(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : Disparitions

(Bruno Duvic) Puisqu'officiellement en Russie, il n'y a pas de guerre avec l'Ukraine, alors il n'y a pas de victime russe. Ou alors ces victimes doivent être tues. Selon plusieurs médias indépendants russes, des enterrements secrets de soldats ont eu lieu récemment dans la région de Pskov. Les noms, les dates ont été retirées des croix tombales. Officiellement, ces parachutistes sont morts dans des conditions inconnues.

Pas de guerre, pas de morts. Cette histoire rappelle aux mères de soldats de mauvais souvenirs afghans ou tchétchènes. Cela fait beaucoup de fils disparus ou qui n'appellent plus depuis qu'ils censés être partis pour des manœuvres à Rostov, près de la frontière Ukrainienne. A Moscou, le comité des mères de soldats reçoit de plus en plus de coups de fil de parents inquiets.

La Russie, rappelle Veronika Dorman, la correspondante de Libération , envoie ses soldats de manière clandestine. Pas d'insigne, pas de garantie sociale pour les familles en cas de décès. Et la surprise pour les militaires eux-mêmes, parfois. Comme ceux de la 98ème division aéroportée, envoyés pour des exercices à Rostov. Etrange, leur colonne de véhicules a soudain foncé à travers champs.

Et puis il y a les combattants qui eux assument ouvertement et disent profiter de leurs vacances pour aller combattre avec les frères séparatistes. Drôles de vacances où on se déplace en blindé dans un pays voisin…

L'Ukraine, mais aussi la Syrie, l'Irak, Gaza...

Nous faisons face à « une sidérante accumulation de crises ». C'est un ancien ministre des Affaires Etrangères qui l'écrit sur le Huffington Post , l'Allemand Joschka Fischer. « Si une crise venait à éclater, en plus, en Asie de l'Est, autre zone sismique, cela provoquerait une catastrophe mondiale que personne ne serait en mesure de contrôler. »

Et Joschka Fischer ne parle pas de disparition mais d'un repli. Le repli stratégique américain. « Les Etats Unis ne peuvent plus, ne veulent plus se poser en gendarme du monde. » L'accumulation des crises est liée à cette nouvelle position, selon l’ancien ministre. Repli américain, divisions européennes. Mais en même temps les puissances émergentes ne sont pas disposées à élaborer un nouvel ordre du monde. A quoi ressemblerait une vision indienne d'un nouvel ordre mondial ? Mystère. Mais si l'Occident est seul à préserver l'ordre mondial, il va finir par être débordé.

Histoires de disparition, l'actualité internationale en bref dans la presse...

Disparition de chercheurs. La revue américaine Science vient de mettre en ligne une publication qui fait avancer la recherche contre le virus Ebola. 58 scientifiques y ont participé. 5 en sont morts. Ils ont contracté le virus en Sierra Leone, dans le cadre de leur recherche. L'article est paru le 28 août. Ils ne l'ont jamais vu publié.

C'est à lire sur slate.fr

Disparitions de cigarettes, d'objets précieux, d'alcools rares, de vins fins et de cartes cadeaux. Tout cela était dans les bureaux de responsables d'administrations, de banques, de PDG en Chine. La voleuse s'appelle Madame Tang, jeune femme pas totalement désintéressée mais qui a diablement mis à jour la corruption d'une partie des élites en Chine. Courrier International raconte. Avant de partir avec son butin, elle prenait des photos des bureaux. Son vrai job c'était ouvrière dans une usine de chaussures de sport. 6.000 paires lui passaient chaque jour entre les mains.

Disparition de nains de jardins ! En Autriche, dixit L'Opinion , campagne pour les élections régionales. Dans un des lands du pays, le parti social-démocrate a voulu innover et remplacer les affiches de campagne par des nains de jardin qui tenaient des pancartes. Les nains ont été kidnappés, sans doute par le parti adverse. Ce n'était que le premier lot. Les sociaux-démocrates ont commandé 20.000 nains de jardin pour la campagne. On est peut être au bord d'un « nanocide »...

A la Une de la presse : la gauche, entre crise politique et crise économique

« Le parti socialiste rompra-t-il les rangs ? » se demande L'Humanité alors que s'ouvrent les universités d'été du PS à La Rochelle. « Valls et Macron défient le PS sur l'entrepris »e à la Une du Monde . « 35 heures, le débat est relancé » pour le Figaro et Nice-Matin .

« Jusqu'où Valls peut-il vraiment aller ? » se demande L'Opinion . Analyse de Guillaume Tabard dans Le Figaro . C'est tout l'échiquier politique qui est ébranlé et contraint de se repositionner par rapport à l'offensive de Manuel Valls. « Pour l'UMP, le risque est grand de se laisser déborder par le Premier Ministre si elle ne reste pas la mieux-disante en matière de réformes structurelles. »

Parmi les chantiers en cours : le logement, « Chantier urgent » pour La Croix . « De nouvelles aides fiscales pour relancer le logement », en manchette des Echos .

Dans Les Echos , justement, deux discours critiques. Cécile Duflot : « Le stand-up libéral de Manuel Valls relève de la posture, stratégie de communication pour apparaitre moderne. Etre moderne, ce n'est pas faire du blairo-thatchérisme ringard. » Et l'économiste Thomas Piketty : « Les députés socialistes auraient dû fronder bien plus tôt. Dès le pacte de compétitivité fin 2012. » Et de critiquer notamment le rythme à marche forcée auquel les dirigeants européens ont cherché à réduire la dette publique.

Quoi d'autre dans la presse ?

« Septembre, la dernière chance ». Manchette dépitée de la Provence après un mois d'août pourri et une saison flagada pour les professionnels du tourisme. « Mais l'été est loin d'être terminé », veut croire le journal.

Le Chasseur français sur Internet ! Le magazine, qui nous propose ce mois-ci d'oser le faisan en battue, annonce également qu'il se met aux instruments modernes de communication. Le nouveau site chasseurfrancais.com regroupera également La Revue nationale de la chasse et le trimestriel Grand gibier . La presse est vraiment en train de muter…

La présentation la plus originale de la rentrée littéraire. C'est à voir dans lui. Une fille à poil qui pose juste avec les principaux livres de cette rentrée - ou pas d'ailleurs. Elle s'appelle Fanny et elle préfère lire sans vêtement, nous explique Lui . « Le textile fait obstacle à l'évasion stylistique », parait-il. Lui , qui se paye le culot de mettre Fanny en couverture avec un livre de Frédéric Beigbeder, le patron du journal, entre les mains.

Et un trésor englouti...

Disparu dans les caves du palais de Monaco mais il est en train de refaire surface. Comme toutes les familles, les Grimaldi accumulent les photos souvenirs quelque part dans la maison. Plus que d'autres familles, des photographes prestigieux l’ont accompagnée ou lui ont offert des clichés. Le résultat est dans le magazine Polka , qui raconte cette histoire et publie une sélection d'images. Un million de photos étaient quasiment abandonnées dans des boites à perte de vue. 150 ans d'histoire intime et générale. On s'est mis au travail pour restaurer et mettre en ordre ce trésor dans les entrailles du palais. Compter encore 10 ans pour un inventaire complet.

Le résultat est d’ores et déjà assez incroyable. Petite sélection. En 1913, le prince Albert premier pique-nique avec Buffalo Bill dans une forêt américaine. Le Tsar Nicolas II en visite sur le Rocher. Des images signées Helmut Newton, Ansel Adams ou des Grimaldi eux-mêmes, car la photo est une passion familiale. A la rubrique « intime », on retiendra cette image de Grace Kelly et Rainier assis face à face. L'air parfaitement sérieux si ce n'est que le prince Rainier a enfilé un masque de carnaval représentant le général de Gaulle. Le temps d’un cliché, la Principauté disparait derrière la République.

Bon week-end !

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