(Alain Le Gouguec : "Revue de presse entre virtuel et réel, ce matin")... Et ce qui est virtuel d'abord, c'est la presse nationale elle-même... Pas de journaux nationaux dans les kiosques. Les Ouvriers du Livre CGT des Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne sont en grève : grève contre certaines modalités de la modernisation des imprimeries. De son côté, le syndicat patronal assure qu'un texte pour un redéploiement de tous les métiers de la presse avait été signé hier après-midi avec la CGT. La presse sur le Net donc : il faut bien dire que c'est encore un peu la galère. Entre l'ordinateur qui plante, le téléchargement qui patine et les sites qui affichent les éditions de la veille, on se prend à être réac et à regretter le journal qui tache avec le café-croissant du matin. "2 millions de Français sont esclaves d'Internet"... C'est la Une du Parisien-Aujourd'hui, ce matin, qui s'appuie sur les chiffres d'un psychologue auteur d'un livre sur la cyber-dépendance. Ce qui atteste de ce phénomène de dépendance, c'est que les consultations dans les hôpitaux se multiplient : Bichat et Marmottan à Paris, Montevideo à Boulogne-Billancourt, ou encore le CHU de Nantes... Dans ces établissements, on accueille désormais des malades du Net. Alors témoignages d'accros et de médecins, dans Le Parisien. Alain, 25 ans, entre 7 et 15 heures par jour sur Internet... Si vous déjeunez avec lui, sachez qu'il pose son portable à côté de l'assiette de frites. Alain est informaticien : le parfait exemple du nerd, dont la caricature est l'adolescent boutonneux à T-shirt douteux et canette de Coca tiède... Le nerd est marié avec son ordinateur, souvent faute de mieux. Sauf que... selon Le Parisien, le profil de l'accro à Internet, c'est de plus en plus Monsieur et Madame Tout le monde. Le journal distingue quatre profils : - les hyper-communicants, qui vivent toutes leurs expériences désormais sur Facebook et Twitter ; - les pessimistes : ils n'aiment pas le monde, ils préfèrent leur PC ; - les siamois numériques, qui cherchent leur double dans le monde virtuel ; - et puis les acheteurs compulsifs, toujours branchés sur eBay. Le Professeur Lejoyeux, de l'hôpital Bichat, raconte l'histoire de cette vieille dame qui s'était prise au jeu des prix cassés : elle avait l'impression de faire des affaires formidables sur le Net, comme cette tondeuse achetée en promo... sauf que, dans l'appartement parisien de la vieille dame, il n'y avait que de la moquette. (ALG : "Bien réelle, a priori, la crise économique, depuis un peu plus d'un an. Et pourtant")... Bien réelle : la courbe du chômage en atteste. Et pourtant, à lire la presse ce matin, on a l'impression que beaucoup de traces sont déjà effacées... Figurez-vous qu'aux Etats-Unis, les subprimes sont déjà de retour. A nouveau, raconte Libération, la part des emprunteurs qui ne présentent pas de solides garanties de remboursement a dépassé la barre des 20%. Ironie suprême : parmi les trois organismes qui en distribuent, il y a Fannie Mae et Freddie Mac, les deux géants des subprimes sauvés in extremis par l'Etat l'année dernière. Mais c'est justement là que réside le changement : ces organismes sont désormais para-publics. Les nouvelles subprimes sont donc garanties par l'Etat, et on ne les revend plus sur les marchés financiers pour faire la culbute. Tout de même, conclut Vittorio de Filippis dans Libé, si le chômage continue de grimper et la croissance pique à nouveau du nez, ces subprimes nouvelle formule pourraient être autant de bombes à retardement. La crise ? Quelle crise ? A la Une des Echos ce matin : "Les salaires des cadres qui résistent à la crise"... Ils ont continué d'augmenter l'an dernier et pendant les huit premiers mois de l'année... légère augmentation, et plus d'un cadre sur deux voit gris en termes de salaire dans les trois à cinq ans. Toujours dans Les Echos : "Le hit-parade mondial des employeurs" nous montre que les institutions financières n'ont pas perdu de leur attrait auprès des étudiants en écoles de gestion ou d'ingénieurs. Avec l'Internet (encore et toujours), les grands noms de la finance et de l'audit continuent de faire rêver, les étudiants des business-schools en particulier. Dans ce hit-parade réalisé dans onze pays riches, Pricewaterhousecoopers arrive en deuxième position, Goldman Sachs en quatrième, Ernst & Young en cinquième... En tête du classement : l'inévitable Google. "Les jeunes sont confiants malgré la crise", confirme La Croix à sa Une... C'est un autre sondage : "Votre vie ou celle de votre famille est-elle devenue plus difficile ?" Réponse majoritaire : "Non" ou "Plutôt non", à 40%. Mais les 15-25 ans estiment tout de même qu'après la crise, la vie sera plus dure qu'avant. (ALG : "Ce qui est en train de devenir virtuel, c'est notre corps")... Pour le meilleur et pour le pire. Reportage effrayant dans VSD : "Dans les coulisses de l'élection Miss Plastic 2009"... Critères de ce concours organisé en Hongrie : avoir subi au minimum une opération de chirurgie esthétique avec anesthésie. Les injections de collagène ou de Botox, ça ne suffit pas pour être éligible. Je vous rassure : il y en a quand même. L'objectif de cette élection glauque, c'est de faire de la pub pour l'industrie de la chirurgie esthétique en Hongrie. Eh bien, c'est raté : sur les photos de VSD, à voir les peaux de ces malheureuses jeunes filles tendues comme des raquettes de tennis, on se dit que si elles plient les genoux, elles doivent fermer les yeux. Le cerveau des Miss et des organisateurs est, lui, à l'état naturel. Le virtuel pour le meilleur, peut-être... C'est cette révolution annoncée dans Le Monde : "La révolution des médicaments conçus par ordinateur"... Quatre labos français sont associés à l'éditeur de logiciels Dassault Systèmes dans cette aventure. Leur mission, c'est de modéliser la façon dont les médicaments agissent à l'intérieur du corps humain. Cela permettrait de gagner beaucoup de temps entre la conception d'un produit et sa mise sur le marché. Evidemment, les tests sur de vrais hommes resteront indispensables en phase finale de recherche. Alors, "à quel horizon ce projet Bio-Intelligence peut-il être opérationnel ?", demande Jérôme Porier dans Le Monde. "Horizon : cinq ans", répond l'un des responsables, qui ajoute : "La grande difficulté, c'est qu'il existe une infinité de réactions chimiques à l'intérieur du corps humain. Modéliser le vivant est beaucoup plus compliqué que simuler le fonctionnement d'un moteur". (ALG : "Virtuelle elle aussi : la décentralisation")... Virtuelle, inachevée et pas claire... Voici un pavé de 130 pages dans la mare de la décentralisation : c'est le dernier rapport de la Cour des Comptes, qui dresse le bilan de plus de 25 ans de politiques en la matière... A l'heure où Nicolas Sarkozy lance une nouvelle réforme des collectivités locales, le bilan est sévère : - décentralisation : qui fait quoi, et combien cela coûte ? Il est toujours difficile de répondre ; - la simplification des compétences et du mille-feuilles administratif, c'est raté. Dans La Croix, Céline Rouden cite un exemple : la décentralisation des aéroports. 19 sont gérés par des régions ; 29, des départements ; 61, des communautés de communes ; 41, des communes tout court ; - et puis le point le plus polémique : le transfert de l'argent. Depuis 1982, l'Etat a donné de plus en plus de responsabilités aux collectivités, mais le transfert financier n'a pas suivi. Les élus qui râlent contre la suppression de la taxe professionnelle trouveront des arguments dans la prose de Philippe Séguin. (ALG : "D'autres informations glanées dans la presse")... Pour la première fois, un Chancelier allemand, une Chancelière, parlera devant la tombe du Soldat Inconnu le 11 novembre : Angela Merkel participera à la cérémonie à l'Arc de Triomphe cette année. Nicolas Sarkozy veut en faire une célébration franco-allemande. C'est dans Le Monde. "La maternité de Valréas va rouvrir" : c'est à la Une de La Provence... Vous connaissez le contexte : les petites structures hospitalières sont appelées à fermer, parce qu'elles ne pratiquent pas assez d'interventions. Celle de Valréas avait fermé en août, mais la justice administrative s'oppose au ministère de la Santé. Les futures mamans n'avaient plus de maternité à moins d'une heure et quart de leur maison. Un gros contrat pour Alstom : la région Alsace va moderniser ses TER... Le chantier représente six années de travail et de sérénité pour les 800 salariés du site de Reichshoffen, nous apprennent Les Dernières Nouvelles d'Alsace. Et puis "politique et people" : nouvel épisode... Ceux que ça intéresse trouveront des photos posées (et non volées) de Rachida Dati et de la petite Zohra dans Gala. Allez, pour finir... Lui aussi, son monde est entre le réel et le virtuel... Le nouveau film de Jean-Pierre Jeunet sort aujourd'hui au cinéma. C'est "Zizanie dans le rétro", titre Télérama. Le vrai titre, c'est : "Mic-Mac à tire-larigot". "Un Bricorama grand spectacle, qui brasse méli-mélodrame, intrigues et mésaventures en cascade dans un Paris féérique", écrit Libération... Libé qui donne la parole à Jean-Pierre Jeunet, qui livre sa conception du cinéma : "Orson Welles disait qu'un film est une grosse boîte de train électrique : il s'agit d'utiliser tous les éléments de la boîte pour construire le plus beau jouet. Hitchcock disait que certains font des tranches de vie, lui des tranches de gâteau. Bref, bidouille et tambouille. On lit parfois que la nostalgie est réactionnaire, voire plus. C'est une des idées les plus cons de ces dernières années. Je plains les handicapés émotionnels qui se privent de ce petit plaisir de la vie". Conclusion : "Par rapport à Luc Besson, j'ai une baraque à frites, mais je garantis qu'elles sont faites maison". Bonne journée...

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