(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : un monde de brutes

Comme dans les pays arabes, ceux qui refusent de se taire risquent leur vie.

Comme à Wall Street, c'est une guerre économique.

Au Mexique, se déroule un conflit d'une violence inouïe et largement passée sous silence

De temps en temps, un article émerge, glaçant. Puisque nous sommes à l'heure de Twitter, celui d'atlantico.fr ce matin est titré : "Mexique : mourir pour un tweet". La guerre de l'armée contre les cartels de la drogue, c'est 30.000 morts en 5 ans selon le peu d'estimations dont on dispose. Ajoutez à cela les guerres entre gangs. Les journalistes qui osent enquêter sont muselés ou tués, même la police est largement impuissante.

Alors au printemps 2010, à Monterrey, sont nés les premiers blogs et comptes Twitter dédiés à l'information des citoyens. D'autres se sont développés depuis.

Le 13 septembre, il y a 15 jours, deux corps éviscérés et pendus à un pont ont été retrouvés dans la ville de Nuevo Laredo. A côté des corps, le cartel des tueurs avait laissé un avertissement sur papier jaune : "voilà ce qui arrive aux putains d'Internet". Les deux victimes intervenaient sur un forum en ligne

Après les policiers et les journalistes, les hommes et femmes qui osent parler sur les réseaux sociaux sont eux aussi menacés de mort.

Question de Louise Hoffmann qui signe l'article de ce matin sur atlantico : "Qui informera désormais les simples mexicains des routes à éviter ou donnera l'alerte lors d'enlèvements ou de prises d'otages ? On ne le sait plus".

Brutalité de la guerre de la drogue au Mexique. Brutalité du climat politique en France et en Europe

La crise interminable, l'impuissance apparente des dirigeants et les affaires...

Ce matin dans Libération , l'ex-comptable des Bettencourt raconte à nouveau en détails la remise de 50.000 Euros en liquide en janvier 2007 à Eric Woerth, alors trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy. L'ancien ministre a démenti cette version devant la police. L'affaire est instruite à Bordeaux.

Sous le titre, « Séquence fumier », dans l'éditorial de L'Express, Christophe Barbier met dans le même sac les affaires en France, les caleçonnades de Belusconi, les siamois Medvedev et Poutine en Russie et les calculs électoraux d'Obama à Washington. "Non seulement les dirigeants élus ne sont plus efficaces, mais ils semblent s'abandonner au plus complet cynisme". C'est ce qu'il appelle une "putréfaction démocratique".

Ceux qui ont trahi par les urnes, veut croire Barbier, périront par les urnes.

"Ils marchent sur le système".

A la Une du Herald Tribune ce matin, on trouve le même climat de révolte et une liste encore plus longue : les Indiens qui suivent le nouveau Gandhi en grève de la faim, les indignés de Tel-Aviv, Madrid et Athènes, le parti pirate à presque 10% des voix à Berlin.

« Les objets de leurs colères vont de la corruption au manque de logement et de travail.

Le spectre est large, mais tous ces manifestants, écrit le Herald Tribune , ont en commun des doutes, si ce n'est un mépris envers les hommes politiques et le système démocratique qu'ils incarnent.

Ils descendent dans la rue, en partie parce qu'ils ont peu de fois dans le bulletin de vote. »

Sale ambiance... Christophe Barbier ouvre une porte de sortie dans son édito de L'Express : « la maladie de la démocratie se soigne par plus de démocratie. C'est d'une génération inédite que nous avons besoin, qui soit issue de la crise actuelle. Cette cure n'aura d'effet que si les citoyens, eux aussi, réveillent leur passion démocratique, renonçant aux colères stériles du vote populiste comme à l'apathie mortifère de l'abstention. »

Face à la crise en Europe, les dirigeants peuvent-ils reprendre la main ?

Vote très important demain en Allemagne : le Bundestag se prononce sur le plan de sauvetage à la Grèce.

Angela Merkel est en première ligne. Selon le correspondant des Echos à Berlin, la ligne de la chancelière, c'est "L'Europe, malgré tout". Karl de Meyer essaye de cerner la personnalité de cet animal politique hors du commun.

Première constante, un côté vertueux, mais donneur de leçon. Il faut dire que l'Allemagne a consenti d'énormes efforts pour redresser sa compétitivité écornée par la Réunification.

2ème constante : le manque de réactivité. Angela Merkel le revendique presque. Avant de prendre une décision, elle veut tout comprendre, tout maitriser. C'est louable, mais c'est lent, or les marchés financiers vont très vite.

3ème trait de caractère : le pragmatisme. Là où Helmut Kohl était un acteur de l'histoire, elle se contente de résoudre des problèmes de manière non idéologique. D'où son ambivalence à l'égard de l'Europe. Elle ne l'a pas chevillée au corps. Mais aujourd'hui, elle aurait pris conscience que les intérêts de l'Allemagne passent par plus d'intégration européenne au plan économique.

L'Allemagne leader, forcément, en Europe... C'est à voir. Dans Telerama , regard du démographe Emmanuel Todd. "L'Allemagne est un pays vieux, fatigué, avec une population qui diminue, incapable de mettre au pas tout le continent malgré son industrie efficace et sa comptabilité en ordre".

Un monde de brutes, en bref, dans la presse

A la Une de France Soir , Martine Aubry et Ségolène Royal. En titre, « Elles vont cogner sur Hollande ». C’est le résumé, selon France Soir , du deuxième débat de la primaire socialiste ce soir.

Les enjeux, Le Parisien-Aujourd'hui-en-France les résume en 6 questions et 6 portraits, par ordre alphabétique : - Martine Aubry a-t-elle la poisse ?

  • A quoi sert Jean-Michel Baylet ?

  • François Hollande a-t-il pris la grosse tête ?

  • Arnaud Montebourg peut-il se hisser en finale ?

  • Ségolène Royal est-elle fichue ?

  • Que veut vraiment Manuel Valls ?

« Ecole, la levée en masse », « au centre des nouvelles luttes des classes. Les titres sont dans L'Humanité . La presse régionale revient aussi largement sur la mobilisation hier lors de la journée de grève dans l'Education nationale.

« Somalie, l'aide entravée ». C'est à la Une de La Croix . Plus de 2 mois après la déclaration de l'état de famine, des dizaines de milliers de réfugiés à Mogadiscio sont difficilement soutenus par l'aide humanitaire

Un monde de brutes... Et quelques douceurs, tout de même.

"Le profil de la belle princesse". Longtemps, ce dessin d'une jeune femme à longues nattes et d'un blond vénitien a été attribué à un allemand du XIXème siècle.

C'est en fait d'un portrait de Leonard de Vinci. Deux ingénieurs l'ont établi au terme d'une enquête plus que minutieuse retracée dans Le Figaro. C'est une découverte majeure dans le monde de l'art.

Les deux sont à la tête d'un laboratoire à Paris qui possède une caméra très haute définition.

Grâce à elle, ils ont repéré sur le papier Vélin une trace d'empreinte, elle ressemblait à d'autres empreintes relevées sur un autre Vinci.

Ils ont suivi le tracé légèrement courbé du dessin, manifeste d'un gaucher.

Le carbone 14 datait la feuille de XVIème siècle.

Puis, grâce aux agrandissements qu'ils ont produits, ils ont repéré trois minuscules trous dans la bordure gauche. Le dessin était initialement dans un livre, il a été découpé par un amoureux de ce portrait de la belle princesse, Bianca, fille illégitime du duc Sforza.

La clé du mystère était à la bibliothèque de Varsovie. Elle possède un volume spécialement produit pour le mariage de la princesse avec Galeazzo Sanseverino, chez qui Leonard a vécu. Dans ce volume, il manquait une page. Voici donc le mystère du 13ème portrait de Vinci élucidé.

Il y en a qui est content de cette trouvaille. C'est l'homme qui avait acheté le dessin pour 21.000 dollars en 99. Son bout de papier en vaut aujourd'hui 100 millions.

A demain !

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