'ils ont prouvé qu'ils étaient finalement les maîtres à bord... C'est une vraie bombe à retardement qu'ils ont posée dans Airbus", déplore l'éditorialiste... Eh bien oui, parce que "comment expliquer que ce qui est négociable avec les actionnaires ne l'est pas avec les syndicats ?", s'interroge Gilles Sengès, dans Les Echos... "Les responsables allemands d'EADS, qui ont eu recours à une forme de chantage pour arracher des concessions en leur faveur, n'ont pas facilité la tâche du président d'Airbus... Il ne faudra pas, conclut l'éditorialiste, que les actionnaires s'étonnent d'un durcissement de ton des partenaires sociaux"... Et déjà ce titre, dans La Tribune... "FO prêt à bloquer les usines françaises"... Force Ouvrière, c'est le syndicat majoritaire chez Airbus... Et le représentant du syndicat chez l'avionneur explique au journaliste du quotidien économique qu'"en plus des deux usines qui doivent être cédées en France, si Louis Gallois lâchait des activités basées dans l'Hexagone aux Allemands, nous allons être lésés"... Parce que, de sources concordantes, rapporte La Tribune, "les Allemands auraient bien joué le coup en mettant la barre le plus haut possible dans leurs revendications pour pouvoir récupérer le maximum de charges"... Le Sueddeutsche Zeitung ne s'en cache d'ailleurs pas outre-Rhin... "Airbus annonce son programme d'assainissement, et l'Allemagne s'en sort bien"... Alors du coup, face à ce "chacun pour soi" qui transparaît dans les colonnes de vos journaux... on a un peu de mal à croire au titre de L'Humanité... "La mobilisation s'organise en Europe"... Le quotidien rapporte que "les représentants syndicaux d'EADS ont créé, hier à Bruxelles, une plateforme pour préparer des actions communes contre le plan de restructuration... Mais les belles paroles d'unité prononcées par les syndicalistes sonnent un peu creux"... Sans compter qu'en France... eh bien, en France, "les turbulences d'Airbus sont du plus mauvais effet, à moins de deux mois de la Présidentielle"... C'est l'analyse d'Hervé Chabaud, dans L'Union... Oui, confirme La Charente Libre, "comment voulez-vous que les électeurs puissent s'y retrouver ?... Les employés d'Airbus vont payer pour les erreurs de leurs dirigeants... Et chez Alcatel-Lucent, on supprime des milliers d'emplois tout en encaissant de gros bénéfices"... Alors la place de la politique dans tout ça ?... Eh bien c'est la question que pose Le Parisien-Aujourd'hui en France ce matin... "Crise d'Airbus : mais que peuvent les politiques ?"... Ils sont six à répondre à la question... Ségolène Royal appelle au soutien renforcé des Etats partenaires d'Airbus... Nicolas Sarkozy souhaite qu'on laisse Airbus fonctionner comme une entreprise normale, où on localise les activités là où sont les meilleures compétences... François Bayrou dénonce l'absence de politique industrielle européenne... Jean-Marie Le Pen s'en prend aux grands groupes industriels, et fait l'apologie des PME... Arlette Laguiller promet d'interdire les fermetures d'entreprises... Et Olivier Besancenot s'énerve contre les actionnaires, qui veulent toujours plus... "Qu'on arrête de dire qu'EADS est en crise... Airbus est rentable, en forte croissance, avec un carnet de commandes plus que plein"... La campagne électorale, suite... Et finalement, on ne change pas vraiment de vocabulaire... "Trou d'air pour Sarkozy"... C'est Jean-Marcel Bouguereau, dans La République des Pyrénées, qui liste ainsi les derniers soucis de campagne du candidat de l'UMP... de la remontée de François Bayrou dans les sondages à la bourde sur le nombre de sous-marins nucléaires d'attaque... en passant par la dernière tuile en date... les révélations du Canard Enchaîné... L'info du Canard Enchaîné est, en fait, reprise par tous vos journaux ce matin... Elle se résume ainsi, en Une du Parisien-Aujourd'hui en France : "L'affaire qui gêne Sarkozy"... "Il aurait bénéficié d'un rabais substantiel sur l'achat d'un appartement en 1997... Le candidat nie toute irrégularité"... Dans Le Canard, c'est donc "la belle affaire immobilière de Sarko"... L'hebdomadaire explique que c'est le groupe Lasserre, "promoteur favori de la mairie de Neuilly", qui a construit, aménagé et décoré cet appartement... Au total, selon Le Canard, ce sont près de 300.000 euros que les Sarkozy auraient économisés... Alors du côté des commentaires... il y a ceux, comme Pierre Taribo dans L'Est Républicain, qui désespèrent... "Il ne manquait plus que ça !... Dans une campagne laborieuse, qui se déroule dans les émissions people, les boules puantes sont lâchées... Premier constat : la politique reste un nid de serpents, dont il ne fait pas bon s'approcher... Deuxième problème : de telles révélations font tomber le débat dans le caniveau"... Et puis il y a ceux, comme Didier Pobel dans Le Dauphiné Libéré, qui relativisent... "Les hommes et les femmes politiques se gargarisent suffisamment de "transparence" pour devoir s'en accommoder... L'intelligence du citoyen formé prévaut toujours... On peut lui faire confiance pour faire le tri entre les simples perles de campagne et les vrais diamants"... Alors ça, dans la campagne, on y est habitué... C'est l'un des petits titres de Une du Canard Enchaîné... "Le Pen nous refait une crise de maires"... C'est la fameuse course aux signatures... Et dans Le Monde, cet article, qui va un peu plus loin sur la question... "Les maires réclament l'anonymat pour accorder leur parrainage", titre le journal... Le président de l'Association des maires de France y explique que l'anonymat serait une formule qui permettrait la liberté du maire et sa réelle liberté de conscience... Les maires des communes rurales n'auraient plus peur d'être stigmatisés en accordant leur signature aux candidats dits "petits"... Alors tout le monde n'est pas d'accord... Le président de l'Association des maires ruraux de France trouve, lui, que ce serait le meilleur moyen d'avoir une soixantaine de candidats... "Et quand on me dit que parrainer n'est pas soutenir, continue Gérard Pelletier, ça me laisse sceptique... On ne peut pas parrainer n'importe quoi... Moi, quand je parraine une manifestation, ça veut dire que je la soutiens"... C'est aussi l'argument développé par Philippe Val, dans son éditorial de Charlie Hebdo... "Une signature, c'est un parrainage... Ca se mérite... Vous vous voyez, vous, en train de donner votre signature pour parrainer un type qui parle des "incidents de New York" et de "point de détail" à propos des chambres à gaz ?"... Alors il n'y a bien évidemment pas que l'extrême-droite et Jean-Marie Le Pen qui ont quelques soucis avec leurs 500 signatures... Le parrainage est une ressource précieuse aussi à la gauche de la gauche... C'est à lire dans Le Monde... Les braconnages des partisans de José Bové chez les maires qui avaient promis leur signature à Olivier Besancenot... Du côté du leader altermondialiste, on affiche une dizaine de "prises de guerre"... Et sur les forums, les partisans du candidat s'écharpent, entre les pro et les anti-braconnage... Pour les uns, "c'est justifié... Ca sanctionne les logiques d'appareil"... Pour les autres, "c'est pas loyal... Ce n'est pas faire de la politique autrement... Comment voulez-vous, après ça, faire passer l'idée que Bové n'est pas une candidature qui divise ?", s'interroge un "bovéiste"...

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.