Electeurs, comptez-vous !... "44 millions 508 mille 24 voix prêtes à se faire entendre"... Le chiffre exact des détenteurs d'une carte d'électeur... c'est l'un des titres de Libération ce matin... "Tous les records sont battus", constate Dominique Valès dans La Montagne... "Et cet afflux d'inscriptions montre que dès le début de l'année 2006, il y avait déjà un très grand intérêt pour cette élection 2007... un intérêt qui s'est confirmé depuis que la campagne bat son plein... Et l'incertitude sur l'issue de cette bataille électorale introduit un élément de suspense qui ne peut qu'entretenir, et même amplifier cet engouement"... Tout ça, c'est un peu irrationnel pour Didier Pobel, dans Le Dauphiné Libéré... "C'est de la frénésie... On dirait la fièvre des veilles de grand match ou des concerts de rock... Qu'est-ce qui les fait courir comme ça, les électeurs ?", se demande l'éditorialiste... "Peut-être faut-il y voir, au coeur d'un vaste désarroi, une aspiration plus large à une société nouvelle... Certes, conclut Pobel, il y aura un gagnant final... Mais au-delà, les Français le savent bien, s'ils poursuivent dans leur élan, ils seront 44 millions et demi de vainqueurs"... C'est aussi le sentiment de Jean-Pierre Bédeï, dans La Dépêche du Midi... "Quel que soit le résultat final, la démocratie ne pourra en sortir que revivifiée"... Bédeï qui se moque de François Bayrou... "Il s'est déjà approprié ces nouveaux citoyens... affirmant être en phase avec eux, qui veulent secouer le système... Le Béarnais va peut-être un peu vite en besogne... Ces nouveaux électeurs se sont inscrits sur les listes avant qu'il ne perce dans les sondages"... Bayrou qui fait la Une du Figaro... avec cette phrase, en titre : "Il faut changer après les années Mitterrand-Chirac"... Tout au long de l'interview, le candidat centriste renvoie dos à dos Nicolas Sarkozy, qui "attise les tensions"... et Ségolène Royal, "si erratique que cela fait peur"... Bayrou qui veut être "celui qui rassure et apaise les tensions, pour que les Français avancent ensemble"... Il n'y a pas que Bayrou à faire la Une... "Compère et commère"... comme le candidat centriste surnomme le duo Sarkozy-Royal... sont également bien présents ce matin... Ségolène Royal est l'invitée spéciale de Libération... "Elle a passé une journée avec nous", explique Laurent Joffrin... "Après Bono, Manu Chao ou Isabelle Huppert, elle s'est pliée à l'exercice du commentaire de l'actualité à chaud"... Bon alors, en même temps, elle n'a pas fait que ça... Elle a aussi répondu à une longue interview, où elle décrit sa France de demain... Où elle assume aussi son style personnel... sa dernière ligne droite en solitaire... "C'est sur moi que reposent les responsabilités", dit-elle... Et Jean-Michel Thénard commente... "Pour l'heure, sa persévérance lui vaut d'être applaudie, pour son indépendance d'esprit, par la fille de Mitterrand... Pour ceux qui croient aux forces de l'esprit, cela vaudra message"... La fille de Mitterrand... Mazarine donc... Elle est dans Le Parisien-Aujourd'hui en France... Et c'est là qu'elle explique que "ce qu'elle retient de la campagne de Ségolène Royal, c'est l'importance qu'elle accorde à l'écoute des gens... C'est la démarche démocratique par excellence"... Et puis, dit-elle encore, "elle reste maître de son temps, et ne se laisse pas imposer un rythme de campagne"... Dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, vous découvrirez... juste en dessous de cette interview de Mazarine... l'affiche de Ségolène Royal... Un portrait noir et blanc... avec deux bandeaux rouge... et ce slogan : "La France Présidente"... Le logo du PS est bien présent, mais en tout petit... Une affiche qui, à en croire le journal, n'a pas déclenché l'enthousiasme des responsables socialistes, chevènementistes et radicaux... Bayrou, Royal... Sarkozy aussi est en Une... Le candidat de l'UMP fait face aux lecteurs de La Provence... Et voilà son conseil... "Ne vous faites pas voler cette élection !... La campagne électorale doit être pour vous un moment de liberté... Pensez librement... choisissez librement... Ne vous laissez pas impressionner par le politiquement correct, la politique unique, la pensée unique"... La pensée unique... Le politiquement correct... Les médias sont souvent accusés d'en être le vecteur peu critique... Eh bien tiens ce matin... la presse regarde les médias... "Les coulisses de la campagne", dans Le Figaro... qui nous raconte que "tous les jours, les QG de campagne des 12 candidats s'efforcent de faire monter le niveau de leur UBM"... "UBM", cela veut dire "unité de bruit médiatique"... un instrument qui calcule le nombre de fois où un candidat est cité dans les médias... Pour l'instant, rapporte Le Figaro, c'est Sarkozy qui tient la corde... Le journal constate bien sûr que ceux que l'on appelle les "petits candidats" se plaignent du vide médiatique... alors que les grands, eux, finissent par se plaindre du trop-plein... Bayrou par exemple, qui a changé de catégorie... Lui, explique son attachée de presse, "il veut faire une campagne basée sur la simplicité... Mais lorsqu'il arrive quelque part précédé de 20 caméras et de 30 journalistes, c'est le message inverse qu'il produit"... A peu près les mêmes mots du côté du QG de campagne du candidat de l'UMP... "Lorsque Nicolas Sarkozy a fait son premier déplacement de campagne au Mont Saint-Michel, il y avait 400 journalistes... Quelle place pour l'authenticité, dans ce cas de figure ?"... En même temps, se plaindre du "trop de médias"... c'est un peu facile... Surtout quand on est le premier à s'en servir... Enquête critique cette semaine dans Les Inrockuptibles... une enquête intitulée "Sarko et le troupeau"... le troupeau des journalistes, s'entend... Les Inrock qui constate que "Nicolas Sarkozy se prend souvent pour le directeur de l'information... et qu'il pourrait même arriver à faire plus fort que Berlusconi"... Alors, explique l'hebdomadaire, "sa surexposition médiatique, Sarkozy la doit d'abord aux liens affectifs qu'il entretient avec les grands patrons de presse"... Et le magazine rapporte cette formule du candidat... "Un journaliste qui me critique est un journaliste qui ne me connaît pas"... Des candidats... des électeurs... une élection présidentielle... Tout ça pour quoi ?... Plus précisément... pour quelle démocratie ?... C'est l'interrogation, en Une, du bimestriel Manière de Voir... le magazine du Monde Diplomatique... "Derrière les élections, quelle démocratie ?"... On le dit, on le répète... la démocratie est en crise... et le nombre d'inscrits sur les listes électorales n'y change rien... Manière de Voir rappelle la Déclaration universelle des droits de l'homme... "La volonté du peuple est le fondement de l'autorité des pouvoirs publics"... Sauf qu'aujourd'hui, déplore le magazine... "tout concourt à corseter et manipuler cette volonté... D'abord l'imbrication des puissances de l'argent et des médias... les experts aussi, plus ou moins indépendants, qui parasitent l'expression de l'intérêt général... la crise sociale, qui atomise l'espace public... et puis aussi les responsables politiques eux-mêmes, de plus en plus coupés des électeurs, qui cherchent davantage à faire des coups médiatiques qu'à lutter contre les inégalités... Ces dérives ne sont pas que françaises... Elles atteignent l'ensemble des pays occidentaux... D'autant, analyse Manière de Voir, que la mondialisation, en fragilisant les Etats, remet en cause certaines des libertés que les peuples avaient acquises... Du coup, c'est bel et bien l'idéal démocratique lui-même qui redevient un enjeu politique"... Là aussi, ça dépasse largement les frontières de l'Hexagone... Et la démocratie a bien du mal à s'immiscer dans ce débat... Le développement durable... C'est un cahier spécial des Echos ce matin... avec un titre finalement plein d'espoir : "Changer la croissance pour sauver la Terre"... Le quotidien économique affirme que "les investisseurs ont compris qu'entreprises et environnement pouvaient faire bon ménage... tout simplement parce qu'au-delà d'un certain seuil, l'homme ne pourra plus créer de richesses sur une planète trop dégradée... Il va falloir, explique le journal, produire des carburants verts sans affamer la planète... éviter les guerres de l'eau et du pétrole... et apprendre à rationner le CO²"... Les Echos... qui décidément se veut optimiste... affirme que la prise de conscience est là... que les économistes et les politiques s'interrogent... Les politiques, vraiment ?... Retour en France... où, dans Le Figaro, Yves Thréard regrette "la vacance de Monsieur Hulot"... Parce qu'"il y a quelques mois, explique l'éditorialiste, les candidats ont tous vu le risque qu'ils encouraient à ne pas s'ériger en garants d'une gouvernance écologique... Ils ont donc tous signé le Pacte proposé par Nicolas Hulot... Mais aujourd'hui, à l'approche du scrutin, les belles promesses sont reléguées en annexes des débats... tout comme la création d'un vice-Premier ministre de l'Environnement... Bref, nul candidat ne s'est "hulotisé"... Il y en a quand même qui y croient toujours, à ce super-ministre du Développement durable... La rédaction de Néo-Sapiens, par exemple... Ce nouveau magazine... qui a pour références trois mots : société, environnement, humanitaire... fait des pronostics... "Si Ségolène Royal est élue, le poste se jouera entre Michel Sapin, ancien ministre des Finances... Béatrice Marre, la secrétaire nationale à l'Environnement du PS... et le Vert Yves Cochet... Une chose est sûre : ce ne sera pas Dominique Voynet : les deux femmes n'ont guère d'atomes crochus... Autre candidat : Nicolas Sarkozy... Choix probable, selon Néo-Sapiens... Michel Barnier... Mais ce pourrait être aussi Nathalie Kosciusko-Morizet, la responsable de l'Ecologie à l'UMP... ou pourquoi pas Arno Klarsfeld, qui s'est vu en février confier une mission sur l'écologie et les transports... Côté Bayrou, les hypothèses sont plus délicates, affirme le trimestriel... Peut-être Marielle de Sarnez, la fidèle d'entre les fidèles... Mais peut-être aussi Corinne Lepage... L'avocate écologiste a rallié le candidat centriste... Et comme lui, elle joue la carte du "ni droite ni gauche"... En même temps... si Néo-Sapiens se fait plein d'espoir avec cette liste de super-ministres possibles... sur la même page, le rappel de cette phrase de Nicolas Hulot : "L'esprit du Pacte écologique, c'est de préparer la société à des mutations profondes... Parfois je me demande si les candidats ont bien compris ce qu'ils ont signé"...

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