L'Humanité pétitionne pour envoyer Ambroise Croizat au Panthéon. L'Est républicain raconte le Jacky, touriste devenu SDF en Guyane et sauvé par une cagnotte. Xavier Gore et ses pingouins retrouvent du boulot dans l'Express, drôlement, contre les gourous-escrocs. Les vaccins du 93 échappent à ses habitants, le Parisien.

On parle d'un bonbon...   

Une bille de chewing-gum recouverte de couches sucrées et colorées, pour atteindre le diamètre de 2,2 centimètre, on en vend 15 millions chaque année en France, mais au mois d'aout dernier, à Vitry-le-François, une de ces boules magiques s'est coincée dans la gorge de Célia qui avait douze ans, lors d'un pique-nique familial, le sucre et la salive ont collé la boule que Célia n'avait pas croquée et la petite fille est morte, et depuis l'on voit dans l'Union et dans l'Ardennais ses parents se battre après elle; Angélique et Bruno Cortot font la une ce matin pour une petite victoire, la société Brabo France, qui commercialise les boules magiques accepte d'apposer une message d'avertissement sur ses paquets, et envisage de revoir la recette de la friandise pour qu'elle soit plus friable, mais on n'envisage pas de réduire la taille du bonbon, plus petit, il ferait courir aux enfants le risque d'une fausse route dans les voies respiratoires...  

On lit cela dans l'Union quand cette semaine, relisez en ligne Sud-Ouest et le Parisien, on entendait au tribunal de Dax la plainte d'autres parents contre la société Herta dont un des knackis avait étouffé le petit garçon, ils ne savaient pas qu'il faut découper les saucisses dans le sens de la longueur, pas seulement en morceau, le parquet a réclamé un non-lieu...   

Mais il ne faut pas lire l'Union seulement pour l'émotion ou la peur... Le journal éclaire aussi un enjeu politique, comment l'on se fait entendre. Il y a une communication efficace de la douleur. Les parents de Celia avaient mis en ligne une pétition sur le site change.org, ils y réclamaient l'interdiction des boules magiques. Les animateurs de la plateforme les ont contacté, ils leur ont dit que leur revendication était trop radicale, ça ne passerait jamais, et c'est donc une pétition réécrite, constructive, qui a touché directeur commercial de Brabo France, qui a fait preuve lis je de compassion. Mme Corti, la mère de Celia, dit ceci dans l'Union. "J'ai de la peine pour ce Monsieur qui me dit que son chiffre d'affaire baisse, mais moi aussi j'ai mal."  Il lui a dit cela, à la maman.  

On pétitionne aussi dans l'Humanité ce matin, pour qu'un homme politique de jadis entre au Panthéon, il s'appelait Ambroize Croizat, il était le ministre du travail des gouvernements De Gaulle Gouin Bidault et Ramadier, qui entre 1945 et 1946 instaurèrent et mirent en place la sécurité sociale, et il était une grande figure du Parti communiste, un savoyard né il y a 120 ans aujourd'hui, qui enfant avait vu son père licencié pour s'être syndiqué et qui ensuite avait connu tous les combats du PC, un million de personnes l'avaient accompagné à sa mort au Père-Lachaise en 1951, puis Croizat était sorti du paysage, un documentaire militant, la Sociale, en a refait un personnage référent des gauches insoumises et communistes, avec lui le PC centenaire, dans son journal, se rappelle à la mémoire du pays...   

Dans Libération, on entend d'autres voix ouvrières, celles des retraités des mines de Moselle qui poursuivent leur ancien employeur pour faire reconnaitre un préjudice d'anxiété, car ils savent, Calogero Jean-Luc ou Mohamed, qu'ils ont été exposés aux poussières à l'amiante aux détergent aux poisons, ils mourront possiblement plus tôt que leur âge, la cour d'appel de Douai dira vendredi ce que l'on doit à cette mémoire.  

On parle aussi d'un rescapé...  

Il est dans l'Est Républicain, cet homme que nul n'entendait plus quand il dormait dans les rues de Cayenne en Guyane, devant la gendarmerie où l'avaient invité des pandores compatissants qui lui apportaient le petit déjeuner, après que des voyous l'aient laissé pantelant, ensanglanté, il s'appelle Jacky, 70 ans de Belfort, il aime les voyages, il était parti l'an dernier au Brésil et avait fait un crochet en Guyane où habitait un ami, et puis là catastrophe, la Covid, l'ami s'en va, un billet d'avion annulé et qu'on ne lui rembourse pas, Jacky est devenu SDF et glissait dans le silence et l'oubli jusqu'à sa rencontre avec Félix, un étudiant mulhousien globe-trotter, qui le fait parler et lui a payé son billet d'avion pour retourner chez lui grâce à une cagnotte en ligne (Leetchi, 57 participants, 1290 euros), l'Est Républicain qui a suivi l'histoire la conclut ce matin, avec un Jacky encore secoué sous la neige à Belfort mais chez lui, rasé, qui dit que l'homme est bon et qui veut repartir... 

L'homme n'est pas toujours bon et parfois la chance ne vient pas. Dans le Dauphiné et dans un long papier de Politis, vous retrouverez un incendie qui il y a deux ans, janvier 2019, endeuilla Courchevel, cette station de ski chic, où des travailleurs saisonniers étaient logés dans un hôtel désaffecté, l'Isba vétuste et dangereux, où un être méchant, un dealer en mal de vengeance, a mis le feu; deux personnes sont mortes, et Ambre a perdu son corps joyeux en se se jetant par la fenêtre;  elle nettoyait les saletés des suites de luxe pour financer ses envies de voyage...  

Dans Society, c'est un autre incendie qui vous prendra à la gorge, celui d'un immeuble de la rue Myrha, dans le 18e arrondissement de Paris, en 2015, l'affaire a été jugée l'automne dernier, il ne s'agit pas ici d'injustice sociale, mais du déséquilibre d'un jeune homme adepte hors la vie d'un dessin animé, nommé My litte pony, qui vivait dans un univers de poneys colorés, d'amis imaginaires et d'enfermement, il avait déposé une allumette sur une poussette pour ensuite appeler les pompiers afin qu'ils viennent et ne soit plus seul, huit personnes sont mortes, que fait-on du mal a demandé au procès la sœur d'une des victimes.   

Et on parle enfin de dessins... 

Signé d'un homme dont a beaucoup parlé, Xavier Gorce, qui a quitté le Monde pour un crobar mal compris ou scandaleux sur l'inceste et les transgenre, on le retrouve avec ses pingouins sur la couverture et dans l'Express, illustrant un dossier copieux et dérangeant aussi sur les escroqueries mentales les gourous les supercheries de l'âme qui prospèrent et singulièrement en temps de maladie. L'Express -cela peut faire polémique, accuse la presse féminine trop sensible à la thématique des médecines alternatives, d'instiller le doute et le charlatanisme, on a pu lire dans un périodique que des huiles essentielles pouvaient être efficace dans la pandémie. Gorce lui est simplement drôle, il croque un charlatan dont un adepte est couché sur la banquise un légume sur le ventre. "Laissez l'énergie alpha du poireau pénétrer et renforcer vos zones beta crypto sensorielles". C'est noté.    

Dans le monde réel, vous apprendrez dans le Parisien que des habitants du Val d'Oise ou de Paris viennent, contre la pénurie, se faire vacciner contre la Covid en Seine Saint Denis, département pauvre, qui subit des inégalités et notamment numérique, et dont les habitants ne représentent qu'un tiers des vaccinés...  Cela ne vous lâche jamais.

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