On a lynché sur les réseaux sociaux d'Indonésie une belle danseuse touchée par le Covid-19, le Figaro. Un fondateur d'act-up est mort, le Monde. Des footballeurs professionnels conjurent l'inaction dans des matches interdits en banlieue, le Parisien. La sainteté de Charles de Foucauld, la Croix.

On parle d’une chasse à l’homme…

Une chasse à l’homme malade, qui s’est tenue en République démocratique du Congo, et que raconte le magazine Society, la traque d’un mécanicien de 28 ans  nommé Grâce Muyisa, touché par le virus Ebola et qui s’est sauvé entre le 16 et le 17 avril, alors qu’on allait l’hospitaliser dans le centre de traitement de la ville de Beni… où les patients sont soignés derrière des bâches translucides. Et sa disparition a été un coup de poignard dans ce coin de l’Afrique qui espérait s’être débarrassé de l’épidémie. Grâce lâché dans la nature risquait de faire flamber le mal.

On l’a donc cherché, militaires médecins fonctionnaires. On a surveillé et désinfecté sa maison, on a alerté les cellules d’actions communautaires, des regroupements de citoyens acquis à la surveillance sanitaire, dans un pays où les villages rejettent souvent la coercition médicale qui a accompagné le virus…

On a su par le traçage téléphonique que le vrai Grâce était dans la forêt, dans une zone tenue par une guerilla, on n’est pas allé plus loin. Dans la ville de Beni, quatre personnes sont mortes depuis avril, deux femmes ont été guéries, la dernière le 14 mai: à la fin juin, on proclamera la fin provisoire de l’épidémie. On pense que Grâce Musyia,  est parti dans des souffrances atroces, Ebola ce sont la fatigue, les nausées, les douleurs thoraciques, les diarrhées les saignements et les œdèmes et quand le vient le soir, la tête bourdonne et on bouge dans tous les sens, Grâce a du mourir seul dans la forêt sans avoir eu le temps de contaminer quiconque.

Nous ressemble-t-elle, cette histoire d’Afrique? Le Covid-19 reflue, l’épidémie se tarit sur la côte d’Azur dit nice-matin mais la vigilance s’impose et à Amiens me dit le Courrier picard, la CGT a du se f$ocher pour qu’on ferme ce matin une crèche au joli nom, Pom Canelle, dont une employée a attrapé le virus… Hier encore, notre démocratie a validé Stop-Covid, l’application de traçage moins spectaculaire qu’une chasse à l’homme, mais qui participe me dit le UN à la surveillance silencieuse des homme. Le Un cite Juvénal, poète latin d’il y a 2000 ans, « Mais les gardiens, eux, qui les gardera ? »  Et nous invite à demeurer des citoyens avertis, lucides, « technocritiques », dit le journaliste Olivier Tesquet. Cedric Villani prône l’éducation collective et psychologique pour ne pas être en servitude volontaire devant nos smartphones.

En Indonésie, la vraiment belle danseuse Sita Tyasutami, s’est retrouvée au coeur d’une tempête me dit le Figaro. Elle et sa maman ont été les premières malades officielles du coronavirus dans le pays, et l’enjeu était tel que l’Etat l’a su avant elles. Elles étaient à l’hôpital  quand le Président Joko Widodo les a décrit avec suffisamment de précision pour que leur vie en soit dévastée. Guérie, Sita et Maria ont été noyées sous la haine des réseaux sociaux, et dans un pays travaillé par l’islamisme, le fait d’être une femme de libre corps, une danseuse, a a jouté à la haine . «On m’accuse d’être une prostituée couchant avec des étrangers. Ou une lesbienne satanique»,

Sita a survécu avec le sourire et aussi des soutiens sur Instagram. Là se trouvent nos batailles. 

Je lis dans le Monde qu’à New York est mort octogénaire un survivant d’une autre épidémie, Larry Kramer, un écrivain, dramaturge, qui s’était dressé quand le SIDA avait ravagé les communautés homosexuelles, il traitait d’assassins les politiques qu’il jugeait indifférents à l’hécatombe, il avait créé Act-Up pour organiser les scandales salvateurs, on se couchait dans les rues pour être vus, on appelait ça les die-in, il fallait être extrême pour être entendu, disait Kramer que les trithérapies avaient volé à la mort pour l’amener jusqu’à nous, il se préparait à écrire sur le covid 19…

En France, on s’impatiente…

Car nous nous humons l’air libre, Edouard Philippe ce soir doit nous ouvrir des portes… Les restaurateurs sont prêts à reprendre affirme la Montagne, les reverrons nous sans crainte? On va pouvoir aussi grimper sur le volcan de Lemptéguy, et revoir le manoir de Veygoux à Charbonnières-les-Varennes, où l’on nous enseignera la révolution en Auvergne par des spectacles en costumes, lesquels costumes seront ensuite dument désinfectés.

Nous revenons donc, mais impatients, oui. Dans le Parisien, je lis que des footballeurs professionnels qui n’en peuvent plus d’inaction, participent à ces matches de football interdits, qui depuis les banlieues défraient la chronique. A Castres, me dit la Dépêche, le football se double de rodéos, autour du stade du quartier de Lameilhé, où depuis des semaines on a organisé des tournois… Un riverain indigné a tiré en l’air au fusil  de chasse. Les rodéos font aussi souci à Nice-Matin, où le député eric Ciotti parle d’un défi à la République, plaisir des grands mots.

Combien de temps peut-on empêcher le plaisir. Le Monde est nostalgique comme dans un vieux Mizoguchi pour décrire les quartiers chauds de Tokyo désertés par le sexe,  cela reviendra… 

Et on parle d’un saint pour finir… 

Qui fut adepte, figurez vous, des quartiers chauds et des filles de joie, un militaire qui faisait la vie, mais Charles de Foucault le patachon fut bouleversé en voyageant au Maroc par des musulmans dévots, et de retour à  Paris, église Saint-Augustin, il en retrouva sa propre foi catholique, il voulut expérimenter "l’abjection et la pauvreté"  du Christ, et puis s’en retourna en Afrique dans le désert du Sahara, il devint l’ami des Touaregs, il rachetait les esclaves, les pilleurs ne l’aimaient pas. Il fut assassiné le 1er décembre 1916, le matin même, il écrivait ceci: « On voudrait aimer et vouloir aimer, c’est aimer. On trouve qu’on n’aime pas assez ; comme c’est vrai, on n’aimera jamais assez. »

Je lis ces mots magnifiques dans la Croix, qui célèbre ainsi le choix du Vatican de faire de Charles de Foucauld un saint.

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