Dans la presse ce matin : au pied de la pente

C'était la deuxième moitié de l'année 2008. La crise avait éclaté. Et le monde était à court de liquidités. Qui avait de l'argent disponible ? Qui était prêt à l'injecter ?

Réponse, la Mafia, les mafias.

Les mafias gagnantes de la crise : voilà la piste que Roberto Saviano creuse depuis de longs mois.L'auteur de Gomorra la détaille un peu plus dans un long article sur le site du quotidien italien la Repubblica cette semaine.

Le point de départ, c'est une déclaration du responsable de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, Antonio Maria Costa.

En décembre 2009, il a dit détenir les preuves de ce que les revenus des organisations criminelles étaient les seuls capitaux d’investissements liquides dont les banques, américaines notamment, avaient disposé durant la crise de 2008, pour éviter l’effondrement.

Qui détient l'argent détient le pouvoir. Quatre ans plus tard Saviano écrit : « lorsque viendra la reprise économique, les capitaux du crime vont déterminer les stratégies financières des banques ».Les places de New York et de Londres seraient devenues les plus grandes lessiveuses d'argent sale du monde.

Dans les pays les plus en difficulté, les mafias, qu'elles soient italiennes, russes, balkaniques, japonaise ou indienne font leur business.

Contrebande d'essence en Grèce et ce drôle de constat : le pays achète à l'étranger 99% de son carburant et pourtant il en exporte autant qu'il en importe.

C'est à Salonique que s'est tenue en décembre 2010 l'une des réunions de la mafia russe les plus importantes de ces dernières années.

L'immobilier en Espagne et cet autre constat étrange dans le pays plus de 70% de la valeur de l’argent liquide en circulation est constitué de billets de 500 Euros, les préférés des organisations criminelles : on peut faire tenir beaucoup d'argent dans une valise pleine de billets de 500.

Saviano multiplie les chiffres, les dates, les exemples. « Les boss ne connaissent pas la crise ».

C'est à lire sur le site Internet de La Repubblica

Au pied de la pente : les jeunes qui sont au chômage

Et la presse évalue le dispositif des emplois d'avenir. Beaucoup d'analyse sur le thème "cautère sur jambe de bois". « Emplois aidés, emplois fictifs », c'est le titre de l'éditorial du Figaro .

« Le traitement social du chômage ne résout rien sur le long terme, écrit Gaëtan de Capèle, il ne fait que rajouter des effectifs dans des collectivités locales qui en regorgent déjà. Au lieu d'inventer des emplois publics précaires et artificiels, mieux vaudrait créer d'urgence un environnement qui incite les entreprises à embaucher. »

Libération dresse le bilan des emplois jeunes de l'époque Jospin. Bilan mitigé. Pour une partie des bénéficiaires, ils ont constitué un sas vers l'emploi avec une limite importante : ils ont commencé avec un faible salaire et connu peu d'évolutions ensuite.

Climat toujours grognon dans la presse à l'égard de la majorité. Médiapart dénonce ces élus socialistes qui ne veulent pas renoncer à cumuler les mandats et l'opacité dans laquelle se prépare la succession de Martine Aubry au PS : elle est où la rénovation ?

L'Express fait sa couverture cette semaine avec ce titre : « Les cocus de Hollande »

Et la Syrie, toujours sur le sentier de la guerre...

Et dans Libération , la plume hors-catégorie de Jean-Louis Le Touzet.

La scène se passe dans une petite mosquée d'Alep. Une quarantaine de soldats insurgés repliés sous les ordres du commandant Abou Mohammed. C'est un ancien sous-officier de l'armée régulière passée à la rébellion.

Son fils est parmi les quarante, grand gamin de 19 ans qui joue avec les chats de la mosquée à ses moments perdus. "Pays de tarés, dit le commandant. Père et fils à la guerre. Je me souviens de lui dans les jupes de sa mère et le voilà graissant les fusils."

9 heures dimanche, l'infanterie de Bachar-el Assad attaque et fait sauter les verrous en sac de sable.

Une demi heure plus tard, le groupe dans la mosquée a perdu 4 types, dont un qui avait vendu sa vache pour s'acheter une Kalachnikov et rejoindre la rébellion.

La bataille continue. Un vieux, édenté, touché 2 jours plus tôt par un éclat de grenade, gueule comme un perdu en réarmant son fusil : "Vous êtes 100, je suis tout seul, je vais tous vous tuer"

A 10 heures, la position est perdue. « Journée terrible, mais mon fils est toujours vivant », dit le commandant.

Au plafond de la mosquée, avant l'attaque, une petite veilleuses de 10 watts brûlait toujours, suspendue au bout de longues chaînes d'argent.

Quoi d'autre dans la presse ?

AZF, l'expertise qui change tout. C'est à la Une de Sud Ouest.

Selon une étude relayée par le quotidien, une première déflagration aurait précédé celle du hangar d'AZF. Dans la société des poudres et explosifs à proximité et dûe à une fuite d'Ergol, le carburant des fusées.

Les vibrations du sol auraient ensuite provoqué l'explosion de deux bombes dormantes datant de la seconde guerre mondiale.

L'étude émane d'une revue spécialisée dans le droit du danger et le management du risque. Elle est animée par un universitaire, Hubert Seillan qui affirme que l'instruction a été baclée dans cette affaire AZF.

Sud Ouest rappelle encore que la société des poudres et explosifs, protégée par le secret-défense, n'a jamais été ciblée par l'instruction.

A quelques semaines de l'arrêt de la cour d'Appel de Toulouse, voilà remise en cause la thèse d'un mélange de produits incompatibles à l'origine de l'explosion

Les fruits et légumes, pas si chers que cela, selon La Croix qui publie une enquête de Familles rurales. Par rapport à l'été dernier, les prix ont augmenté de 3% en moyenne pour les fruits et de 5% pour les légumes.

Les Chinois objets de toutes les attentions dans le secteur du luxe. Le groupe Condé Nast publie une déclinaison de son magazine vedette Vogue à l'attention de voyageurs chinois en France. Il est écrit en mandarin. 900.000 visiteurs chinois en France l'année dernière selon le groupe.

Enfin : "Plus vite, plus haut, plus fort... et avec le sourire

Halte au misérabilisme ! Les athlètes des JO paralympiques commencent aujourd'hui. Ryad Salem est membre de l'équipe de France de rugby en fauteuil. « Halte au misérabilisme », c'est lui qui le dit à L'Humanité . « Il faut que les gamins dans les quartiers voient que les "handis" sont aussi des champions. »

Ok, parlons sport. « Le rugby en fauteuil, ça ressemble à quoi ? », lui demande L'Huma .

Réponse de Ryad Salem : « On joue sur un terrain de basket quatre contre quatre avec un ballon de volley... Et on se fout sur la gueule, comme au rugby. »

Les Jeux paralympiques, L'Equipe en parle très peu ce matin. Mais le quotidien sportif revient sur le périple de Philippe Croizon que Radio France a suivi de près.

Pas de bras, pas de jambe, et pourtant il relié les 5 continents à la nage.

Amérique/Asie, détroit de Béring, une heure et demie dans l'eau à 4 degrés.

Afrique/Asie, la mer Rouge, eau à 30 degrés. Le problème c'était les bateaux de guerre israéliens à ses trousses. "Dégagez, vous êtes dans nos eaux territoriales !"

Au fait, pas croisé de requin au fil de l'aventure ? "Non, répond Philippe Croizon. Ils ont dû se dire : celui-là? il déjà été à moitié bouffé, il doit pas être bon"

A demain

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.