Et d'abord, cette information de première importance... Jacques Chirac n'est pas rancunier... C'est à lire ce matin dans Le Parisien-Aujourd'hui en France... La semaine dernière, on expliquait ici même que notre ex-Président s'était fait mordre par son chien... Sumo, son petit bichon maltais... Eh bien, figurez-vous que, malgré cela, Jacques Chirac continue d'emmener Sumo se balader dans les rues de Paris... "Jacques Chirac n'est pas rancunier", écrit donc Frédéric Gerschel, qui signe le papier... "Un promeneur nommé Chirac"... "Depuis qu'il a quitté l'Elysée, l'ancien Président de la République a pris l'habitude de redécouvrir la capitale à pied"... Quand il était à l'Elysée, il avait horreur de marcher... Même pour faire quelques centaines de mètres, il se faisait conduire en voiture... Mais maintenant, c'est différent"... 'Il ne fait pas encore comme François Mitterrand, qui parcourait Paris presque tous les jours, un chapeau sur la tête... Mais on sent qu'il aime ça de plus en plus', sourit l'un de ses amis... "Tous les vendredi soir, rapporte mon confrère, Jacques Chirac passe un petit coup de fil à son fidèle Jean-Louis Debré, afin d'organiser avec lui sa promenade du week-end... un parcours chaque fois différent... du Palais-Royal au boulevard Saint-Germain... de la cour carrée du Louvre à la place des Victoires... tout cela, sans oublier la pause casse-croûte, notamment à La Rhumerie, bar antillais qui sert des punchs, des accras de morue et des tartines de crabe"... Jacques Chirac a toujours beaucoup aimé manger... Et désormais, il marche donc... Il marche très souvent... Et nous, ce matin, nous allons, du coup, lui proposer quelques petits conseils de promenade... Première idée : allez donc vous balader du côté de la place Vendôme... Ce n'est pas très loin de chez vous, la place Vendôme : il suffit de traverser la Seine... Et en ce moment, là-bas, ça bouge pas mal... La place Vendôme... C'est là que se trouve le ministère de la Justice... lequel aura bientôt un nouveau locataire... Plusieurs journaux, ce matin, reviennent sur le prochain départ de Rachida Dati... C'est le cas notamment du Canard Enchaîné, qui nous raconte l'entretien que l'actuelle Garde des Sceaux a eu avec le chef de l'Etat... entretien au cours duquel ce dernier a réussi à la convaincre d'être candidate aux Européennes et de laisser son ministère... Selon le récit qu'il en a fait à ses collaborateurs, Nicolas Sarkozy commence en douceur... "Fais-moi confiance : jusqu'ici, je t'ai bien traitée... Fais ce que je te dis, et dans un an, tu reviens au gouvernement par la grande porte"... "Si j'ai bien compris, je n'ai pas le choix", répond alors Rachida Dati, les larmes aux yeux... "Si tu veux rester mon amie, tu n'as pas le choix", rétorque Sarkozy... En désespoir de cause, Dati tente ensuite de sortir l'argument décisif : "Et ma fille ?... Si je deviens députée européenne, je serai absente de Paris quatre jours par semaine... Ca va me poser un gros problème de garde"... "C'est quatre jours par mois à Strasbourg, et deux par mois à Bruxelles", corrige alors le Président... "Et dans les deux endroits, tu sais, il y a des crèches"... Du coup, Rachida Dati a cédé... Et d'ores et déjà, ça se bouscule au portillon pour la remplacer... "Afflux de candidatures pour succéder à Dati", titre ainsi Le Figaro... dans lequel Anne Rovan fait la liste des noms qui circulent... "Nicolas Sarkozy, écrit-elle, pourrait porter son choix sur une personnalité non politique... Pourquoi pas l'avocat d'affaires Jean-Michel Darrois, un ami du chef de l'Etat, proche également d'Alain Minc et de Laurent Fabius... Est également évoqué le nom de Jean-Claude Magendie, premier président de la Cour d'Appel de Paris... Et puis il y a plusieurs ministres qui se verraient bien place Vendôme... On parle de Jean-Louis Borloo... Son entourage ne dément pas... On parle de Xavier Darcos... qui, dit-on, aimerait bien quitter le ministère de l'Education... On parle de Valérie Pécresse... "La justice intéresse la ministre", admet l'un de ses conseillers... Christine Boutin a aussi pu penser, pendant plusieurs mois, qu'elle était la femme de la situation... "J'ai beaucoup travaillé sur les prisons... Et j'aimerais bien avoir la Chancellerie", répétait ainsi la ministre du Logement à ses visiteurs, il y a quelques semaines encore... Mais maintenant, Christine Boutin dit qu'elle voudrait l'Agriculture... parce qu'après tout, c'est bien ce poste-là qui devrait se libérer en premier, au mois de mai, lorsque Michel Barnier commencera la campagne pour les Européennes... Rachida Dati sera deuxième sur la liste de Barnier... Christine Boutin se verrait donc bien à l'Agriculture... Le problème, c'est que d'autres sont aussi sur les rangs : Laurent Wauquiez, Luc Chatel ou encore Christian Estrosi... Mais Boutin a des arguments, qu'elle s'emploie à mettre en avant : elle est fille d'arboriculteur, et elle a commencé sa carrière au Crédit Agricole... Ca, c'est des arguments... Enfin bon, pour l'instant, Christine Boutin est toujours ministre du Logement... Son projet de loi sur le logement va d'ailleurs être examiné, à partir d'aujourd'hui, à l'Assemblée Nationale... Et je vous conseille, à ce propos, d'aller lire ce matin l'enquête de MédiaPart... "Logement social : la carte de France des députés hors-la-loi"... Mathilde Mathieu et Michaël Hajdenberg ont croisé la liste des députés-maires et celle des constructions de logements sociaux entre 2005 et 2007... Résultat : 21 députés ne respectent pas l'article 55 de la loi SRU, qui oblige les communes de plus de 3500 habitants à disposer en 2020 de 20% de logements sociaux... Pour parvenir à cet objectif, un calendrier a été établi ville par ville... Et donc, ils sont 21, 21 députés-maires, à ne pas respecter ce calendrier... la palme revenant à l'UMP Michèle Tabarot, députée-maire du Cannet, dans les Alpes-Maritimes... Elle réussit l'exploit de faire 0% des objectifs assignés... Les Alpes-Maritimes : voilà une belle destination pour aller se promener... Mais bon, c'est peut-être un peu loin pour Jacques Chirac... Et puis d'ailleurs, c'est à Paris qu'il aime se balader... Pour lui, deuxième idée de promenade : rendez-vous demain, à 14 heures, place de la Bastille... C'est le lieu de rendez-vous de la manifestation parisienne... Toute la presse, ce matin, consacre d'ailleurs ses gros titres à la journée de mobilisation de demain... "Demain, journée de grève et de galère", titre ainsi à sa Une Ouest-France... en précisant que "le mouvement touchera de nombreux services et de nombreuses administrations"... "La rue prépare sa motion de censure", titre de son côté La Charente Libre... Tandis que Le Bien Public annonce : "Grèves maxi, service mini"... "La loi sur le service minimum d'accueil, déjà mise à mal en décembre, risque de connaître de nouveau de grandes difficultés d'application", explique le journal... "La grève relance le débat sur le service minimum", confirme à sa Une Le Figaro... Le Parisien-Aujourd'hui en France annonçant pour sa part "le grand test" que représente la journée de demain... test pour les syndicats, test pour l'Elysée, test aussi pour la gauche... Le Parisien qui donne ce matin la parole à ceux qui vont manifester... Ils expliquent les raisons de leur colère... Ainsi Christian, professeur d'économie... Il a décidé de faire grève, dit-il, pour défendre le service public d'éducation... Ainsi également Rose, aide-soignante... Elle, elle fait grève pour dénoncer la dégradation de ses conditions de travail... Ainsi encore Jean-Marie, cheminot... qui, lui, fait grève parce qu'il ne veut pas que la SNCF devienne une entreprise privée... Et d'ailleurs, le secteur privé, que va-t-il faire ?... C'est la question que pose ce matin La Tribune... "Grève : le secteur privé va-t-il suivre ?"... C'est la grande inconnue de la mobilisation... La Tribune qui nous explique en outre le côté exceptionnel du mouvement annoncé... "Du jamais vu en temps de crise", titre le quotidien... qui livre l'analyse de deux chercheurs, auteurs d'un ouvrage sur la grève... Ils expliquent... "Les dernières grandes mobilisations, en 1968, en 1995, en 2003 et 2006, ont eu lieu à chaque fois dans un contexte de croissance plus ou moins forte... Si on lie le mouvement social à la crise économique, il faut remonter, disent-ils, à 1936 pour trouver une situation analogue"... Une mobilisation d'ampleur, en période de récession... Du jamais vu, donc, depuis 1936... Avant même d'avoir lieu, la journée de demain sera donc historique... historique comme la crise... Et ça, c'est la Une ce matin de Libération... un numéro spécial consacré à "la crise du siècle !"... L'économiste et historien Pierre-Cyrille Hautcoeur expliquant dans le journal "qu'on est aujourd'hui face à la première crise planétaire"... "une crise avec la récession pour unique horizon", explique Libération... Et juste pour vous, Monsieur Chirac, je redonne l'horaire du début de la promenade... Ne soyez pas en retard : c'est à partir de 14 heures... Et puis, pour finir, peut-être d'autres idées de promenade, pour notre ancien Président... Pourquoi pas un petit tour à Sangatte, où s'est rendu hier Eric Besson, nouveau ministre de l'Immigration... Il est venu se rendre compte... Et là-bas, rien n'a changé, nous explique aujourd'hui Le Monde... avec un reportage de Laëtitia Van Eeckhout... "Au milieu des réfugiés, écrit-elle, la gale, les furoncles et les abcès se répandent, comme les épidémies de l'hiver"... "Sept ans après la fermeture du centre, le problème reste entier", confirme l'édito du Monde... qui estime que "cette situation, comme hier, est tout bonnement honteuse"... Autre idée de promenade pour l'ancien Président... Pourquoi pas un tour dans le Sud-Ouest... Plusieurs journaux font ce matin encore leur Une sur les conséquences de la tempête... "Les blessures de la tempête", titre ainsi L'Indépendant... qui propose un cahier spécial de 12 pages sur le sujet... "Des points noirs persistent dans l'ouest du Béarn", constate de son côté L'Eclair des Pyrénées... Si vous allez vous promener là-bas, Monsieur Chirac, vous ne verrez donc rien de très joyeux... Et il n'est pas certain que ceux que vous croiserez aient autant de temps à vous consacrer que ceux que vous rencontrez lors de vos balades parisiennes... Retour au papier du Parisien... "Ce promeneur nommé Chirac"... Frédéric Gerschel nous raconte que les gens l'arrêtent dans la rue... Ils veulent des autographes... Et ils veulent des photos... Quant à son petit chien Sumo, "ne le répétez pas, mais il est affreusement mal élevé", soupire une des amies de l'ancien Président... "C'est simple : il mord tout le monde"... Conseil donc aux passants : si jamais vous croisez Jacques Chirac un jour, surtout ne vous approchez pas du chien...

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