Comment aménager espaces publics pour les femmes? Pas de problème pour l'Assemblée, c'est toujours un homme au perchoir. PMA? on recommence le combat

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence par une interrogation ce matin hélène

Comment mieux accueillir les femmes dans l’espace public ? Des événements récents, notamment dans le quartier parisien de la Chapelle Pajol ont remis en lumière la question de la place et de la sécurité des femmes dans les villes. En réalité, nous apprend un article de Feriel Alouti à consulter sur le site du Monde, cela fait déjà quelques années que des chercheurs, des géographes, des urbanistes et des élus réfléchissent à la manière d’aménager l’espace pour que les femmes s’y sentent plus à l’aise, au-delà de la question de la sécurité. Réflexions, expérimentations qui relèvent du casse-tête. Exemple, comment faire en sorte que les femmes utilisent les équipements sportifs mis à disposition dans les villes ? les skates parks par exemple sont vécus comme réservés aux garçons…pour que les filles les investissent, la commune de Malmo en Suède a décidé de leur consacrer cet espace un jour par semaine. Ce veut dire qu’il faut en passer par la non-mixité ? Ca dépend, mais pourquoi pas disent certains chercheurs, qui ont constaté que quand la pratique devenait aussi féminine, les filles finissaient par se mélanger aux garçons. Un mal pour un bien donc. La question de l’aménagement des squares et des places publiques commence également à être intégrée dans les plans de rénovation, malgré quelques réticences de la part des élus quand il s’agit de poser les politiques publiques en terme de « genre ». Il faut partir des usages plaident les urbanistes. A la villette par exemple, » il y a des terrasses où les filles aiment se poser car elles voient à la fois qui arrive, et en même temps, elles sont en retrait ce qui leur permet de rester entre elles » ; il faut éviter les impasses, les recoins mal éclairés, mais à trop vouloir sécuriser, on fait fuir aussi les femmes et les jeunes filles, qui ne trouvent plus alors d’espace où se mettre à l’abri du regard des autres, et notamment de leurs familles. Questions sur la problématique du genre dans l’espace public. Passionnant car rien n’est simple, rien n’est binaire et tout le monde est appelé à réfléchir

Et puis retour ce matin dans la presse sur la première séance de l’assemblée nationale hier et l’élection de son président

Bon là, pas besoin de designer pour re-configurer le perchoir. Qui échoit de nouveau, et comme d’habitude à un homme, vous François de Rugy. Tweet amusant hier du Figaro, dont ce n’est pas la spécialité, à l’annonce de votre élection « Félicitations à François de Rugy, première femme à présider

l’assemblée », la version papier ce matin est beaucoup plus classique ! En effet, malgré les attentes voire les promesses, les hommes se sont arrogés une fois encore les postes clef de l’assemblée, la présidence et toutes les présidences de groupes. Un petit espoir quand même, tweeté hier par une femme ironique « heureusement, il reste les commissions pour les femmes ! »

Alors, je ne sais pas si vous avez eu le temps de lire la presse ce matin, François de Rugy, mais je ne vous cache pas qu’elle est assez sévère à votre endroit, voire carrément violente : Michel Soudais sur le site de Politis titre « un parjure à l’assemblée nationale », il ne vous dénie pas « quelques connaissances du fonctionnement de la maison, mais juge pour le moins paradoxal écrit il, qu’au moment où le gouvernement et sa majorité ambitionnent de rétablir par loi la confiance dans notre vie démocratique, ces derniers aient choisi pour occuper le perchoir un politicien déloyal », c’est votre «traitrise » à n’avoir pas soutenu le vainqueur des primaires socialistes qui est là mise en cause. Libération vous place dans la case « écolo pragmatique qui a écumé les chapelles », la Parisien souligne la « sinuosité » de votre parcours politique, l’Humanité titre « François de Rugy renouvelle l’opportunisme », Alain Dusart dans L'Est Républicain vous qualifie de « navigateur hors pair, passé de Génération Écologie à En Marche, via la case des primaires socialistes avec votre score minuscule. « François de Rugy, écrit-il, révèle ici un art rare de faire fructifier des miettes pour se tailler la part du lion et devenir le quatrième personnage de l'État. "Ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent", nous disait le Franc-Comtois Edgar Faure" rappelle l’éditorialiste

Ce matin, c’est à l’Elysée que ça se passe…

Le conseil des ministres doit adopter le projet de loi habilitant le gouvernement à réformer le code du travail par ordonnances. A lire ce matin dans le Parisien, l’interview de François Hommeril, président de la CFE-CGC qui semble se rapprocher plus de la CGT que de la CFDT…. le gouvernement dit il, est dans une « séquence de chouchoutage », il nous a dit « ne vous inquiétez pas du projet de loi d’aujourd’hui, y des choses qui vous font peur mais on ne prendra pas tout, on est obligé de mettre les choses les plus terribles car après on ne pourra les rajouter » « On fait confiance mais on devient un peu nerveux » lâche François Hommeril, « on nous balade » dit il encore « car en réalité, l’écriture des ordonnances a commencé alors qu’on est censé être en négociation ». « on tente de peser, mais le jour où ça sera fini, nous prendrons nos responsabilités » menace-t-il. Et puis à lire également, sur le fond, l’article d’Emmanuel Réju dans la Croix, qui tente de répondre à l’une des questions soulevées par la réforme, sur l’assouplissement des licenciements dans le but de lever les freins à l’embauche :« impossible de licencier vraiment ? ». Témoignages, code actuel du travail à l’appui et statistiques montrent qu’en réalité, le risque encouru par les entreprises qui licencient semble surestimé, d’ailleurs les licenciements pour motifs économiques sont très peu contestés, pas plus de 3% des dossiers aux prud’hommes. Rappel également de l’étude de l’insee parue la semaine dernière qui montrait que pour les 10 000 patrons interrogés, les risques juridiques associés au licenciement n’apparaissent qu’en 4ème position pour expliquer leur réticence à embaucher.

Bon, réforme du code du travail, il devrait cependant y avoir. Dans un contexte un peu délicat pour la ministre en charge du dossier Muriel Pénicaud. Libération fait ce matin Une sur « L’affaire Las vegas, Macron/pénicaud ». Le quotidien révèle que le cabinet d’Emmanuel Macron alors ministre de l’économie aurait été impliqué un peu plus qu’il ne le dit dans l’organisation de la fameuse soirée en janvier 2016 à la gloire des start-up françaises à Las Vegas aussi bien qu’à la sienne. Quant à Muriel Pénicaud, qui dirigeait alors Business France, organisateur officiel, elle aurait validé directement certaines dépenses liées à cette soirée, elle aurait aussi gardé par devers elle pendant 6 mois le fameux audit commandé par ses soins, « donnant l’impression de vouloir enterrer l’affaire » dit Libération... Et puis au chapitre, « pas facile d’avoir eu une vie avant », le Canard enchainé, en remet une petite couche sur Richard Ferrand ce matin. L’hedbo révèle que directeur des Mutuelles de Bretagne, il aurait embauché sa compagne comme directrice du personnel. Elle avait alors 25 ans, était étudiante en droit. Un job d’étudiant pour 80 000 euros entre 2000 et 2004

On termine Hélène par une guerre qui pourrait bien être rallumée

Elle l’est en tout cas dans la presse ce matin. Le comité d’éthique s’est prononcé pour l’ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples lesbiens et femmes célibataires. Si Libération, le Parisien donnent la parole aux femmes qui disent leur soulagement de ne plus devoir partir peut-être à terme à l’étranger pour une PMA, le Figaro lui reprend résolument la tête du combat, CONTRE. Edito très virulent d’Etienne de Montety « cet avis écrit il, ouvre une brèche dans la construction anthropologique de l’enfant : celui-ci peut il être le résultat technique du simple « désir » d’un couple ou d’une personne ? Peut-on posément le priver de sa filiation, décider pour lui d’une vie sans père » ? ». Quasiment mot pour mot les arguments de la Manif pour tous. L’éditorialiste met en garde Emmanuel Macron contre la « lourde responsabilité qu’il prendrait à faire entrer cette mesure dans la loi ». Mariage pour tous, c’est fait…Prêt pour reprendre le combat ? ce sont les mêmes clivages qu’en 2013 qui resurgissent aujourd’hui

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