Oui, "quand on prend le micro, en principe c’est pour dire quelque chose d’intelligent. Enfin, mettez-vous à ma place… J’ai le cœur qui bat, des papillons dans l’estomac… Vous vous rendez compte : j’attends ça depuis 47 ans… Alors je dis aux jeunes : voyez, hein… Ca vaut le coup d’attendre". Et là, vous vous dites : mais qu’est-ce qu’il dit ? Oh, c’est tout simple : je cite, mot pour mot, les paroles humbles de Youssef Chahine, quand il reçut le prix du 50ème anniversaire du Festival de Cannes, il y a 11 ans. Ce grand cinéaste est mort hier… Ses obsèques auront lieu aujourd’hui même à Alexandrie. "Mort d’un Alexandrin"… Hommage dans la presse ce matin…. Et c’est Le Figaro qui nous rappelle à quel point il était une figure mythique du cinéma arabe, lui le pourfendeur des abus de pouvoir et du fanatisme religieux, lui qui, dans son cinéma d’auteur, employait la première personne, rendant son engagement parfaitement explicite. "Jo, pour les intimes, l’éternel révolté qui avait placé l’Egypte sur la carte de la cinéphilie mondiale, incarnait tout ce qu’on aime, à l’écran comme dans la vie", reprend L'Humanité, qui, juste après cette phrase, nous rappelle que l’artiste avait des convictions… marxistes. La Croix salue l’artiste également… "Le chantre d’une Egypte libre… Une énergie joyeuse contre le fanatisme"… Alors que Libération scanne l’homme Chahine… "Agaçant ou attendrissant, il était connu pour ses colères et son franc-parler", nous raconte le quotidien… En tout cas, dans tous les journaux aujourd’hui, le mot qui revient le plus souvent, le mot qui définit le cinéaste, c’est bel et bien "audace"… Chahine qui disait : "Les jeune cinéastes égyptiens ont pris ma folie… Je crois avoir éliminé en eux la peur de la peur". Oui, avec deux entrées, dans La Croix et dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, avec une secrétaire d'Etat pour chacun... Nadine Morano, Famille... Qui propose d'augmenter le nombre d'enfants adoptables en France. Il faut savoir, par exemple, qu'en 2006, moins de la moitié des 2.300 pupilles de l'Etat que compte la France ont été adoptés. Et dans Le Parisien, c'est Rama Yade, Droits de l'homme et Affaires étrangères, qui dévoile le projet de réforme de l'adoption, et cette fois à l'étranger... Un plan dont l'élément le plus novateur est sans conteste le recrutement de Peace Corps... Autrement dit, des volontaires chargés de faciliter les démarches dans les 74 pays où l'on peut adopter. Chacun sait, en effet, et d'autres mieux que personne... Les candidats à l'adoption en premier lieu... A quel point il s'agit d'un parcours du combattant... Alors le concours de tous ces jeunes de l'Association des volontaires du progrès, qui travaille sur le terrain depuis 45 ans, s'annonce évidemment très précieux. D'ailleurs, "Peace Corps", ça devient le mot du jour... Et puisqu'on va l'employer souvent maintenant... Puisqu'il a des chances de devenir tendance, soyez branchés, et sachez que l'expression remonte à l'année 1961... C'est John Kennedy qui avait créé ces "Corps de la paix"... Il s'agissait de volontaires servant à l'étranger pour des missions humanitaires d'une durée de 27 mois. Devenue agence américaine, elle existe toujours, mais comme elle avait été lancée en pleine Guerre Froide, ses représentants ont été parfois accueillis froidement dans certains pays, qui considéraient ces Corps de la Paix comme un outil de propagande américaine... Mais c'est une autre histoire. Revenons à nos ministres et secrétaires d'Etat... Qui vont se retrouver aujourd'hui car, en cette fin de mois de juillet, le lundi porte Conseil, figurez-vous. Oui, aujourd'hui c'est Conseil des Ministres... Et ce n'est pas mercredi comme d'habitude, parce que nous ne sommes pas comme d'habitude... Vous avez remarqué que les villes se vident... Qu'il fait plutôt chaud... Tout ça, ça s'appelle l'été, et plus si affinités, autrement dit "vacances". Et des ministres, ça part en vacances (on va y revenir). Mais ça ne part pas tant que le travail n'est pas terminé... Et c'est donc aujourd'hui qu'on termine avec un Conseil qui abordera notamment les projets de loi sur l'outre-mer, le logement et la prison, avec cette question, que la France se pose depuis des années sans trouver de réponse satisfaisante : la question de la surpopulation carcérale qui détourne la détention de sa vocation unique qu'est la privation de liberté... Un fléau qui rend notre univers carcéral pas tout à fait digne d'une démocratie qui se respecte... Combien de fois l'Europe a-t-elle rappelé la France à l'ordre sur ce point... Alors Rachida Dati propose de développer des alternatives à l'emprisonnement... C'est l'objectif-phare... D'ailleurs, écrit Hervé Chabaud dans L'Union : "comment pourrait-elle s'opposer au développement du bracelet électronique avec assignation à domicile pour des courtes peines ?... Nul doute que, sur ce projet, la Garde des Sceaux, conclut Chabaud, la Garde des Sceaux sera sous haute surveillance". Et pendant ce temps, "Nicolas Sarkozy prépare déjà la rentrée", affirme Le Figaro... Et vous le verrez, "il se posera plus que jamais en chef de la majorité", ajoute Bruno Jeudy. Ah il en a, du pain sur la planche !... Déficit public, mise en oeuvre du Grenelle de l'Environnement, réforme du lycée, mise en chantier du Grand Paris, présidence française de l'Union européenne... Et si, en plus, Nicolas Sarkozy réformait le PS ?... Je ne sais pas ce que Pierre Moscovici en pense, mais c'est une idée de Paul-Henri du Limbert, dans Le Figaro, qui estime qu'avec toutes les réformes engagées par le chef de l'Etat, le PS est coincé. C'est simple, sous la plume de notre confrère du Figaro : "si les socialistes veulent remettre en cause tout ce qui a été fait depuis plus d'un an, ils ne feront subir à la France que des marches arrière, parce que (sous la même plume), on considère que tout ce qui a été fait est irréversible, et qu'au bout du compte, les socialistes seront obligés de s'adapter... Alors peut-être dira-t-on un jour que l'une des réformes majeures menées par Nicolas Sarkozy, c'est la réforme du Parti Socialiste". Bon. C'est une façon de voir les choses... Mais il faut bien avouer qu'à trois mois du Congrès de Reims, et après le traumatisme électoral de 2007, les socialistes, quoi qu'ils en disent, sont encore un peu groggy... Sentiment qu'on retrouve chez les jeunes du PS, qui se rebellent dans Libération, qui leur consacre une double page, où l'on peut lire, comme ça, mis bout à bout, une série de réflexions qui claquent un peu comme des claques. C'est Rose, étudiante, qui dit : "On devrait exclure Jack Lang"... C'est Vincent, étudiant, qui se lamente : "Notre rapport au pouvoir date un peu", dit-il... C'est encore Marie-Lise, professeur, qui se désole : "Que voulez-vous : on ne s'écoute pas, on est dans le flou au PS"... Et c'est Julien, étudiant, qui avertit : "Le Congrès de Reims sera le Congrès de la dernière chance". Ca, c'est dans trois mois... Pour l'instant, vacances... Et la presse fleure bon l'été, aujourd'hui... Puisqu'on nous parle du Tour de France et des congés de ceux qui nous gouvernent. Donc ils partent. Avec ce principe cardinal : les plus connus devraient savourer les plaisirs de l'ombre, et les moins connus, eux, profitent de l'été pour se montrer. Evidemment, il y a aussi ceux qui sont très connus et qui se montrent quand même. On verra. En attendant, on apprend, dans France-Soir et dans Le Parisien, sous quelles latitudes tout ce beau monde va partir. Je ne vous donne pas la liste : elle est trop longue. Disons qu'il y a des ministres un peu à l'ouest dans ce gouvernement, comme Christine Boutin qui part au Croizic, Michel Barnier à l'Ile d'Yeu, Dominique Bussereau sur la côte charentaise... Chez lui... Ou alors Yves Jégo qui va au Cap-Ferret, ou Christine Albanel sur la côte basque... Finalement, je suis en train de vous la donner, la liste... Tout le reste, vous le trouverez par le menu, donc sur la carte... De France... Et d'ailleurs, puisque François Fillon part en Italie par exemple. Quant à Nicolas Sarkozy, ça va être un petit peu Brégançon et beaucoup Cap-Nègre, à côté... C'est la maison de famille de Carla Bruni... "Dolce vita avec Carlita", comme le titre France-Soir. Et bon an mal an, "en dépit de l'EPO et de ses relents, le Tour continue à répandre, de villages en hameaux, de scènes de fenaison en parties de pêche... Il répand effectivement d'éternels parfums de vacances... Et c'est pour ça qu'on aime encore cet anachronique divertissement populaire", écrit Didier Pobel dans Le Dauphine Libéré. Et c'est bien sûr l'heure de gloire, aujourd'hui dans la presse, pour Carlos Sastre... Vous le verrez en Une de L'Equipe, triomphant, comme il se doit, à l'issue d'un Tour de France dont il ressort cette étrange conclusion, largement répandue au fil des pages, selon laquelle bien sûr, il y a eu du dopage au début, mais bon, ça s'est arrangé après... Si bien qu'"une certaine magie revient peu à peu", se félicite L'Humanité, tout comme La Croix, qui parle "d'espoir"... Optimisme que ne partage pas Libération, avec ce titre qui casse l'ambiance : "Encore un Tour positif"... Oui, Libé qui se souvient que la 95ème édition a quand même épinglé quatre coureurs pour dopage. Alors, histoire de ne pas avoir l'esprit chagrin, terminons avec ce satisfecit d'Hervé Cannet, dans La Nouvelle République du Centre-Ouest... Qui remarque que "le grand plaisir annuel procuré par le Tour est désormais esthétique". Hervé Cannet parle de ces images vues à la télé, prises d'en haut, qui constituent, écrit-il, "le plus beau des dépliants touristiques"... "Dieu que la France est belle vue depuis l'hélico du service public !" Et c'est vrai que le service public a plus d'un tour dans son sac.

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