(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : Bonjour tendresse

(Bruno Duvic) Il faut reconnaître à Jean-François Copé un certain sens de l'humour. Bureau politique de l'UMP hier matin au deuxième sous-sol de l'Assemblée. Il est assis seul derrière une immense table face à 40 à 50 membres du bureau politique. Depuis 8h30 il en prend plein la figure. Il s'est d’abord défendu puis la mitraille des appels à la démission est tombée :

  • Nathalie Kosciusko-Morizet, "Je ne peux pas te croire".

  • François Baroin qui insiste sur la présomption d'innocence, mais ajoute "Il est de notoriété publique que nous ne nous serrons plus la main depuis des mois".

  • Dominique Dord, ex térsorier de l'UMP : « Je suis convoqué aujourd'hui à la PJ pour abus de biens sociaux, ma mère ne s'en remettra pas. Tu fous le camp »

Mais François Fillon n'a pas encore parlé. Copé se tourne vers son adversaire et lâche : « En avant pour la dernière salve. »

Libération , LeParisien , LeFigaro , L'Opinion … Vos journaux racontent par le bureau politique de l'UMP, ce « cadavre à la renverse », comme l'appelle L'Opinion . Pourtant, il n'y avait pas de journalistes dans la salle. Mais à l'ère de Twitter, rien ne reste secret. Un des moments de silence de ce bureau a d'ailleurs été interrompu par David Douillet : « Il y a des balances dans la salle ! » Quelques téléphones portables se sont alors vite escamotés.

C'est encore David Douillet qui a donné le coup de grâce. Quand Jean-François Copé a fini par lâcher : « J'ai compris je démissionne ». Quand ? a demandé l'ex judoka a trois reprises. Ce sera le 15 juin.

"La chute", à la Une du Parisien

….photo de Jean-François Copéà l’appui. « La droite paye ses fractures », en couverture de Libération . « Une Troïka (Raffarin, Fillon, Juppé) au chevet de l'UMP » complète Le Figaro .

Commentaire ce matin dans les éditoriaux. Ils ne sont pas tendres, pour l'UMP, son ex président mais aussi Nicolas Sarkozy.

  • Eric Decouty Libération : "Déliquescence d'une droite et d'un parti qui a progressivement renié ses valeurs républicaines sous la férule de Jean François Copé. Nicolas Sarkozy est le symbole de cette décadence politique et morale"

  • Affaire Bygmalion : « Je n'ai jamais menti » a juré Copé hier sur TF1. « On l'écoute et on croit entendre Jérôme Cahuzac », écrit Pascal Coquis dans Les Dernières Nouvelles d’Alsace .

  • Bygmalion et les factures exorbitantes de cette société de communication : « moins il y a de fond, plus on investit dans la forme », cingle le très placide habituellement Michel Urvoy dans Ouest France .

  • « Mais le retrait de Copé ne clôt pas l'affaire ajoute Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute Marne. Tant qu'on ne saura pas qui était au courant de quoi, un lourd soupçon va empoisonner l'atmosphère. »

  • Même Le Figaro y ajoute sa touche, sous la plume de Paul-Henri du Limbert, qui essaye de regarder vers l'avenir : "Nicolas Sarkozy serait avisé de préciser ses intentions avant le congrès de l'automne. Si l'UMP veut tout rebâtir, elle doit savoir (…) Mais l'essentiel n'est pas là : aucune organisation ne sera viable si l'UMP reste indifférente des attentes des français. »

Qui pour diriger le parti ? Quelle ligne ? Voici le parti selon Libération entre une aile décomplexée désorientée, petit pas et danse du centre et Sarkozy en recours qui s'éloigne.

Copé s'en va. Saura-t-on un jour toute la vérité sur l'affaire Bygmalion ? Réponse dans un dessin de Pétillon à la Une du Canard enchainé : "Je n'ai rien à mettre dans des cartons, je ne suivais aucun dossier"

Une autre réunion racontée dans la presse...

Décidément, il fallait être à l'assemblée hier matin. Manuel Valls face aux députés socialistes pour tirer les leçons de la déroute de dimanche. Et un élu, discret habituellement, Guy Delcourt, qui casse le morceau "La relation de François Hollande avec les Français pose un vrai problème. C'est lui rendre service de le lui dire" Chacun se fige. "S'il y avait eu des réactions, dit un témoin, on serait rentré dans une discussion terrible pour le président". Echos dans Le Figaro .

Bonjour tendresse… Le divorce du président avec une bonne partie de la base socialiste. Divorce avec la presse aussi. Le quinquennat n'en est même pas à sa mi-temps et les hebdos de droite trouvent le temps long : « Encore trois ans ? » demande L'Express . « Doit-il partir ? » interroge Valeurs actuelles . C'est « Le fantôme de l'Elysée » pour Le Figaro magazine en kiosque ce week-end. Un ancien ministre de droite dans L'Express : « L'idée s'est répandue qu'il n'est pas à la hauteur de la fonction, c'est difficile de lutter contre cette impression. »

Un ministre, actuel et de gauche, se désole : "On proposerait aux gens une augmentation de salaire de 1.000 Euros, ils diraient non tant l'envie de sanctionner le pouvoir est grande"

Alors « Ca va mal finir », prédit Le Nouvel Observateur . Marine le Pen à la Une. Même chose dans Le Point , avec cette question : « Merci qui ? »

Le fameux socle électoral du FN qui s'élargit. Hier nous parlions des catholiques. Ce matin dans L'Humanité , sondage Ifop sur le vote aux européennes des personnes syndiquées.

Membres de Force Ouvrière : ceux qui sont allés aux urnes ont voté à 33% pour le FN, seulement 11% pour le Front de gauche. Sud Solidaires : 27 pour le FN

Le Front de gauche en tête chez les électeurs CGT : 30%, 22 pour le FN

La CFDT : en première place, les listes PS puis le Front national 17% au coude à coude avec le centre.

« Le cœur battant du monde du travail n'est pas épargné par la crise politique », titre L'Huma .

Le FN en tête aux élections, les journalistes n'ont qu'à bien se tenir. Dans Le Point , Anna Cabana raconte une conversation téléphonique avec Philippe Martel, le chef de cabinet de Marine le Pen : « - On va vous marcher dessus, on va vous rentrer dans le lard, il faut vous écraser

  • Mais qui, vous ?

  • Tous ces connards de journalistes institutionnels. Les Français vous détestent, notre plan média c'est de vous attaquer à mort. Il faut dire les études que vous faites, les appartements que vous habitez.

  • Vous faites des fiches ? »

Il confirme.

Quoi d'autre dans la presse ?

Les Américains vont-ils donner un coup de main aux rebelles syriens modérés ? Selon le Wall Street Journal , Barack Obama s’apprête à autoriser l’envoi d’une équipe de soldats pour entrainer les rebelles qui combattent le régime et les mouvements liés à Al Qaida.

L'équipe de France de football entame bien sa préparation à la coupe du monde. 4/0 face à la Norvège. « Ca donne envie », titre L'Equipe . « Belle victoire qui conforte l'atmosphère gaie et légère de la préparation des bleus », commente Vincent Duluc. Les deux meilleures notes pour Olivier Giroud et Mathieu Valbuena, respectivement 7 et 8/10.

Paris Match ou le glauque des photos. Jusqu'où ira la traque au DSK ? Photos double page cette semaine de l'ancien directeur du FMI « paparazzé » le 20 mai boulevard Raspail à Paris. C'était quelques jours après la sortie du film Welcome to New York . Il est assis sur le seuil de la porte d'un immeuble. Fait-il un malaise ? Attend-il un ami ? Rien pour donner du sens à cette photo qui a dû être prise de très loin tant elle n'est pas nette. Pas de reportage pour l'accompagner, juste un titre accrocheur : "DSK seul au monde"

Murielle Mayette-Holtz candidate à troisième mandat à la tête de la comédie française, malgré la contestation de la troupe. Elle l'annonce dans L'Express .

Un peu de tendresse… Dans Libération , article à partir d'un dictionnaire des préliminaires amoureux. Vous y lirez mots polissonner, mignonner, rossignoler, chiffonner. Vous ferez la différence entre « aller en Ligurie » et « aller en Orient », on vous incite à « tenir les planches », « avoir le sens de la réplique », « siroter l'apéritif », mais ne pas vous contenter du « buffet froid ». En cette heure matinale, je ne serai pas plus explicite sur cet inventaire « à la pervers », comme l'écrit Catherine Mallaval. Comme le titre Libération, il s'agissait juste de vous « Mettre les mots à la bouche ».

A demain

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