polka explore les coulisses et le sens du bon vieux meeting de campagne. Tout le monde a renoncé à combattre le Pen...et "W" nouvelle égérie

La revue de presse bonjour Hélène Jouan

On commence par un incontournable des campagnes présidentielles : le meeting

« Cette année, les candidats ont beau vouloir faire de la politique autrement, user du mot Révolution et déployer leurs arguments sur les réseaux sociaux ou leur chaine youtube, tous passent par ce classique de campagne : le meeting ». Dans le numéro de printemps du magazine photo Polka, Elisa Mignot a eu la bonne idée de partir en coulisses, et de faire commenter les meetings des candidats par des personnalités du théâtre. Elle raconte le plaisir physique, mystique et bien sûr narcissique des uns et des autres. Marine le Pen qui chantonne Dalida dans sa loge, « moi je veux mourir sur scène » après un zénith qui s’est conclu par un final théâtral avec binious triomphants et feux de bengale. Elle raconte comment chacun scénarise ce face à face avec son public et le modernise. Dans l’équipe d’Emmanuel Macron qui a fait appel à un scénographe, un directeur de casting arpente la salle quimpéroise avant le meeting du candidat, il repère Maryse et son pull rouge. Bingo son cardigan « catchy » dit il, lui vaut une place au premier rang. Avec des instructions simples « sourire, pleurer, « si vous voulez », et à la fin entonner l’hymne national auprès du grand Homme ». Plus qu’hier, le militant est appelé à faire de la figuration. Sur les estrades sont apparus les chœurs, en arc de cercle chez François Fillon, sur des mange-debout derrière jean luc Mélenchon, de part et d’autre de Benoit Hamon, avec une scène circulaire pour beaucoup. Un décorum qui envoie un « signal » explique Elisa Mignot, les prétendants à la fonction suprême ont bien compris que la tendance générale est au pouvoir de la société civile, à l’horizontalité.» Ariane Mnouchkine relativise : « ces gens sur scène sont tout sauf un chœur. Dans une tragédie antique, un chœur est actif, il désapprouve, il avertit. Là, les militants sont figés dans une approbation du discours, soumis et impuissants ». On est plus dans le panel du jeu télé que dans la démocratie participative, « les politiques se trompent sur l’art du théâtre en croyant qu’il s’agit de mettre en scène un mensonge alors qu’il s’agit de mettre la vérité en forme » se désole t elle. Pour trouver cette vérité, le chorégraphe Jean-Claude Galotta a eu lui, la drôle d’idée de regarder ces meetings en coupant le son, afin dit-il d’observer l’intention corporelle profonde de chacun. En fait, il n’y a vu que des solos, crescendo de la danseuse folklorique pour Marine le Pen, danseur classique un peu raide pour François Fillon, esprit modern jazz pour Macron, danseur contemporain pour Mélenchon essayant toujours de prouver qu’il a quelque chose à dire autrement… reste que « Le meeting est le lieu où le candidat doit deviner le désir inconscient du public » conclut le directeur du festival d’Avignon Olivier Py, « c’est le mystère de la catharsis », séduire le public d’une salle pour faire voter tout un peuple au dehors… « Une comédie française », avec ses principaux acteurs, c’est à lire dans Polka dès ce matin.

Campagne présidentielle encore avec une candidate en position de force, et les autres qui préfèrent regarder ailleurs

« Le renoncement des candidats face au Fn », article à lire dans le Monde daté d’aujourd’hui qui commence par ces mots « une campagne électorale se juge autant aux combats que l’on mène qu’à ceux que l’on abandonne à la fatalité ». « A 55 jours du premier tour, Marine le Pen placée en tête par tous les instituts de sondages devrait en effet être l’obsession de tous les candidats à la présidentielle ». Il n’en est rien démontrent les journalistes qui signent cet article. Sa présence au second tour étant jugée « inéluctable », chacun se recroqueville sur son socle électoral, en rêvant juste de passer la barre du premier tour. C’est particulièrement vrai à droite, où le candidat Fillon a choisi de cibler celui qui semble s’installer comme le second homme, MAcron, pour ne pas finir 3ème, il néglige le conseil de certains de ses amis qui le pressent pourtant de souligner tous les aspects catastrophiques du programme de marine le Pen. Même pudeur de la part du candidat d’en Marche, qui ne fait jamais de critique de fond, se contentant de la posture de se présenter en seule alternative au FN. A gauche, Jean Luc Mélenchon contrairement à 2012, ne fait plus de Marine le Pen sa cible principale, il l’a troquée pour MAcron lui aussi, quant à benoit Hamon, s’il est volontaire pour mener le combat, « il le fait » dit le Monde avec les armes du passé, brandissant le spectre d’un régime quasi dictatorial, sauf que le No Pasaran avoue l’un de ses proches ça ne marche plus depuis longtemps. Bref plus personne pour pointer les conséquences cachées du projet du FN…

Tiens si, ce matin, un journaliste s’y colle. Jean-Marc Vittori dans les Echos. Article de politique fiction, on est en 2022, marine le Pen est à l’Elysée depuis 5 ans. Lui est assureur, sa femme fonctionnaire à l’éducation nationale. Et il raconte ce qui s’est passé depuis 5 ans. D’abord le jackpot, moins d’impôt, le quotient familial relevé..bref bingo, une hausse du pouvoir d’achat ! Et puis… la douche froide : les mesures drastiques pour contrôler l’immigration, les taxes sur les salariés étrangers, des secteurs entiers qui s’écroulent comme le BTP. La sortie de l’euro actée par référendum qui a débouché sur une belle pagaille, et finalement transformé le franc en monnaie de singe, les taux d’intérêt qui s’envolent, l’inflation avec les entreprises asphyxiées et les assurance vie qui ont perdu 30% de leur valeur. Bref au final l’assureur et sa femme ont perdu 8% de leur pouvoir d’achat conclut Vittori. Politique fiction d’un journaliste qui fait le boulot que les candidats à la présidentielle ont choisi d’abandonner…

A l’étranger Hélène, la guerre en Syrie se poursuit…

Et on a parfois tendance à l’oublier…Alors que le Conseil de sécurité des Nations unies va être aujourd’hui le théâtre d'un nouveau bras de fer entre les Etats-Unis et la Russie, en profond désaccord sur l'imposition de sanctions à la Syrie pour avoir utilisé des armes chimiques, un article du site Syria direct, cité par la journaliste du Figaro Delphine Minoui, fait état de la destruction totale du dernier hôpital pour enfants d’Alep. La clinique a été touchée dimanche par 5 missiles. Le personnel hospitalier et les médias pro-opposition locaux ont rapporté qu'il s’agissait d’un avion russe, mais ni les médias d'Etat syrien ni les agences russes n’ont voulu confirmé ces frappes. Le résultat est là, depuis hier, les parents dont les enfants nécessitent des soins médicaux n’ont plus d’autres solutions que d’essayer de passer en Turquie. Un espoir souvent vain témoigne un des médecins de l’hôpital, la Turquie n’autorisant le passage que de 40 patients par jour

A lire dans le Figaro, l’article d’Eugénie Bastié qui explique pourquoi la Russie et Poutine surtout, divise au-delà des politiques, l’intelligentsia française. Papier historique où elle raconte comment l’attirance de Voltaire notamment pour le despotisme éclairé de pierre le Grand et Catherine 2, est passée de gauche à droite, avec une Russie apparaissant à la fin du 19ème siècle comme un rempart à l’impérialisme germanique. Elle raconte surtout comment le clivage divise aujourd’hui encore le camp des conservateurs, de Finkielkraut qui se désole de constater que face au déclin de notre civilisation, certains croient trouver leur sauveur en Poutine, cette force brute héritier du totalitarisme, quand Luc Ferry ou jean François Colosimo, à l’inverse moquent ces anciens adulateurs de l’union soviétique qui ont besoin de recycler leur vision binaire du monde, et trouvent en Poutine, la figure facile de l’ennemi.

Pour finir, et pour sourire, des nouvelles de celui qu’on a adoré détester. George W Bush, dont on peut pas dire qu’il bénéficiait d’une image très flatteuse, est subitement réhabilité par la grâce de…Donald Trump ! Dans ses premiers commentaires sur le nouveau président américain, livré à la chaine NBC, « W » prend la défense des média, indispensables dit il à la démocratie, « nous avons besoin d’eux pour que des gens comme moi aient à rendre des comptes » a t il dit ; même dénonciation de la politique désormais très restrictive de Trump en matière d’immigration. Titre de l’article du monde.fr « Quand George W Bush devient un humaniste »…

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