Laetitia Gayet.

Couleur bleue.

Le soleil est déjà levé. Il aurait pu nous offrir un ciel d'une belle couleur bleue en ce lundi de Pâques. Mais il n'en est rien ce matin. Le ciel est sombre. En même temps, les hommes ont mis longtemps à voir le bleu.

Si l'on en croit le site des ECHOS, nos ancêtres ne voyaient pas le bleu. Le premier à s'en être aperçu, est le savant William Gladstoned. Pas de bleu dans l'Odyssée d'Homère. Vêtements, armes, chevaux, il y a du rouge, du jaune, du noir, du blanc. Mais pas de bleu. Le philosophe Lazarus Geiger a étendu ses recherches à d'autres civilisations. Pas de bleus chez les Chinois, chez les Irlandais. Ni même dans le Coran ou la Bible. Il est difficile pourtant de croire que le ciel n'était pas bleu au moment des premiers écrits. En fait, si le mot bleu est apparu si tard, c'est tout simplement disent les chercheurs, parce qu'il n'existait pas. Il était comme invisible. Alors qu'aujourd'hui, il est partout, sur le drapeau européen, sur Facebook. Sur le ciel ce matin, de Palmyre...

Palmyre, la belle, libérée du drapeau noir du groupe Etat islamique.

Les soldats de Bachar El-Assad s'affichent près des ruines de la cité antique, tout sourire à la Une du TELEGRAMME.

Mais force est de constater selon SUD-OUEST, que cette armée syrienne qui a fui piteusement Palmyre en mai dernier, n'est pas la même que celle qui a repris la ville. Ces soldats sont bien équipés. Ils portent de nouvelles tenues de camouflage, jaune désert. Mais cela ne change rien. Les quelques habitants restés là restent dubitatifs quant aux intentions réelles du régime. D'autres font état d'une étroite collaboration avec les terroristes sur l'exploitation du gaz et du pétrole à Palmyre. Et puis, qui reviendra à Palmyre ? Quels touristes osera s'aventurer dans cette ville fantôme aux mains désormais d'un régime qui en son temps, n'avait pas hésité à bombarder la cité pour punir ceux qui s'était soulevé contre lui.

Les éditorialistes ont aussi la main lourde.

Il est délicat écrit Raymond Coureau dans L'ALSACE, de dire merci à Bachar El-Assad et Vladimir Poutine. Mieux vaut se féliciter hypocritement du succès de cette coalition hétéroclite.

Car aujourd'hui, Bachar sourit. Le site du PARISIEN raconte comment Assad s'en est félicité devant des députés français hier, à Damas, dont Philippe Mariani des Républicains. Voyage désapprouvé par les autorités françaises. Mais que Yves Pozzo di Borgo de l'UDI dit sur Twitter, trouver "Bon et utile. Envoyez une carte postale à Fabius ».

Pour Bachar El-Assad, c'est bien une victoire médiatique écrit Benjamin Barthe dans LA MATINALE DU MONDE. Pour preuve, les mots de Philippe Mariani au journaliste : "Monsieur Al-Assad n'est pas un président idéal et sa sans reproche. Mais il est en train de gagner la guerre. Et nous avons des intérets et des ennemis communs avec lui."

Des ennemis qui vivent tous dans les mêmes lieux.

Des Molenbeek à la Française.

Selon Patrick Kanner, le ministre de la ville dans LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE, il existe une 100aine de cités de ce type en France qui présentent des risques de dérives salafistes. Tous les ingrédients y sont rassemblés. Concentration extrême de problèmes sociaux, ultracommunautarisme, économie souterraine, abandon des services publics et des élus locaux dépassés. Il y a dit le ministre, une volonté claire des salafistes de prendre le pouvoir.

Début de polémique chez les politiques de gauche repris dans LA PROVENCE. Je n'aime pas qu'on stigmatise dit Julien Dray, conseiller régional d'Ile de France, socialiste.

Pour Yann Marec du MIDI LIBRE au contraire, le ministre de la ville a brisé un tabou. Il faut arrêter la vision bisounours pour mieux voir le fléau.

Allons donc à Molenbeek pour voir.

Matthew Levitt du site POLITICO s'y était rendu avant les attentats. Chômage élevé, Molenbeek est un terrain de recrutement presque idéal pour les terroristes. Les recruteurs offrent un sens de la famille à des gens dont le foyer est brisé. Un sentiment d'appartenance à des gens qui se sentent privés de leurs droits de la société, qui se sentent victimes de discrimination. Ils s'immiscent dans des groupes d'amis, la famille. Et ils leur disent : "Vous n'êtes pas voulu ici. Vous ne pouvez pas vivre ici. Vous ne pouvez pas obtenir un emploi ici. De toute évidence, vous ne devriez pas être vivant parmi les infidèles " De zéro à héros, la voie est rapide.

Alors comment lutter ? Comment déradicaliser ?

Le site ULYCES livre un exemple. Dearborn, banlieue de Détroit dans le Michigan où réside la plus grande communauté musulmane américaine. Ce sont les parents ou les camarades de classe les meilleurs relais. Ce sont eux qui vont directement voir la police pour dénoncer une dérive. Il existe là-bas, une véritable coopération avec les autorités. L’idée n’est pas de mettre la main sur des suspects. Mais de se rapprocher de la source de l’aliénation. Et rattraper les jeunes embrigadés par le groupe Etat islamique avant qu’il ne soit trop tard. Les travailleurs sociaux et les thérapeutes sont associés à la démarche. Naturellement, cette dynamique nouvelle permet au FBI d’établir un réseau de sources fiables. Car l'idée d'infiltrer les milieux radicaux est dépassée. Une étude de 2014 réalisée par Human Rights Watch et l’Institut des droits de l’homme de Columbia a démontré que dans certains cas, le FBI a vraisemblablement créé de toutes pièces des terroristes à partir d’honnêtes citoyens en montant des opérations de ce genre.

Eux, usaient des mots pour faire entendre la richesse du monde.

La richesse de l'histoire était pour Alain Decaux.

Le Nordiste rappelle LA VOIX DU NORD. Né à Lille, rue Inkermann en 1925, dans l'appartement de ses parents. Mais il a aussi vécu à Wattignies chez ses grands-parents. Un Nord adoré, où il dit avoir vu pousser les tomates, les petits pois. Tous mes copains étaient paysans.

Alain Decaux était un historien anticonformiste pour LE FIGARO. Car il a su rendre l'histoire familière aux Français.

Je voudrais mourir en faisant un découverte avait dit quelques années avant sa mort, Alain Decaux.

Jim Harrisson avait une autre vision de sa mort.

En 2012, à Charlotte Rotman de LIBERATION, l'écrivain américain avait dit ceci : "Sur mon lit de mort, je me moquerai de quoi j'aurais l'air dans le miroir ou devant les autres. Mais je me remémorerai avec plaisir, la petite cuillère plongeant sans bruit dans le kilo de béluga." Jim Harrisson se repaissait de ses récits de bouffe et d'alcool. Il aimait à raconter les animaux, la dernière attaque d'ours dans la vallée, les serpents à sonnettes, les chants des corbeaux.

Il aimait aussi raconter les grands espaces, empreint du bleu du ciel qui touche le bout du paysage. Extrait de L'été où j'ai failli mourir. "Sur la route, dans des milliards de lieux à la beauté unique, il se mit à considérer le monde naturel comme l’expression prédominante de l’Esprit saint et à se convaincre qu’il fallait protéger ces lieux contre la cupidité. La route privilégie une conscience élargie, mais aussi des sujets aussi curieux que celui-ci : Pourquoi les humains ne peuvent-ils pas s’empêcher de s’entretuer ?"

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