Midi Libre désamorce le derby du Sud, La Montagne et le Populaire célèbrent l'identité du Limousin, Libération et le Figaro racontent l'offensive de la Turquie d'Erdogan, le Monde rencontre un homme émouvant de haine, sa fille est morte au Bataclan et dans l'Indépendant, on voit un albanais vendu à Daesh par la mafia.

La tension monte à Montpellier avant un match de football...

Et "on craint le pire" dit l'Equipe avant le derby Montpellier-Nimes dimanche, on craint un affrontement entre les Ultras de Nimes, "les Gladiators", et les ultras de Montpellier, "la Butte Paillade 91", la police a mis sur écoute ces deux groupes qu'oppose une histoire d'honneur, à propos de bâche... cette banderole géante que l'on déploie au stade... 

Car dans la nuit du 2 au 3 mai dernier, on a forcé à Montpellier le local de la Butte Paillade 91 et la fière bâche à tête de diable, qui se déployait à la Mosson a été volée, et ce sont, dit l'Equipe, des nîmois qui ont fait le coup, MAIS ces nimois se vengeaient car...  le 26 novembre précédent, une voiture de supporters des Gladiators avait été attaquée par un commando armé et les agresseurs avaient dérobé la bâche des Gladiators, ils étaient assure l'Equipe de la Butte...

Voilà de quoi sont faits les rêves des hommes, "quand on perd la bâche on perd les couilles" lis je dans l'Equipe, mais si jamais les nîmois par défi exhibaient dimanche au stade un morceau de la bâche dérobée...

Il est entre Nîmes et Montpellier un journal qui veut éviter la guerre. Midi Libre met en scène la camaraderie des deux entraîneurs, Michel Der Zakarian de Montpellier et  Bernard Blaquart de Nîmes, qui parlent foot. Der Zakarian : "J'ai marqué un but dans le dernier derby en ligue un en 1993", Blaquart: "T’en as pas marqué beaucoup alors autant s’en rappeler!" Mais qui surtout déminent fermement. Der Zakarian: "Si on veut se battre, on va sur un ring. Le stade, c’est fait pour y venir en famille. Que la connerie reste à la maison."

Il y a d'autres derbies dans nos journaux, la Montagne fait sa Une sur celui du rugby, Aurillac contre Brive, le Cantal contre la Corrèze, ces matches de voisins épicent nos semaines comme les identités locales nous donnent des couleurs. Et la Montagne avec son journal frère le Populaire du Centre ranime une région effacée par la réforme territoriale, "Limousins et soyons fiers de l'être" proclame le Populaire, l'effacement a créé le manque... Un dictionnaire du Limousin sera  présenté solennellement ce soir à la mairie de Limoges, pour dire un pays rude de bocage et haies, un sol granitique et pauvre et des hommes qui partaient dans les usines du Nord où ils perdaient leur langue et leur musique...  Ils cherchent aujourd'hui des racines...

C'est la vie même. La Montagne décline le derby du rugby sur le mode culturel et  culinaire, qui choisir entre la Salers ou la Limousine, entre le cabécou et cantal, entre les lentilles et les noix, entre la foire du livre briviste et le théâtre de rue d'Aurillac? 

Midi Libre me dit  que, en ping-pong, Montpellier et Nîmes font équipe commune. Le ping-pong, qui avait fait les retrouvailles de l'Amérique et de la Chine...

Mais la Chine et l'Amérique sont toujours rivales...

Elles vont un jour se partager le monde et se partager internet, prédiction dans Usbek et Rica de l’ancien patron de Google, il sait... Mais en attendant elles se disputent tels des ultras du Midi. L'Opinion raconte, article traduit du Wall Street journal, comment la police chinoise a investi les bureaux de Shangaï de la firme américaine Dupont pour lui dérober ses secrets. Les Echos constatent que les terrains d'affrontements se multiplient. Le Monde Diplomatique raconte l'escalade méthodique entre les deux géants et les parfums de guerre froide... Marianne décrit la puissance chinoise dans une titraille seventies, "quand la Chine nous avalera", et la Chine n'investit pas que l'Afrique mais aussi l'Europe et s'appuie sur les pays de l'Est, chevaux de Troie, et notamment sur la république tchèque. L'actionnaire de Marianne étant un magnat tchèque, le journal, ici, se prouve indépendant.
 

Il n'est pas que la Chine. Cette idée d'une puissance étrangère stratège et qui nous enserre et trouve des relais en nous, on la retrouve à propos de la Turquie dont Libération et le Figaro racontent l'offensive diplomatique. Libération analyse fort bien le retour de Erdogan en Allemagne, où il retrouve Angela Merkel et inaugure à Cologne la plus grande mosquée du pays. Le Figaro alerte contre les ambitions impériales du président turc, et décrit l'efficacité d'une diplomatie d'influence, qui passe par l'humanitaire comme par des feuilletons télévisés -et qui passe aussi par l'islam titre le journal à sa Une, puisque la Turquie serait partie conquérir de l'intérieur, notamment l'islam de France. Il est dommage, que ce dernier article soit lesté de raccourcis et d'erreurs, sur les noms des personnes et les intentions qu’on leur prête… Slate, en juin dernier, avait raconté avec plus de précision le prestige d'Erdogan auprès de jeunes français arabo-musulmans qui lui trouvent « du courage », sur la palestine ou contre l'islamophobie... 

On termine avec des hommes hantés...

Le Monde raconte Patrick Jardin, dont la fille Nathalie fut  tuée au Bataclan et qui s'abandonne à la haine et la revendique et est devenu un personnage fétiche de l'extrême droite, à l'opposé des victimes de bon sentiments... On ressent pour cet homme, grande gueule à la Depardieu, qui fouille photos et archives pour savoir ce qui est arrivé à Nathalie, la sympathie désespérée qu'inspirent ceux qu'on ne sait pas aider... 

L'Indépendant nous parle d'un albanais de 28 ans, qui espère à Perpignan obtenir un statut de réfugié, et qui raconte une aventure singulière. En 2015, il quittait sa maison au jardin planté d'olivier pour trouver du travail en Turquie. Il s'est retrouvé au bord de la mer noire dans un camp d'entrainement militaire, vendu par la mafia albanaise comme soldat à Daesh. 

Il s'est évadé, il est à Perpignan et il pense, ce père d'un enfant de huit ans, que la mafia le rattrapera…

Allons. A Grenoble en proie à une violence absurde que raconte fort bien, sur internet, Explicite, un restaurateur militant, Pierre Pavy, nourrit les démunis et emploie migrants et réfugiés. C’est dans la Croix, nous avons cette espérance.  

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