Et ce Président est critiqué par les Echos sur le budget, le Monde sur les start-ups, et le Figaro sur le service national, et attaqué dans Valeurs Actuelles par l'ex-gourou de Donald Trump, Steve Bannon. Nos sols exhalent le poison accumulé par l'industrie, décrit Politis. On pèche le silure avec l'Est républicain!

On commence par un surnom...

Que nous révèle le Point, Bibiche, plus connu sous le nom d'Emmanuel Macron, président de la République mais que son ancien professeur principal en khagne à Henri IV, Christian Monjou, appelait et appelle encore Bibiche, le Président est d'accord, il ne veut pas qu'un collégien l'appelle Manu mais Bibiche, oui, puisque cela vient d'un maitre respecté qu'il consulte encore, quand il a besoin d'aide, par exemple, pour un discours aux Etats-Unis...  

Et voilà un nouvel élément dans le portrait contrasté d'un Président  qui s'agace des polémiques, des "trucs à la con" citation dans l'Opinion. Mais sa politique semble inachevée... Les Echos et le Figaro lui reprochent, en relayant la Cour des comptes- d'être flou sur les économies budgétaire. Le Figaro comme Sud-Ouest s'interrogent sur le service national rétabli, deux fois quinze jours seulement, on risque la colonie de vacances, dit le Figaro. Le Monde met en doute non pas la passion du Président pour les nouvelles technologies, mais sa capacité à faire de la France une Start-up nation. La loi Pacte a déçu les start-upper français, le gouvernement a refusé de financer la tech', avec les fonds de l'assurance vie, nous ne sommes pas solides. 

Bibiche est une anecdote, mais le flou imprègne le pouvoir. Vous verrez dans Paris-Match une photo bizarre d'une femme, dont on ne saurait douter du sérieux. La ministre Muriel Pénicaud, pose dans les jardins de son ministère, rue de Grenelle, pieds nus, les bras écartés, sur une jambe, et cette photo est censée illustrer l'équilibre zen de la ministre qui réforme notre système social. Comment Paris Match réussit-il à convaincre une femme brillante que le ridicule lui sied... A sa une, Match nous propose en icone, Melania Trump, femme blessée et bafouée mais en revanche contre son méchant mari. La politique est-elle condamnée à l'inachèvement ou au vaudeville, quand elle devrait nous sauver? 

Et la crise de l'Europe domine les journaux...

Cette crise qui va culminer à Bruxelles où Emmanuel Macron est l'allié de Mme Merkel et du président du gouvernement espagnol Sanchez pour "trouver une solution" sur les migrants, face au bloc du refus italien, hongrois et autrichien, le Parisien dans une infographie façon galerie de tête définit la fracture européenne. Libération décrit l'Europe « au temps du repli », la Croix raconte l'Europe « en quête de son unité perdue »... et l'Opinion proteste, « Migrants, le pari de dingue d'une Europe à la carte », où l'union n'aurait plus une politique commune.

Dans Valeurs actuelles, Steve Bannon est heureux. L'idéologue de la droite dure américaine et ancien conseiller de Trump vient de passer quelques jours en Europe où il a vu ses amis, Louis Aliot, le numéro deux du rassemblement national, le premier ministre hongrois Viktor Orban,  un héros dit Bannon, ou des populistes italiens. Et Bannon parle dans Valeurs actuelles: "Les français sont en train de réaliser combien Macron est embarrassant, c'est un banquier qui vendrait son âme, Macron rêve d'être quelqu'un, mais la réalité c'est que Macron parle pendant que Salvini ou Orban agissent"... 

Ainsi parle l'homme qui possédait le cerveau de Donald Trump et nous vivons donc une guerre idéologique globale, où chacun se repositionne. Il n'est pas indifférent que le Point encore, droite libérale, publie une longue interview de Alexis Tsipras, premier ministre grec, très à gauche, mais qui a réformé son pays dans l'union européenne, et se souvient du soutien de Hollande, Merkel et Renzi... Il acte sa rupture avec Jean-Luc Mélenchon dont il a le sentiment, "qu'il n'avait pas véritablement envie de gouverner" parce que gouverner, « c'est prendre des décisions difficiles et ne pas se contenter d'une posture révolutionnaire..."  

Nos journaux parlent politique mais donnent aussi un visage à ces migrants qui révèlent nos fractures, c'est notamment la une du Parisien. Mais le journal à lire ce matin est Society qui raconte l'Ouganda et nous fait un peu honte. Le 14e pays le plus pauvre du monde accueille sans aucune restriction les réfugiés du Soudan saigné par une guerre civile, un million de personnes sont arrivées en Ouganda en traversant le Nil blanc et travaillent des lopins de terre, ils font, les ougandais, ce que l'Europe est incapable d'assumer.   

La mémoire des sols pour finir...

Les sols qui recrachent les poisons accumulés dans des décennies d'industrie lourde, c'est la Une de Politis, et son dossier ajoute au fardeau, car nous payons aujourd'hui ce qui fut notre puissance industrielle, et des leucémies apparaissent à Montreuil et des cancers à Romainville et des collèges sont touchés à Vincennes et Ivry.  Dans le Pas-de-Calais, l'usine Metaleurop disparue a imprégné à 200 hectares à la ronde, dans des territoires où l'on déconseille de faire pousser dans son jardin des poireaux, des carottes ou des navets, qui accumulent les métaux.. 

La Voix du Nord publie la carte des industries polluantes de sa région, mais raconte aussi la fin d'une entreprise presque centenaire, Jean-Caby, spécialiste de la saucisse cocktail, placé en liquidation judiciaire et  des ouvriers ont les yeux rougis à Comines et Saint-André. Ont-ils encore les yeux rougis, les 363 anciens de l'ancienne usine Ethicon d'Auneau, dans l'Eure-et-Loir, dont parle l'Echo républicain? Ils fabriquaient des sutures chirurgicales et ont été licenciés en 2012. Six ans après, la Cour d'appel de Versailles a proclamé que le licenciement était « dépourvu de cause réelle et sérieuse » et demande à Ethicon de verser des indemnités allant jusqu'à 55.000 euros...

Il reste pour nous consoler une beauté inchangée. Car, l'Est républicain le dit, dans les rivières du Doubs, le temps du silure est revenu, ce poisson à grosse tête plate et moustachue à qui la légende attribuait le vice de manger chats et chiens et même des enfants, mais il n'est en réalité qu'une force de la nature tapie dans la fraîcheur de l'eau, et dont la pêche (à l'appat odorant) est grisante mes amis... «  Le combat commence en douceur et d’un coup, on sent des gros coups de tête ». Il faut pêcher le silure, il est parfois albinos et c'est encore meilleur, le photographier et le remettre à l'eau, pour que le sport continue. Nous avons l'éternité.     

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