La revue de presse commence par un virus qui inquiète le monde entier : Zika …

Zika à la Une du New York Times , avec le Brésil en pleine panique, Zika dans la presse française également.

Zika, c’est quoi ? Explications dans Ouest France . C’est un virus qui porte le nom de la forêt d’Ouganda où il a été repéré pour la première fois en 1947. Un virus signalé au brésil en mai dernier, dans L’Humanité , un médecin explique que la Coupe du monde de foot a sans doute joué dans sa propagation, un virus qui touche aujourd’hui, selon l’OMS, 22 pays…il se transmet par le moustique, aucun traitement existant si ce n’est la prévention contre les insectes.

- Alors pourquoi cette alarme autour de Zika ?

D’abord parce que s’il est bénin dans la plupart des cas, il est aussi à l’origine de complications qui le rendent très inquiétant : risque de paralysie et suspicion de risque de microcéphalie chez le fœtus, quand la mère est infectée pendant sa grossesse. Aujourd’hui, le Brésil est le pays le plus touché, 440 000 cas avérés d’infection et près de 9000 enfants touchés par cette microcéphalie.

Deuxième raison de l’inquiétude mondiale, c’est que le Brésil accueille justement cet été les Jeux Olympiques… avec environ 500 000 personnes attendues et qui repartiront chez elles ensuite, le risque d’épidémie s’accroît considérablement, relève le New York Times . Pas question pour l’instant rapporte le journal d’annuler ces JO, mais certaines délégations et certains athlètes commencent à s’inquiéter, Rio craint des annulations en masse, au moins des spectateurs… Hier, le président américain Barak Obama a réclamé un plan d’urgence contre Zika ; la présidente brésilienneDilma Roussef a, elle, promis d’intensifier la lutte contre la propagation en la combattant, «maison par maison » a-t-elle dit.

- Après les prévenances italiennes, prévenances françaises à l’égard du président iranien en visite à Paris :

Que ne ferions-nous pour complaire aux pudeurs du président Rohani ? Ce weekend, les italiens cachaient leurs nus, dessin très drôle d’Aude Picault dans Libération , on y voit Rohani se pencher avec intérêt sur les coffres qui enfermaient les statues antiques du capitole, et ce commentaire d’un membre de sa délégation « Il aime beaucoup, c’est très contemporain ». Eh bien, c’est à notre tour, de faire disparaître… des manifestants, cette fois ! Révélation de L’Obs ,__ qui raconte comment, pour satisfaire aux exigences des diplomates iraniens, le gouvernement français, avec Bernard Cazeneuve à la manœuvre, a tout fait pour que ceux qui voulaient manifester leur opposition à la théocratie de Téhéran, se regroupent place Denfert Rochereau et non au Trocadéro comme prévu. Le lieu était jugé trop proche de l’ambassade iranienne, le président aurait risqué de les apercevoir…

Tout ça, bien sûr, pour la bonne cause, Les Échos nous assurent que le groupe PSA va détailler aujourd’hui les modalités de son grand retour en Iran… et c’est un symbole, dit le journal, de la réconciliation de nos deux pays.

- Elle est partie hier, et elle est évidemment omniprésente dans la presse ce matin, Christiane Taubira :

D’abord, si vous me permettez, une pensée compatissante pour Valeurs Actuelles , qui titrait en octobre dernier sur sa cible préférée, « Taubira doit partir », Damned ! Le magazine a bouclé avant la démission de la Garde des Sceaux… Impossible d’exulter donc, ce sera sans doute pour la semaine prochaine.

Alors, il y a dans la presse, ce matin, ceux qui se réjouissent de son départ « Il était temps » s’exclame l’éditorialiste du Figaro , qui l’accuse d’avoir fait « régner un terrorisme intellectuel », et ceux qui s’en désolent. L’Humanité , qui reprend une partie du tweet de la ministre à sa Une « Parfois résister, c’estpartir ». Tous soulignent qu’avec ce départ, François Hollande perd sa dernière caution de gauche. « Presque quatre ans après le discours du Bourget, c’est la synthèse entre les gauches à laquelle il était parvenu qui vient d’exploser en vol » explique Cécile Cornudet dans Les Échos . Le site Mediapart estime même que son départ signe «L’ultime rétrécissement politique du gouvernement ». Et si Laurent Joffrin, dansLibération , veut croire que le «gouvernement Valls perd en assise politique ce qu’il gagne en cohérence », « ça n’arrange pas les affaires du Président » affirme Aujourd’hui en France / Le Parisien. Assez isolé, le politologue Jérôme Sainte-Marie , dans une tribune auFigaro , estime, lui, que son « départ est plus une opportunité qu’un danger… François Hollande, nous explique-t-il, fait le pari du dépassement du clivage droite-gauche en vue de 2017. Débarrassé de ce symbole devenu encombrant, il peut donc désormais tenter une transmutation politique pour conquérir le bloc central »

- Bon et maintenant, Christiane Taubira ?

Avec le joli dessin de Catel à la Une de Libération , où on la voit de dos sur son petit vélo et ce titre, L’échappée , le dessinateur Hervé Baudry adresse à la revue de presse de France Inter , le même dessin, doigt d’honneur en plus, on serait tenté de parier sur un avenir dans le Tour de France pour l’ex-ministre. En réalité, même si la gauche du PS se montre prête à l’enrôler, seule info décelée pour l’instant : Le Parisien affirme qu’elle va sortir en mars un livre sur « la loyauté en politique »…Résister, écrivait-elle hier, c’est parfois partir… c’est parfois aussi ne pas se faire oublier…

- Et puis rien à voir, mais un mot sur la fronde, non pas politique mais sociale cette fois que le gouvernement affronte, la mobilisation en cours des agriculteurs ce matin dans le grand Ouest... qui se cache derrière Les Tracteurs, se demande Le Parisien ?

Le journal explique que le mouvement échappe en réalité largement aux syndicats, notamment la FNSEA . Il est aujourd’hui mené par une nébuleuse difficilement contrôlable, des jeunes très endettés, qui vivent aujourd’hui une impasse économique et qui n’ont plus rien à perdre. Il n’y a plus de pilote dans l’avion se désole un syndicaliste. Une colère d’autant plus compliquée à calmer donc pour le gouvernement.

- On termine par le témoignage d’une rescapée du Bataclan :

« Sophie, le rock jusque dans la peau, vient de s’offrir un nouveau tatouage , raconte Cécile Deffontaine dans L’Obs... Un tatouage qui lui ressemble, un petit visage rond, un regard à la Betty Boop , et derrière ce visage angélique, un autre, macabre, des creux sombres pour souligner les cavités oculaires, des lèvres couturées pour figurer le râtelier des dents. Mon tatouage de la reconstruction explique Sophie, qui depuis le 13 novembre dernier, se force à accepter ce corps blessé. Au Bataclan , elle est morte un peu dit-elle, « Ils m’ont dépossédée de mon corps mais aussi de ma personnalité » raconte celle qui a été blessée à la jambe lors de l’attaque, et qui se repasse en boucle ce qu’elle a vécu, « Ce corps mort à ses côtés qu’elle a utilisé pour se protéger, comme un vulgaire sac de sable » dit-elle, mon psy a beau me dire que c’était un instinct de survie, je ne me le pardonnerai pas »…Un corps qui cicatrise, mais la tête c’est plus dur, Sophie a désormais pour compagnes ses boîtes de tranxène et de prozac qu’elle empile comme des légos . Comme Sophie, rappelle opportunément L’Obs à notre mémoire médiatique parfois à éclipses, 387 autres personnes ont été blessées le 13 novembre dernier .

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