Par Hélène Fily.

Gros temps venu de l'Ouest. Quand le ciel et les campagnes grondent, ça vient de l'Ouest en effet ce matin. Vents violents sur les côtes et vent de fronde breton contre l'écotaxe. On en parlait encore dans le journal de 8h.

Et s'il n'y avait que cette difficulté face au navire gouvernemental... Mais il y aussi la marche arrière sur l'uniformisation à la hausse de la taxation des produits d'épargne ; Plan épargne logement (PEL), PEA, épargne salariale, les négociations sur la taxe à 75% pour les clubs de foot : le brouillard est total, la presse file la métaphore.

Une des Echos : l'exécutif déboussolé ; face à la tourmente.

Dossier de La Croix : le vent de fronde s'amplifie. Edito d'Hervé Cannet dans La Nouvelle République : François Hollande au creux de la vague, son gouvernement tente de ramer à contre-courant.

« Malaise breizh », lit-on dans Ouest-France , quand pour La Charente libre , le gouvernement navigue à vue. Et cette anecdote, relayée par Libération … Le quotidien plante le décor : il y a quelques jours, en réunion à Matignon, le directeur de cabinet du premier ministre se lance, du concret pour défendre l'écotaxe. "Sur un camembert breton à deux euros, on a fait les comptes, ça ne fait qu'un centime de plus, donc ça va." Efficace comme démonstration. Sauf que le camembert, c'est quand même plus normand que breton. Pour les élus du cru, écrit le journal, l'anecdote illustre l'incompréhension de Paris.

Le ministre de l'Agriculture devrait donc faire de nouvelles propositions, attendues aujourd'hui sur le bureau de Jean-Marc Ayrault.

Pour rester à flot, Pierre Moscovici tente de son côté l'explication.

Interview d'une page du ministre de l'Economie dans Les Echos ce matin.

Et là, c'est l'autre dossier chaud du week-end qui est évoqué : la taxation rétroactive des PEA, PEL et de l'épargne salariale. Annoncée, votée par les députés mais abandonnée finalement par le gouvernement. Il devrait proposer un amendement.

Pierre Moscovici vante les vertus de l'écoute. Ne faisait-il pas partie de ceux qui reconnaissaient un ras-le-bol fiscal, rappelle La Croix ?

Dans Les Echos donc, le ministre regarde droit devant. La réforme de l'assurance-vie présentée dans le prochain collectif budgétaire. Un troisième produit sera créé, l'euro-croissance, des garanties et un meilleur rendement, du gagnant-gagnant ; voilà la promesse.

Mais aux revendications des agriculteurs bretons, des épargnants, s'ajoute aussi celle des gendarmes.

Ils n'ont plus de sous pour faire le plein de leurs voitures, pour commander de nouveaux ordinateurs. Le Figaro ce matin relaie l'alerte du nouveau directeur général de la gendarmerie nationale. Le général Denis Favier qui a exprimé ses inquiétudes d'abord face aux députés puis face aux sénateurs il y a quelques jours. Les gendarmes n'ont pas les moyens d'accomplir leurs missions. Non pas à cause des effectifs. Il concède au journal qu'ils ont t'été revus à la hausse cette année. Mais à cause de restrictions qui touchent les conditions d'exercice du métier et les conditions de vie des militaires, notamment leurs casernements "décrépis, parfois mal chauffés".

Quoi d'autre dans la presse ?

Vivendi rachèterait les parts de Lagardère dans Canal+ France. Les 20% qui lui manquent puisque le groupe détient déjà 80% de la chaine cryptée. Indiscrétion des Echos ce matin. L'accord aurait t'été trouvé hier. Mais un communiqué du groupe Lagardère corrige ce matin. Les discussions se poursuivent.

Le témoignage d'une habitante de Saint-Ouen dans Le Parisien/Aujourd'hui en France . Reconnue victime des menaces répétées de dealers parce qu'elle dénonçait les trafics. Elle a osé aller témoigner, c'est très rare. Deux hommes ont été condamnés à un an de prison ferme.

Et puis ce souvenir englouti. Le 12 janvier 1920, le naufrage du paquebot Afrique au large des Sables d'Olonne. Le Figaro y consacre un long reportage en page 16. 568 victimes, hommes, femmes, enfants, 36 rescapés seulement. La plus grande catastrophe encore inexpliquée de l'histoire de la marine marchande tricolore, écrit le journal. La faute à un navire en mauvais état ou à la seule tempête ? La polémique est toujours vivace. L'épave attend qu'on se souvienne. Un film est en préparation.

Les bateaux sont restés à quai dans l'ouest cette nuit. Notez enfin que les sites internet de Ouest-France , du Télégramme vous donne des infos en temps réel sur la tempête ce matin.

Lui était à contre-courant.

Lou Reed, icône du rock. Sauvage, lugubre, sensible, vénéneux ; on trouve tous ces adjectifs dans la presse pour saluer la légende, disparue hier à l'âge de 71 ans. "Un choc, plus qu'un coup de théâtre", se désole Libération qui en fait sa Une. Le chanteur américain était malade, greffé du foie au printemps dernier. Il s'affiche, regard triste, dans Le Figaro . On le préfère entouré de David Bowie et Iggy Pop sur cette photo dans Libé ; la grande époque, les années 70 à Londres.

Son impact artistique fut souvent inversement proportionnel à sa réussite commerciale. D'abord avec le Velvet, qu'il fonde avec John Cale ; le New York des Sixties, la factory warholienne. Puis en solo, promenant son timbre, éraillé, inventif, poète.

Sur slate.fr, Antoine Bourguilleau personnalise le portrait. "Mais qu’est-ce que tu veux que ça me foute que tu sois mort, Lou ? On se connaissait même pas". "Hautain, dédaigneux" Il n'était pas du genre à se la jouer modeste. "Il n'avait pas tort", remarque le journaliste, marqué par sa discographie.

"Quand on a dépassé les 18 ans, Perfect Day, c’est la chanson qu’on a tous envie d’écouter, dans le noir, quand la journée s’est écoulée avec celle ou celui qu’on aime" Sunday Morning. On l'écoutera sans doute différemment aujourd'hui... Le dimanche où il s'en est allé.

Mais le rock a de toute façon sauvé sa vie. C'est ce qu'il chante avec le Velvet, dès 1970 sur leur 4ème album, "Loaded" EXTRAIT »Rock'n roll », extrait de l'album Loaded du groupe the Velvet Underground. Lou Reed est parti pour son dernier walk on the wild side. On l'espère dans le calme, après la tempête.

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