Avec des titres qui en disent long sur les sentiments qui nous parcourent...

Nous qui sommes spectateurs de ce moment historique qui touche nos voisins espagnols et frères européens... 

"Le grand saut" pour Libération, "Le scénario du pire" titre "La Dépêche du midi", "La Catalogne au bout de l'impasse" selon l'Indépendant... C'est dire si la situation préoccupe plus qu'elle ne suscite la joie ou l'admiration... Et de souligner que, ce sont "les plus radicaux des indépendantistes catalans" dixit Libération ou "les jusqu'au-boutistes de la rupture" pour Le Figaro, qui l'ont emporté hier...

A 15h51, le Parlement de Catalogne votait l'instauration d'une République catalane, état indépendant et souverain, de droit, démocratique et social... 19 minutes plus tard, le Sénat espagnol actionnait l'article 155 de la Constitution, l'autonomie de la Catalogne disparaissait, ses institutions passaient sous tutelle de l'exécutif central. "Tout devient clair au moment même où tout se complique", résume parfaitement Jean-Claude Soulery dans La Provence...

Mais de l'intérieur, le moment est vécu différemment. Le Figaro raconte l'euphorie du moment à Barcelone, sur les places où des écrans géants sont installés... Le sentiment de libération... On crie "liberté" et "vive la République"... Le soir, on boit du vin pour célébrer... 

"C'est la fin de l'histoire de l'oppression d'un peuple, d'une culture", raconte une étudiante... Pour elle comme pour de nombreux catalans, l'avenir offre toutes les possibilités... Marc, un architecte de 31 ans par exemple rêve d'un pays ouvert, d'une république sociale, d'une démocratie directe... Une "Suisse de gauche", lance-t-il en souriant...

Mais le concret balaye parfois déjà les rêves... Quoique pas tout à fait... A côté de lui, Beatriz, une médecin théorise... "Le plus important c'est l'économie", dit-elle, "il faut qu'elle tienne et nous ferons tout pour ça. Si l'Europe nous refuse, nous pourrons toujours devenir un paradis fiscal." De la "Suisse de gauche" au "paradis fiscal" en un instant, les différents niveaux d'enthousiasme ont de quoi donner le vertige...

Le Parisien rappelle d'ailleurs qu'aujourd'hui, "c'est le grand saut dans l'inconnu". Quelle valeur donner à cette déclaration d'indépendance, quelle reconnaissance et légitimité au regard du monde, comment vont se négocier les prochains jours avec le gouvernement Rajoy, avec quel usage de la force, toutes ces question sont posées par la presse ce matin... Elles n'étaient pas forcément à l'esprit des catalans hier soir... Elle le seront beaucoup les jours prochains... Pour leur simplifier la tâche, le tout peut-être résumé en une seule interrogation : et maintenant ?

Les médicaments anti-douleur en question aux Etats-Unis...

On pointe souvent du doigt nos amis américains, le pays de la malbouffe où les obèses sont légion... Mais c'est un autre mal qui touche la population en ce moment... Le pays, nous explique Le Monde, fait face à la pire crise liée à la drogue de son histoire... Et par drogue, il faut comprendre les opioïdes, les "painkillers", les médicaments anti-douleur... Généralement des substances administrées dans un cadre médical pour soulager des patients atteints de cancers.... 

Mais en Amérique, ils semblent être prescrits comme des bonbons... Le Fentanyl par exemple, 100 fois plus puissant que la morphine... Il y a eu plus de décès causés par ce médicament que de morts liées à l'héroïne en 2016 aux Etats-Unis ET ils sont augmentation de 450% en 3 ans... 

Pire, quand la prescription est arrivée à son terme, les malades devenus dépendants se tournent alors vers des pharmacies en ligne (illégales) ou le marché noir... Certains, tombent même dans l'héroïne, plus simple et moins chère à obtenir que le renouvellement de son ordonnance...

Donald Trump a proclamé "l'urgence de santé publique" cette semaine, nous dit Le Monde, mais est-ce suffisant ?

Et d'abord, comment en est-on arrivé là ? Le magazine The NewYorker donne des éléments de réponse avec une enquête, article passionnant, en anglais, et qui mériterait une traduction tellement les faits sont glaçants...

L'histoire de l'OxyContin, la bombe atomique des anti-douleur extrêmement addictif, et qui est aussi l'histoire de la famille Sackler, Arthur, Mortimer, Raymond et leur enfants... Propriétaires de l'entreprise qui fabrique l'OxyContin... 

Ils ont commercialisé pendant 15 ans ce produit, à grands coups de campagnes publicitaires mensongères, avec une armée de 5000 visiteurs médicaux sur tout le territoire, avec des études médicales falsifiées... Jusqu'au jour où les plaintes des patients ou de leurs familles furent si nombreuses qu'ils finirent par régler l'affaire avec des arrangements financiers et une légère modification du médicament... 

Des milliards de dollars de bénéfices au prix de millions de malades dépendants... L'article s'intitule "La famille qui bâti un empire de douleur" et il est à lire sur le site internet du New Yorker...

Pénurie de chocolat ?

Une addiction pour beaucoup d'entre nous... Le chocolat, à l'honneur dans les pages du Figaro et du Parisien ce matin, à l'occasion de son salon qui s'ouvre aujourd'hui à Paris... Voyage dans les pays du cacao... Voyage auprès des artisans chocolatiers, les orfèvres de la fève... 

Et cette question qui va nous hanter pendant des jours : et si le chocolat venait à manquer ? Ce serait un cauchemar ! Et le risque de pénurie est réel lance l'agronome Christian Cilas dans Le Parisien... En cause, la concentration de la production de cacao dans 2 pays, la Côte d'Ivoire et le Ghana, la sécheresse, le dérèglement climatique... Un problème pris à bras le corps par la filière chocolat... Et tant mieux, en France, on en mange plus de 6 kg par an par habitant...

La presse et le rap

Les journalistes ont-ils un problème avec le rap, surtout quand il est populaire ? Slate s'interroge sur les réactions des journalistes à la mésaventure qui a touché le rappeur JUL... 

JUL, arrêté pour conduite sous l'emprise du cannabis, en excès de vitesse sur l'autoroute, en compagnie d'un compère armé. L'affaire a fait grand bruit... Le rappeur s'est donc fendu d'excuses à l'attention de ses fans les plus jeunes sur les réseaux sociaux : "je tenez a mescusez"... S'en sont suivis de nombreux articles moqueurs, soulignant bien l'orthographe erronée...

Mépris de classe, alerte Slate... mépris qui perpétue l'idée d'Eric Zemmour que le rap est une sous-culture d'analphabètes... "Les médias parisiens préfèrent parler de sa garde à vue plutôt que de sa musique", explique Sophian Fanen du site Les Jours... Un procès qu'on fait à JUL, rappeur le plus populaire du moment, mais qu'on ne fait pas à d'autres, vus comme plus intellectuels, plus bourgeois diront certains...
 

Tellement critiqué et moqué qu'on a oublié de regarder ses paroles... Je ne connaissais pas, je m'y suis penché. Sur son dernier album par exemple, en français sans fautes, et de circonstance : "c'est pas ma faute, si j'ai des jaloux sur mes côtes, c'est pas ma faute, si j'suis pas des vôtres, si on ne s'aime pas, bah faut faire en sorte."

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