Vous pensiez que c'est mal vu, en ce moment, d'être un grand patron... un big boss narcissique qui gagne beaucoup d'argent ? Eh bien vous aviez tort... LA star du jour, dans la presse, c'est un grand patron : Steve Jobs, le PDG d'Apple. Sa photo est partout. barbe d'une semaine bien soignée, pull noir à col roulé et jean assez moche... C'est le look cool des patrons de la Silicon Valley. En photo surtout, il y a ce que Le Parisien-Aujourd'hui appelle "le dernier bijou d'Apple" : la tablette, un peu plus petite qu'une feuille A4, et qui fait à peu près tout à part grille-pain. On peut lire des livres, des journaux, regarder des films et profiter de jeux vidéo, accéder à Internet et écouter de la musique. Ce n'est pas un téléphone, mais le look ressemble à un iPhone en plus grand et plus mince. Encore quelques détails. 500 $ pour le modèle de base. Il faudra rajouter de l'argent pour avoir la 3G. Commercialisation fin mars aux Etats-Unis et en Europe, à en croire Les Echos. Steve Jobs et son iPad, c'est d'abord un grand show, raconté dans Libération et Les Echos. Cela se passait dans un centre d'art contemporain de San Francisco. Forces de police et bus de télés devant le bâtiment, puis des centaines de journalistes qui ont réservé une standing ovation à Jobs lorsqu'il a fait son entrée en scène, avec Bob Dylan en musique d'ambiance. Il ponctue sa présentation par un tic de langage : "N'est-ce pas que c'est formidable ?" A lire la presse, on se dit que Stevie et ceux qui le vénèrent nous prennent un peu pour des pommes. Les journaux, ce matin, ressemblent à une gigantesque pub gratuite pour Apple. Steve Jobs, c'est "l'homme qui change nos vies", titre carrément Courrier International. Mais parmi les personnes qui frétillaient hier dans la salle de San Francisco, il y avait des gens très raisonnables : des patrons de presse et de l'édition, en particulier. Car eux croient bel et bien que Steve Jobs peut changer leur vie, qu'il peut relancer deux secteurs, en grande difficulté dans ce monde de nouvelles technologies. "Ca se presse à la tablette", confirme Libération. Les journaux veulent croire que l'ardoise magique de Steve Jobs va leur permettre de se relancer : enfin un engin sur lequel on aurait envie de lire les journaux et de payer pour cela. Le New York Times, le groupe héritier de "Citizen Kane", mais encore Time ou Condé-Nast ont déjà passé des accords avec Apple. Pareil pour cinq grands éditeurs américains. Car l'une des vraies nouveautés de l'iPad, elle est là : grâce à cet accord, la tablette contient une librairie en ligne. De quoi concurrencer Amazon et Sony. Quand Amazon avait lancé son propre lecteur électronique, Steve Jobs se montrait dubitatif, rappellent Les Echos : 40% des Américains lisent un livre ou moins. Alors Jobs (qui a tendance à prendre les gens pour des blaireaux, comme l'écrit le Times repris par Courrier International) va-t-il amener les blaireaux à lire ? En tout cas, selon cet article du Times, le secret de la réussite de Steve Jobs, il est là : cet obsédé du contrôle, qui exige de ses ingénieurs que l'intérieur des machines Apple (que personne ne voit) soit beau aussi, est avant tout un "gros pif" : il renifle ce que veulent les consommateurs. Il ne fait qu'un avec les blaireaux et leurs gadgets... (Nicolas Demorand : "Et Steve Jobs est évidemment à la Une du Wall Street Journal, ce matin")... Oui, mais il partage la Une avec Nicolas Sarkozy. Le discours du Président de la République, hier à Davos, n'est pas passé inaperçu... "Sarkozy attaque la mondialisation", titre le Wall Street Journal. Et il s'attaque aussi au déficit. C'est l'autre grand sujet, ce matin, dans la presse : le gouvernement s'engage à économiser 50 milliards d'euros d'ici à 2013. A en croire Le Figaro, ce matin, il a le soutien de l'opinion. Sondage IFOP : les trois-quarts des personnes interrogées s'inquiètent de la dette. Alors comment fait-on ? Dans Valeurs Actuelles, cette semaine, les coupables désignés, ce sont les collectivités locales, et singulièrement les régions. "Régions : le grand gaspillage". L'hebdomadaire s'appuie sur un livre à paraître le 4 février sur ce thème. Les exemples de gabegie fourmillent : budget com en augmentation de 176% en Bourgogne ; une revue mensuelle pour vanter les mérites de la région est tirée à 800.000 exemplaires en Picardie : plus que n'importe quel grand quotidien ; ou encore 20.000 € pour un programme d'étude sur les écrevisses en Ile-de-France. Les régions, rappelle Le Figaro, renvoient la balle dans le camp de l'Etat, qui ne compenserait pas les transferts de responsabilités liés à la décentralisation. Bercy jure que ce n'est pas vrai. Libération suggère une autre piste : mettre fin à une série de privilèges sociaux et fiscaux qui ont creusé le trou : la baisse de la TVA dans la restauration, par exemple : elle a coûté près de 2 milliards et demi ; le bouclier fiscal : 700 millions ; ou encore les heures sup : 3 milliards. Question dans le mensuel Alternatives Economiques : "Faut-il avoir peur de la dette ?". Selon Alternatives Eco, faire du déficit, c'est aussi réaliser des investissements et jouer les régulateurs en période de crise. Dans le contexte actuel, la peur de la dette constituerait une menace plus sérieuse que la dette elle-même : elle risque de conduire à un tour de vis prématuré qui pourrait tuer la reprise. Et puis, à propos de dette, à l'heure où l'on parle beaucoup de ce qu'il faut faire pour aider Haïti, Politis suggère d'abolir la dette de l'île. (ND : "Mais le pays étranger à la Une ce matin, Bruno, c'est l'Afghanistan")... Conférence sur l'Afghanistan aujourd'hui à Londres... C'est un pays qui vit au jour le jour, selon le titre de La Croix ce matin... reportage d'Agnès Rotivel. Concrètement, comment vivent les habitants de Kaboul ? Réponse : on trouve de tout à Kaboul : des téléviseurs, des appareils électroniques... Tous ces produits viennent de Chine. Dans la capitale encore, la micro-finance est en plein développement. Les filles sont retournées à l'école. Bref, malgré la guerre, la vie continue. "La population en a tellement vu qu'elle est vaccinée", dit une habitante. Un autre renchérit : "Effectivement, presque tous les jours il y a des explosions dans la capitale. Qu'est-ce qu'on peut faire ? Il faut vivre avec. Sous les talibans, je devais porter la barbe et me laisser pousser les cheveux. Aujourd'hui, je me sens libre". Et pourtant... La nouvelle stratégie en Afghanistan, c'est de dialoguer avec les talibans. C'est la Une du Monde. Les Occidentaux, Américains en tête, encouragent désormais ouvertement cette solution. Voilà qui en dit long sur leur sentiment d'impuissance. C'est que les talibans, ces derniers mois, ont grignoté de nouvelles parcelles de territoire. Ils ont investi les régions de l'ouest et du nord. Ils sont désormais présents sur l'ensemble du territoire... précision apportée dans Courrier International. Reste à savoir dans quelles conditions on peut établir ce dialogue. La Conférence de Londres permettra peut-être d'en savoir plus. (ND : "Quoi d'autre dans la presse, Bruno ?") La semaine de quatre jours à l'école remise en question dans Le Parisien... Selon l'Académie de Médecine, la France a tout faux dans le rythme qu'elle impose à ses écoliers. 8 heures et demie, pour commencer l'école, c'est trop tôt : l'enfant est fatigué, quelle que soit la durée de son sommeil. 6 heures de cours par jour : c'est trop. Et puis donc, toujours selon l'Académie de Médecine, la semaine de 4 jours, c'est la catastrophe. L'Académie suggère des semaines un peu plus longues mais moins concentrées, et aussi une meilleure répartition des vacances en diminuant notamment les congés estivaux. Allez, encore un héros cool... Celui-ci ne tient pas une souris Apple dans sa main, mais une raquette de tennis. Jo-Wilfried Tsonga, "l'étoffe d'un héros", titre L'Equipe ce matin. Demain, il joue contre Roger Federer en demi-finale de l'Open d'Australie de tennis. Le choc est résumé dans les titres de L'Equipe : "Tsonga, c'est le bison" : c'est son nouveau surnom... Mais Federer a réponse à tout. Bonne journée...

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