Elle s’appelle Clara Da Silva, et elle vient de Gagny – Gagny, c’est en Seine-Saint-Denis. Elle s’appelle Audrey Neveu, et elle vient de Bobigny – Bobigny, c’est en Seine-Saint-Denis. Elles ont 38 ans toutes les deux et viennent d’ouvrir une librairie à Bondy – Bondy, c’est en Seine-Saint-Denis…

Et  cela faisait plusieurs années qu’il n’y avait plus aucune librairie à  Bondy. Au moins sept ans, disent-elles. La ville compte pourtant 54.000 habitants. Pus une seule librairie pour  54.000 habitants, lesquels devaient, dès lors, se rendre au centre  commercial de Rosny-sous-Bois. Les deux jeunes femmes avaient déjà une  expérience en la matière : elles se sont rencontrées à la FNAC Saint-Lazare, où elles s’occupaient du rayon « Savoirs  techniques ». 

L’envie de s’installer à leur compte les démangeait. Bien sûr, ça n’a pas été simple, ainsi qu’elles le confient à l’hebdomadaire GRAZIA. Une banque leur a refusé un prêt, uniquement parce que « Bondy » - non, une librairie ne pouvait pas fonctionner dans ce département-là… Audrey raconte et elle s’agace : « J’en ai marre de l’image d’incultes qui est souvent véhiculée sur les habitants de Seine-Saint-Denis. On lit dans le 93 ! » La  preuve : depuis qu’elles ont ouvert leur librairie le 9 janvier – près de 8.000 ouvrages sur 90 m², un énorme canapé club, des chocolats sur le  comptoir – le lieu ne désemplit pas. Un lieu qu’elles veulent  chaleureux et qu’elles ont nommé « Les 2 GeorgeS », le premier pour George Sand et le deuxième pour George Orwell, précise Clara. Ici, on trouve des romans, de la BD, des polars, des livres de cuisine, et puis des pépites méconnues dont elles affichent des résumés, afin de susciter la curiosité des lecteurs. Et  les lecteurs sont là. Des jeunes, très souvent, qui viennent y acheter  des classiques. On applaudit le projet, le sourire et l’enthousiasme d’Audrey et Clara.

Cela dit, elles se défendent d’être venues « apporter la culture en banlieue ». Non, disent-elles : la culture, elle était déjà là. Et de citer, pêle-mêle, l’antenne de la fac Pierre-et-Marie-Curie, la Maîtrise de Radio France ou encore le BONDY BLOG. Dans le 93, on lit, on étudie, on chante et, même, on mène des enquêtes…
 

Yousra raconte ainsi les échanges avec ses cousines et sa tante qui vivent en Tunisie. Un rituel tous les jeudis soir, ou alors le dimanche matin : elle dit que ça lui permet de pratiquer son arabe. « Moi, mon bled, c’est l’Espagne », explique pour sa part Lucas. Et il évoque WhatsApp comme une grande avancée : « surtout pour la génération de nos parents, dit-il. Avec ça, ils peuvent se donner des nouvelles plus facilement. » L’Espagne également pour Victor. Des photos qui viennent du village. Parfois des recettes de cuisine… « Et je bave devant mon smartphone en voyant leur repas du dimanche… »  Des nouvelles des siens, des nouvelles de son pays : c’est aussi ce que décrit Miguel, dont la famille est au Rwanda. Et Sabrina, c’est à Braga au Portugal, une grande ville près de Porto. Elle échange sur Facebook avec ses  grands-parents. Et elle voit sur leur compte des vidéos de leurs  soirées : une fête avec des amis, des pas de danse, un restaurant.  Ensuite, elle leur en parle et eux lui répondent que maintenant, les réseaux sociaux sont encore bien pires que la police politique de Salazar. Ils rigolent, se racontent, restent donc en contact… Ils partagent leurs joies en même temps que leur ‘saudade’, ce mélange de manque et de mélancolie.

Cela étant, avec les réseaux sociaux, cela peut également tourner à l’addiction. C’est le sujet à la Une de LA DEPECHE ce matin. Photo d’une ado, casque sur les oreilles et smartphone à la main : _« Comment les faire raccrocher »_. Face au danger qu’ils représentent pour la santé des plus jeunes, les  portables doivent-ils leur être interdits ? Les parents sont désemparés,  tandis que les experts s’alarment.

Et d’ailleurs, l’addiction concerne également les plus vieux. Prenez Donald Trump et son addiction à Twitter. Le psychanalyste Michel Schneider dresse son portrait dans LE JDD. « Un psychotique à la Maison Blanche »… Portrait saignant, évidemment. Donald Trump, un homme chez qui le plus inquiétant n’est peut-être pas ce qu’il dit, mais plutôt ce qu’il ne dit pas… Un  homme qui, par ses outrances, exprime ce qu’une partie e l’Amérique  veut dire à l’autre et, surtout, au reste du monde – en l’occurrence : « je vous emmerde ».

D’autres addictions dans la presse.

L’addiction aux médicaments. Diclofénac, Ibuprofène - des anti-inflammatoires. De nombreux footballeurs en seraient totalement dépendants. Passionnante enquête dans SO FOOT. Ces  produits ingérés quotidiennement dans les vestiaires permettent aux  joueurs d’ignorer la douleur, mais ils ne soignent pas les blessures, et  peuvent même dérégler certains organes en cas de consommation abusive. Mauvaise habitude. Habitude à haut risque.

La dépendance aux jeux d’argent. C’est à lire dans LE PARISIEN. Sur les 19 millions de personnes qui sont adeptes des tickets à gratter, 5% seraient accros… L’association SOS Joueurs lance l’alerte sur une addiction qui ne cesse de croître. Et l’on apprend qu’un spray nasal est en fabrication, un spray qui  serait en mesure de faire passer l’envie de gratter. On aimerait bien  tester.

Cela étant, c’est la politique qui fait la Une du journal. Grande photo d’Emmanuel Macron et ce titre : _« Que reste-t-il du clivage droite-gauche ? »_Un  clivage fortement mis à mal par la dernière campagne présidentielle. Le  quotidien l’a constaté en allant mener l’enquête auprès d’électeurs de  droite comme de gauche. Et, à droite comme à gauche, ils se disent  déboussolés.

Au rayon politique, toute la presse revient par ailleurs sur les accusations portées contre Gérald Darmanin. Une femme accuse le ministre des Comptes Publics de viol. Une enquête a  été rouverte. Tous les journaux reviennent aussi sur le Conseil National houleux des Républicains. Le premier depuis l’arrivée de Laurent Wauquiez à la tête du mouvement. Avec des sifflets pour Valérie Pécresse…

Et puis c’est un écran de télévision qui, ce matin, fait la Une du JOURNAL DU DIMANCHE. « France Télévision : la réponse à Macron »  - non pas la réponse « de » Macron », mais bien la réponse « à », et  c’est Delphine Ernotte, la présidente du groupe, qui répond au chef de  l’État. Selon plusieurs témoins, celui-ci avait dit, il y a quelques semaines,  que l’audiovisuel public était « la honte de la République ». Et c’est visiblement France Télé qu’il visait surtout – la gouvernance de l’entreprise. Mais dans l’hebdomadaire, Delphine Ernotte assure qu’il n’y pas de « tensions » entre son groupe et l’État.  Elle évoque simplement « de nouvelles exigences » et elle voit  aujourd’hui la programmation du service public validée par une majorité  des Français. Résultat d’un sondage de l'IFOP publié dans LE JDD.  59% des personnes interrogées s'y déclarent satisfaites des programmes  proposés par les chaînes de télévision publiques. Elles apprécient notamment la  place donnée à l'information et aux programmes pour enfants, mais  regrettent qu'il y ait trop de jeux et pas assez de films, de culture et  de documentaires.

Et puis, pour finir, des oiseaux : « Les oiseaux ne s’entendent plus chanter »… Trop de pollution sonore, nous explique LE PARISIEN. Le bruit des voitures, le bruit des usines… Les  oiseaux n’entendent plus les prédateurs arriver. Dès lors, ils sont  stressés, ils perdent leurs couleurs, ils sont moins séduisants… Et puis à cause du bruit, ils se mettent à chanter plus forts : là  encore, leurs chants sont bien moins séduisants. Ce serait donc  notamment à cause du bruit qu’il y aurait moins d’oiseaux. Ils sont  moins séduisants. Ils font moins de bébés. Faisons moins de bruit : lisons, et écoutons les oiseaux.

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