(Nicolas Demorand : « Eric Woerth à la Une, ce matin »)... En ce moment, c'est tous les jours "tempête dans les rangs du gouvernement", écrit Marie-Louise Roubaud dans La Dépêche du Midi. C'est donc au tour d'Eric Woerth d'être "sur le gril", comme le titre Libération. La question est toujours la même : en tant que ministre du Budget et trésorier de l'UMP, a-t-il accordé un traitement de faveur à la contribuable Liliane Bettencourt, plus grande fortune de France, et qui faisait à l'occasion des chèques de soutien à l'UMP ? La ligne de défense du ministre est à la Une du Figaro : "Eric Woerth contre-attaque"... "Je suis une cible politique. Je n'ai jamais déclenché ni empêché un contrôle fiscal. Il n'y a aucun conflit d'intérêts entre mes anciennes fonctions de ministre du Budget et celles de trésorier de l'UMP". Dont acte. Et, au passage, "la présomption d'innocence doit aussi s'appliquer aux hommes politiques", rappelle Fabrice Rousselot dans Libération. Mais son édito est tout de même titré "Malaise". Car il reste une série de questions. En substance, ce sont les mêmes dans Libération et sur le site Médiapart, qui a lancé cette affaire... Jusqu'à présent, Eric Woerth certifiait n'avoir aucune information sur une quelconque évasion fiscale dans les finances de Mme Bettencourt. Vendredi, patatras : le Parquet de Nanterre affirmait avoir alerté l'administration fiscale en janvier 2009 sur le cas de l'héritière de L'Oréal. La ligne de défense a donc changé. "Le ministre, écrit Médiapart, doit désormais convaincre qu'il n'a jamais bloqué d'enquête fiscale". Ce qui est différent. Deuxième point : il reconnaît maintenant que c'est sous son autorité qu'a été lancé un contrôle fiscal sur François-Marie Banier, le protégé de Liliane Bettencourt. Or, les deux dossiers sont liés. "Dès lors, écrit Fabrice Rousselot dans Libé, pourquoi contrôler François-Marie Banier et pas la milliardaire ?". Finalement, sous la pression de la presse, les comptes de l'héritière de L'Oréal vont être épluchés eux aussi. "Cela sonne, pour le moins, comme un aveu de négligence", pour Libération. Médiapart ajoute une question (on en revient aux chèques que signait Mme Bettencourt) : à quel titre Eric Woerth (qui n'était pas candidat aux Régionales) a-t-il bénéficié d'un chèque dont le montant demeure imprécis ? "Eric Woerth sur le gril"... "sous contrôle", pour Sud-Ouest... "fragilisé", pour La Dépêche du Midi... "Dans ce qui prend l'allure d'une chasse à l'homme, commente Bruno Dive dans Sud-Ouest, il ne faut pas négliger la concurrence effrénée à laquelle se livrent certains médias... ni l'intérêt que d'autres pourraient trouver à abattre celui qui pilote encore la réforme des retraites. Mais, poursuit Bruno Dive, il faut bien dire que, de coïncidences troublantes en démentis que viennent aussitôt démolir de nouvelles révélations, la position du ministre devient très inconfortable". (ND : « Au-delà du cas d'Eric Woerth, l'attitude de beaucoup de ministres est dénoncée dans la presse »)... Dans La Montagne, Daniel Ruiz dresse un drôle d'"inventaire de travers"... On y trouve une vieille dame trop riche et ses rêves fanés de starlette (Liliane Bettencourt), une mère-la-morale prise la main dans la confiture (ça, c'est Christine Boutin), un radin fumeur de cigares (Christian Blanc), un secrétaire d'Etat à la Coopération qui se croit tout permis (Alain Joyandet)... Tout cela, sur fond de crise et de rigueur. En résumé, on se goberge en haut pendant qu'on souffre en bas. Bonjour la République exemplaire promise par Nicolas Sarkozy ! Parole à l'historien Jean Garrigues, dans La Dépêche du Midi... "Il y a aujourd'hui un rejet de l'argent qui n'existait pas dans les années 80. L'affaire Woerth est symptomatique d'une double aspiration à la transparence et à l'intégrité des détenteurs du pouvoir, et d'une méfiance envers le monde de l'argent. On est dans un processus qui tend vers un modèle scandinave ou anglo-saxon. Dans une démocratie scandinave, Eric Woerth aurait certainement quitté son poste". Le gouvernement et l'Elysée ont-ils entendu cette colère monter ? Eléments de réponse à la Une de La Tribune... Le chef de l'Etat va annoncer des mesures pour moraliser les pratiques gouvernementales et tailler dans les dépenses des cabinets ministériels. Les serviteurs de l'Etat doivent être exemplaires. Est-ce qu'ils méritent une prime quand ils travaillent bien ? C'est le dossier du jour dans Le Parisien-Aujourd'hui… Depuis la fin de l'année dernière, en toute discrétion, les préfets et sous-préfets touchent des primes en fonction de leurs résultats. On leur a fixé des objectifs à atteindre, en termes de sécurité publique, routière ou d'emploi. Les meilleurs élèves peuvent toucher 66.000 € de prime. Dans Le Parisien, un policier dénonce une dérive possible : que les préfets mettent la pression pour obtenir une baisse artificielle du chiffre de la délinquance. Il dit encore que les primes sont attribuées dans le plus grand secret. Ranson, le dessinateur du quotidien, croque ce matin un préfet... Il présente sa casquette au Président de la République, qui y glisse un billet : "Tenez, mon brave : ça paiera vos cigares". (ND : « 8h30... suite de la revue de presse... Quand la drogue devient une arme de guerre »)... L'histoire se passe entre Israël et l'Egypte. Elle est racontée dans le dernier numéro de la revue XXI. C'est une histoire qui n'est jamais vraiment sortie dans la presse : elle a toujours été l'objet de la censure militaire en Israël... De 1959 au milieu des années 80 (bien après les accords de Camp David donc), Israël a tenté d'inonder l'Egypte de drogue pour rendre accros les Egyptiens et affaiblir son armée. C'est "l'opération Toto". L'une des unités d'espions les plus prestigieuses de l'Etat hébreu, l'unité 504, était chargée de sa mise en oeuvre. A l'époque, elle avait été approuvée par le Premier ministre lui-même, David Ben Gourion. Les participants avaient été convoqués dans un endroit inconnu, au centre d'Israël. On leur avait demandé d'accepter une mission supérieure sans en connaître le contenu. Les routes empruntées pour le trafic étaient très variées, les sommes et les quantités de drogue impressionnantes. Un participant à l'opération Toto se souvient d'avoir voyagé avec plus d'un million de dollars en liquide pour les remettre à un cultivateur libanais. Les agents avaient tellement de drogue sur eux que, lorsqu'ils rencontraient les trafiquants pour négocier, il arrivait qu'on entretienne les feux de camp avec des ballots de haschich de plusieurs milliers de dollars. Un espion raconte que lorsqu'il rentrait chez lui, il se faisait engueuler par sa femme à cause de l'odeur tenace de drogue sur ses vêtements. Tout cela a été gardé secret. Et les agents qui risquaient de parler, on les a fait taire de manière impitoyable. XXI raconte le cas d'un officier qui manifestait un comportement étrange à la fin des années 70 : il a terminé dans un asile de fous. L'enquête de XXI est signée Benny Lévy. En marge de l'article, le rédacteur en chef Patrick de Saint-Exupéry souligne que ceux qui ont parlé aux journalistes risquent toujours l'emprisonnement. Le débat entre exigence de sécurité et nécessité de démocratie est loin d'être clos en Israël. (ND : « Et le pays dont Israël redoute le plus l'action pour sa sécurité, c'est l'Iran »)... Petit rappel de géographie... Au nord de l'Iran, sur les bords de la mer Caspienne, il y a l'Azerbaïdjan. Et si le terrain de guerre entre Israël et l'Iran, il était là ? C'est un article plein de bruits de bottes sur le site Slate.fr : "Américains, Israéliens et Iraniens se font face à la frontière de l'Azerbaïdjan". C'est la conséquence du coup de froid entre Turquie et Israël. Le gouvernement de Tel Aviv a cherché un autre allié dans la région. Et il s'est rapproché de l'Azerbaïdjan. La frontière avec l'Iran s'étend sur 560 km. Des avions militaires de l'Etat juif s'entraînent dans l'espace aérien. Des conseillers techniques militaires sont dans la zone. Plus encore, cet ancien satellite de l'Union Soviétique est désormais sous influence occidentale : des bases de l'OTAN y ont été installées, des troupes spéciales américaines également. Côté iranien, des chars, de l'artillerie, des unités anti-aériennes et d'infanterie ont été vus se dirigeant vers le nord. Sur Slate.fr, Jacques Benillouche se dit qu'il est possible que cette démonstration militaire préfigure de véritables discussions, maintenant que chacun a montré ses muscles. Et il conclut : "Ce serait la meilleure hypothèse". (ND : « Allez, pour finir, une histoire de couillons »)... C'est sur Rue89... C'était hier, en Argentine, le Jour national des Couillons. Un site Internet y était dédié : 30.000 adhésions. Un couillon avouait qu'il avait payé ses impôts à l'heure, juste avant un moratoire… un autre, qu'il avait déposé des dollars à la banque et qu'on lui avait rendu des pesos… un troisième, qu'il avait crié, lors d'une manifestation vers l'an 2000, "que tous les politiques s'en aillent !", alors qu'ils sont toujours là... C'est une façon d'exprimer un ras-le-bol à l'égard du système politique. Dans l'appel, qui résume l'esprit de cette manifestation, on peut notamment lire : "Nous sommes une nation de couillons : des millions de rêveurs qui aspirent à une société équitable. Mais les petits malins nous démontrent chaque jour que croire aux promesses ou agir dans le cadre des lois est une stupidité". Toute ressemblance avec la France, etc. etc... La différence, c'est que, même en période de crise, les Argentins ne manquent pas d'humour. "Comment se suicident les Argentins ?", demande une blague locale. Réponse : "En tombant de leur ego". Toute ressemblance avec la France, etc. etc... Bonne journée...

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