On peut tout briser. Revue de presse en 4 actes.

Acte 1 : Briser l'omerta.

C'est oser dire que le clergé ne fut pas exemplaire. LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE dévoile ce matin, le contenu des lettres de ces hommes âgés victimes d'acte de pédophilie dans leur jeunesse. Des dizaines de témoignages recueillis par l'association La parole libérée. Ils ont entre 70 et 90 ans. Et ils décrivent avec leurs mots leur souffrance. Raymond 93 ans, abusé par un abbé. Je ne l'ai jamais dit à mes parents, à ma femme. Si j'ai attendu si longtemps, c'est que je me sentais un peu... complice.

Briser l'omerta. C'est oser dire aussi que l'ONU n'est pas exemplaire.

Anders Kompass est Suédois. C'est lui qui a transmis à la justice française le rapport sur les accusations d'abus sexuels sur des enfants par des militaires en Centrafrique. LIBERATION a rencontré Anders Kompass. Le dossier ? Je l'ai reçu en juillet 2014. Il le transmet au représentant du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme à Bangui. Ce dernier très en colère, parle d'affaire sensible. Il a besoin de temps pour enquêter. On découvrira plus tard qu'il a tout fait pour étouffer le scandale. Et qu'il faudra attendre près d'un an, les révélations du GUARDIAN et la pression d'une quinzaine d'Etat membres pour que Ban Ki-Moon le secrétaire général de l'ONU, nomme des experts.

Entre temps, Anders Kompass a été remercié sans ménagement. Un ancien du Bureau des services de contrôle interne de l'ONU dénonce une culture de l'impunité. Les gens comprennent vite que si vous êtes à l'ONU, vous pouvez faire tout ce que vous voulez. Les soldats français eux, quitteront la Centrafrique lundi. Il ne restera plus que les Casques bleus.

Acte 2 : Briser les chaînes des prisonniers du groupe Etat islamique.

Il est des photos qui disent tout. Page 12 du FIGARO MAGAZINE. 4 femmes voilées et deux enfants marchent dans le sable à quelques encablures de Mossoul. Pour elles, le calvaire est bientôt fini dit la légende. Ces rescapés racontent au FIGARO l'enfer de Daesh. Ali était policier à Mossoul, avant.

Depuis cet été, il ne sortait plus de chez lui. Daesh m'a envoyé un message.

Ils ont décapité un informateur de l'armée juste en face de ma maison. Ces derniers jours, les terroristes ont fusillé des anciens policiers, des anciens militaires... pour l'exemple. Un autre réfugié raconte : "certains ont été enfermés aussi dans une maison, que les terroristes ont ensuite fait exploser.

A chaque attaque de l'armée, chaque village repris, ils deviennent de plus en plus durs."

Pour preuve écrit LA CROIX, Daech organise le chaos à Mossoul. Jérémy André décrit les tunnels creusés sous les maisons de ceux qui ont fui il y a deux ans. Des tanières bourrées d'explosifs. Les djihadistes sont prêts à tout, y compris à provoquer des catastrophes industrielles. Ils ont dynamité une usine, des carrières de souffre.

Ils ne combattent pas... ils se suicident poursuit Luc Mathieu dans LIBERATION. Illustration avec les conversations radio des terroristes écoutés par un major. "Le convoi est passé pas loin." Silence. "S'il revient vers moi, je me fais exploser."

Il y a la réalité du terrain et la propagande du groupe Etat islamique. Elle est décryptées sur LE MONDE.FR. Dans ses publications, l'organisation djihadiste minimise ses défaites. Classique. Et puis la défaite, c'est aussi le synonyme d’un retour à la clandestinité. Des sources sécuritaires irakiennes constatent une résurgence de cellules djihadistes terroristes dans les zones libérées du contrôle de l’EI. Les terroriste sont déjà dans le coup d'après. Conclusion du MONDE .FR, ses adversaires seraient bien inspirées de prendre au sérieux s’ils veulent prévenir toute nouvelle « sortie du désert ».

Acte 3 : Briser les tabous.

Celui de la sépulture à l'approche de la Toussaint. En 30 ans, la crémation est devenue une pratique courante. Elle était supposée plus simple qu'un enterrement, plus romantique écrit Guillemette FAURE dans M, le magazine du MONDE. Mais dès lors que la loi interdit la dispersion des cendres n'importe où,

ça devient un vrai casse-tête pour ceux qui restent. Que faire de l'urne ? Il y a ceux qui la laisse au grenier, à la cave, dans les décharges communales ou encore aux objets trouvés. Nathalie elle a mis les cendres de sa mère dans un sac très chic. Les amis pouvaient imaginer que son mari lui préparaient un joli cadeau, certainement pas qu'il avait sa belle-mère dans le salon. Mais Nathalie est allée jusqu'au bout du désir de sa mère. Voyage en train, l'urne coincée entre les pieds pour ne pas qu'elle tombe, pour une dispersion finale en mer. Depuis The Big Lebowski des frères Coen, on sait ce qui arrivent aux urnes ouvertes face aux vents. Et bien on apprendra aussi qu'une partie des cendres peut venir se coller sur la ligne de flottaison du bateau. Nathalie a donc choisi de jeter l'urne... entière. Personne n'osera l'avouer écrit la journaliste de M. Le problème de la dispersion sauvage des cendres, c'est que c'est une catastrophe économique pour les vendeurs de pierre tombale.

Acte 4 : Briser le pessimisme.

On a brisé l'omerta, les chaînes et les tabous, CQFD, il faut donc retrouver maintenant le bonheur.

Et le bonheur, c'est tendance si l'on en croit LE PARISIEN MAGAZINE. Il doit même être reconnu comme un droit fondamental selon le président de l'Observatoire international du bonheur. Attention toutefois de ne pas en rajouter. Certains esprits chagrins dénoncent aujourd'hui, le côté marketing, l'overdose de positive attitude.

Il n'empêche. Le bonheur, la jeunesse y croit. Le magazine ELLE a étudié les 16-25 ans. Génération républicaine ? Ils sont attachés aux valeurs d'égalité, de liberté, de solidarité. Mais ils ne sont pas dupes de la société dans laquelle ils vivent. Pas dupes d'internet. Ils sont réalistes et ambitieux. L'ambition, c'est le travail, l'amour. Et à ceux qui redoutent des Tanguy, qu'on se le dise, la génération des 16-25 se rêve indépendante et se révèle débrouillarde.

Et les Français... plus vieux ? Et bien si on lit cette fois LA CROIX, on apprendra que les trois quarts des Français estiment que le bonheur citoyen est un sujet de préoccupation majeur. Les hommes politiques devraient s'intéresser davantage à ce qui les rend moins heureux aujourd'hui, pour les rendre donc plus heureux. La Fabrique Spinoza qui publiera demain, son nouveau PIB du bonheur a sondé les hommes et femmes politiques. Un questionnaire a été envoyé à 40.000 élus. Combien ont répondu ? 138. Les seuls qui ont estimé visiblement que le bonheur citoyen était un sujet important. Parmi les propositions qui ont été formulées : une gouvernance rénovée, participative, transparente, une vision collective qui conférerait un sentiment d'appartenance plus fort.

Ceux qui battent la campagne ont encore tout le temps d'y réfléchir.

Ils sont au moins 77 à ce jour, d'après L'OPINION à briguer l'Elysée. Il y a ceux que l'on connaît, que l'on verra au premier tour. Et puis, il y a aussi ces outsiders, comme Super Chataîgne. Candidat masqué, combinaison verte et cape rouge, anti-libéral, qui paraît-il se démène pour attirer les caméras à lui.

Pas de caméra ce matin. Mais la radio.

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