"Libé" célèbre Dominique Carlac'h, "L'Equipe" doute de Froome, "La Croix" prône la culture en régions, "Le Télégramme" raconte un film en breton, un retraité de Mazamet, dans "Le Monde", a juré à son père que Franco perdrait sa Légion d'honneur, et "Le Point" avait raison en épinglant le président turc Erdogan.

Il y a un parfum de sport de matin

Et du muscle à la dernière page de Libération, avec ce portrait qui débute ainsi : _"Elle est du genre force de la nature. 1,84 m, puissante et élancée. De corps, c’est du jamais-vu : dos droit, silhouette musclée que nous admirons lorsque l’ancienne championne de France junior du 400 mètres nous précède dans les locaux de sa PME. "_J’ai une enfourchure de 2,50 m." L’enfourchure est l’amplitude de la foulée : "Vous voyez les chevaux de course ? Je faisais pareil !" 

Et voilà donc comment Libé, d'une plume pâmée, présente Dominique Carlac'h , 49 ans, seule femme parmi les six candidats à la présidence du Medef. Dominique Carlac'h qui ne va pas l'emporter, les favoris s'appellant, nous dit Le Figaro, Geoffroy Roux de Bezieux et Alexandre Saubot. Mais Carlac'h a été "la révélation de la campagne"...

Et on la regarde alors, pas pour son corps mais pour son parcours, qui renverse l'élitisme. Dans le village de son enfance, dit Libération, en Bretagne centre, le mur contre lequel jouaient les gamins s'appelait le mur des chômeurs. Elle était athlète et bonne élève. "A Sciences-Po, j’étais ostracisée parce que j’étais en survêt' tous les jours – je partais m’entraîner dès que j’avais un peu de temps. Personne ne m’a vue venir, et j’ai terminé major de ma promo."

Et voilà la compétition, elle participait ce week-end au Trailwalker, dit Le Figaro. C'est une marche de 100 km au profit d'Oxfam, l'ONG environnementale, au cœur de la Bourgogne. Ce sont les Saucissons morvandiaux qui l'ont emporté, dit L'Yonne républicaine. Cette équipe de pompiers d'Avallon a bouclé le trajet en 17 heures et 35 minutes.

Voilà du muscle populaire. La France bouge et ils sont beaux à la une de La voix du Nord, ces 7 000 cyclistes amateurs qui ont bouclé les 150 kilomètres de parcours Lille-Hardelot.  

Est-il fier, lui aussi, cet autre cycliste ? Chris Froome, qui a remporté le tour d'Italie mais sur lequel plane le soupçon du dopage, Froome auquel son second, le Hollandais Dumoulin, a évité de serrer la main et que L'Equipe décrit ainsi : "Froome, c'est un alien, un personnage de roman, émouvant, dont on aimerait penser qu'il est digne d'éloges." Et se dessine le doute, cette hésitation normalement bannie du reportage sportif... 

Heureux les sportifs qui ne doutent plus. Les handballeurs de Montpellier triomphent à la une de L'Equipe et de Midi libre. L'équipe de France de football prépare sa Coupe du Monde et, en attente d'exploits à venir, L'Equipe, Le Parisien, célèbrent la gloire de 1998, mais plus encore. A Colombes, dit Libération, sur un vieux stade chargé d'histoire, des habitants de la ville entraînés par un artiste suisse préparent une reconstitution du mythique France-Allemagne de 1982... Mais sans ballon, ni allemands, juste les Bleus, "interprétés par des simples passionnés de 18 à 65 ans, maladroits et sans doute complètement essoufflés", qui danseront seuls à qui l'on dictera, par oreillette, les gestes de nos glorieux vaincus d'il y a 36 ans. Notre histoire. 

Pendant ce temps, d'autres passionnés s'arrachent au folklore et œuvrent de marketing pour inscrire la pétanque au programme des Jeux de Paris en 2024, la pétanque et les sports de boules, où les chinois sont nos seuls rivaux. Explicite raconte l'espérance des sports de boule...

De la culture et du patrimoine

Avec de belles pierres dans Le Figaro, qui dévoile les monuments qui porteront le loto du patrimoine. Voilà donc la maison de Pierre Loti à Rochefort, ou le Château de Bussy Rabutin, le patrimoine serait un "outil de pouvoir pour Macron", dit Le Figaro, qui interroge la ministre de la Culture Françoise Nyssen : "La France se raconte au détour de ses grands et petits lieux patrimoniaux."

On sent quelque chose de l'ordre de la communication. Mme Nyssen, déjà présente jeudi dernier dans L'Obs, est aussi ce matin dans La Croix, et c'est plus touchant. Elle raconte comment, éditrice, elle avait monté une librairie, un cinéma, une salle de concert, dans sa ville d'Arles, dans les années 80. Quand le territoire était en déshérence. On disait, "ça ne marchera pas" ; cela marcha.

Et la question flotte en lisant cet entretien : comment la ministre Nyssen peut-elle être au diapason de la Nyssen de la société civile ? La Croix a invité la ministre pour défendre la culture en province, grevée de zones blanches...  "L'Etat dépense 139 euros pour la culture par habitant en Ile-de-France, 15 euros ailleurs", dit Françoise Nyssen. Elle est riche pourtant, en province, la culture, et La Croix commence un tour de France à Mellionec, 430 habitants, dans les Côtes d'Armor, devenu un centre du cinéma documentaire. La Bretagne encore. Le Télégramme raconte l'histoire de la fin du Monde dans "Fin Ar Bed", série policière en langue bretonne diffusée sur France 3 et désormais au cinéma. Le réalisateur, normand, ne parle pas le breton : "Cela me permet de me concentrer sur la musique des paroles, la gestuelle." Comme un match de football sans ballon.

Des dictateurs pour en finir

Dictateurs du passé et d'aujourd'hui.

Dans Le Monde sur internet, le combat de Jean Ocana. Un retraité de Mazamet, 78 ans, qui se bat pour que la France retire sa légion d'honneur au général Franco... Car le dictateur espagnol avait été décoré par la France, en 1928, sur recommandation de son ami Philippe Pétain, amitié forgée dans la répression sauvage des révoltés marocains dans la guerre du Rif. Franco s'exaltait d'avoir vu un de ses hommes trancher l'oreille d'un prisonnier. Jean Ocana, fils de José, officier républicain espagnol réfugié en France, ami de Malraux, déporté à Mauthausen, a promis à son père qu'il laverait la légion d'honneur de la tache franquiste.

A lire aussi, Le Point, toujours en kiosque, pour son dossier sur le président turc Erdogan, titré "Le dictateur". Le magazine raconte aussi les réseaux d'Erdogan, en France notamment. On a vu cette fin de semaine comment des partisans d'Erdogan ont fait enlever les publicités du Point d'un kiosque au Pontet. Ils montrent à quel point le magazine avait raison. Raison pour nous, encore, de le lire. 

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