La réforme des retraites retire aux ouvriers méritants le fruit de leurs efforts, écrit un député LR dans le Figaro. Des centaines de milliers de personnes meurent chaque année dans des hôpitaux indiens, de bactéries qui résistent aux antibiotiques (Le Monde).

Distribution de nourriture à Porte d'Aubervilliers à Paris
Distribution de nourriture à Porte d'Aubervilliers à Paris © Maxppp / Alexis Sciard

On parle de fatigue ce matin...

La fatigue qui saisit des volontaires, des bénévoles, des humanitaires qui se sont investis en France auprès des migrants...

C'est un article de Libération, passionnant, sur ceux qui ont risqué leur paix et leur santé parce qu'ils ne pouvaient pas détourner le regard. Ainsi Isabelle, qui depuis juillet  2016 a hébergé sur le canapé lit de son deux-pièces parisien plus de 55 personnes, parfois deux en même temps, et qui s'y est noyée.

Libération raconte les liens qui se tissent avec ces jeunes en errance qui ressemblent à des vieillards, déjà voûtés par peur d'être rejetés, où logeront-ils si l'on ne fait rien, survivront-ils ? Et plus rien ne compte alors. 

"J'étais si impliquée que je n'avais plus de place pour mon copain, la rupture s'est faite toute seule" dit Isabelle qui un jour a craqué. Elle ne supportait plus son téléphone. 

Elle n’avait qu’une peur, qu’on la sollicite à nouveau, elle s'est réfugié chez une copine et elle a dormi quatorze heures d'affilée...

C'est un bel article sur la distance nécessaire, à la lisière des sentiments et des destins.

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Libération encore raconte une autre hésitation. Celles de footballeurs d’Epinal, club de National 2 qui demain affrontent le grand Lille en Coupe de France... Et ces footballeurs se demandent ce qui les a empêché de passer professionnels, comme ils l'espéraient au sortir de l’adolescence : qu'avaient les autres que je n'ai pas eu, le calme, la volonté ou un hasard, que faut-il pour qu'un destin bascule, faut-il y croire encore ? 

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Dans le Figaro aussi, on me parle des destins qui se scellent dans une tribune cosignée du député LR des Côtes d'Armor Marc le Fur, dirigée contre la réforme des retraites. Elle serait injuste parce qu'elle prend en compte pour le calcul des allocations toute la vie professionnelle du salarié et non plus ses meilleures années. 

Un ouvrier devenu cadre ne touchera plus la même retraite que le cadre de toujours, l’instituteur devenu recteur n’aura plus la même retraite que le recteur ayant débuté agrégé...

Désormais le retraité sera irrémédiablement rattrapé par la façon dont il est entré dans la vie professionnelle. Le mérite qu’il aura acquis ne pèsera plus grand-chose. 

C'est une tribune de droite, celle du mérite, qui s’oppose au pouvoir d'Edouard Philippe et Emmanuel Macron, jadis bons élèves, énarques, qui inventeraient une aristocratie de l’adolescence, cet âge où tout se joue et aussi en football dans les centres de formation.

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Intéressante tribune, à lire avec l'Opinion, qui décrit par le menu la guerre autour de l'ENA dont Emmanuel Macron veut achever le règne...

Peut-on changer de destin ? La Provence me parle de Dylan Robert, 19 ans, qui sortait de prison quand il fut casté pour jouer un petit caïd proxénète amoureux dans un film, « Shéhérazade », en 2018 une révélation cannoise. Dylan Robert, César l'an dernier du meilleur espoir masculin, avait une autre vie, d'autres rôles et puis jeudi dernier, il allait prendre le train à Saint-Charles pour Paris pour aller assister au défilé Saint Laurent, quand il a été arrêté, envoyé devant un juge puis aux Baumettes, soupçonné d'avoir participé au braquage d'un restaurant en octobre 2018, entre Cannes et les Césars...  Le destin était-il tracé ?  

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La peur du coronavirus fait la une de Paris Normandie.

Parce que ça y est, une femme revenue de Chine fiévreuse a été hospitalisée hier à Rouen, on saura aujourd'hui peut-être la nature de sa fièvre mais en attendant, on s'inquiète... Mais d’autres prospèrent. Le Courrier de l'ouest me l'apprend la maison Kolmi qui fabrique des masques chirurgicaux boulevard de la Chanterie à Saint-Barthélemy-d’Anjou a reçu du monde entier, en une semaine, des demandes pour plus de 300 millions de masques. Deux fois sa production annuelle.

Une peur fait-elle oublier les autres. Le même Courrier de l'ouest me dit que dimanche à Angers, un homme a foncé dans la foule en voiture sans tuer personne puis s'est caché dans un talus, avec des couteaux, un livre de prière et un chapelet. Il voulait que les policiers l'abattent parce que, lit-on, sa religion, l'Islam, s'oppose au suicide, et son équipée était une manière de mourir. Nos pensées divaguent-elles sur cette histoire ?

Je lis dans le Monde la vie et la plaidoirie d'un homme, Amine Z, qui est assigné à résidence chez lui à Drancy, soupçonné de terrorisme par un dossier des services secrets, pour avoir pris des cours de boxe dans une salle tenue par un recruteur du djihad... Lui dit qu'il n'est qu'un voyou; il ne peut pas travailler, ses voisins le redoutent, qu'en pensons-nous ? 

Et que valent ces peurs en comparaison d'un lent massacre à l'oeuvre en Inde... Chaque année, des centaines de milliers de personnes meurent dans les hôpitaux du pays, tuées par des bactéries devenues plus fortes que les antibiotiques.

C'est dans le Monde, un voyage dans l’Inde aux 75 000 hôpitaux où trop souvent l'hygiène fait défaut, où les antibiotiques sont utilisés comme une routine, et à force l'hôpital est un risque et un pays s’empoisonne : une enzyme qui confère aux bactéries l'immunité quasi-absolue a été baptisée d'une ville indienne : NEW DEHLI METALLO BETA LACTAMASE.

On la trouve dans l'eau du Gange et les robinets de Dehli. Des médecins se battent pourtant, c'est la note d'espoir.  

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Et il y a pourtant de l'espérance dans les journaux...

Et de la reconnaissance. C’est dans l’Eveil de la Haute-Loire, le cri de gratitude pour une ville de Michel Blum, qui fut un enfant parmi plusieurs centaines de juifs réfugiés pendant l'occupation au Puy-en-Velay, et qui y coulèrent des jours meilleurs qu’ailleurs. 

Je lis des espérances plus modestes à l'échelle de nos vies rassurées. Une femme Nezha Ismaili, a crée un club de lecture à la Paillade à Montpellier, c’est dans Midi Libre. Comme le dynamisme du biterrois Tony Picarel qui est devenu ceinture noire de Taekwondo samedi 11 janvier à l'âge de 80 ans.

La Voix du Nord, elle me dit tout des légendes du tag à Lille, que chacun déteste, salissant le tag, mais qui pour ses adeptes est une épopée. Je sais désormais que Eface (un seul f !) est un champion qui a tagué deux fois l'Apple store et que jadis Sleek fut une légende, qui taguait une carte de Lille à la main pour être certain de laisser sa marque dans chaque rue de la ville. Les tagueurs ont la beauté du geste dit le journal, qui me dit aussi qu’il est dangereux de taguer à l’acide

EXCUSES. Dans un lapsus qui me sidère, j'ai parlé à l'antenne de "centaines de millions de morts" liées aux bactéries résistant aux antibiotiques dans les hôpitaux indiens, quand je pensais "centaines de milliers"... Pardon aux auditeurs pour cette bourde. C.A.

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