Les journaux sont empreints de gravité ce matin. On s'inquiète de l'arrivée de l'extrême-droite au Parlement espagnol. On s'inquiète des suicides dans la police, du nombre de femmes tuées par leur conjoint ou leur ex et de ceux qui meurent à cause de leur travail. On nous raconte aussi un vol étrange dans un cimetière.

C’est une étrange histoire qu’on découvre ce matin dans LA PROVENCE. L’histoire d’Isabelle qui, fin mars, est allée fleurir la tombe de sa grand-mère, Berthe, enterrée au cimetière de Saint-Pierre, le plus grand de Marseille. La dernière fois qu’elle s’y était rendue, c’était à la Toussaint. A l’époque, tout était normal, mais là, quand la sexagénaire s’est avancée dans l’allée, elle a dû se pincer pour y croire. 

La pierre tombale s'était volatilisée

Stupéfaite, elle demande des  explications. La direction du lieu répond qu’il doit s’agir d’un vol… Des vols de plantes, de vases, c’est courant dans les cimetières… Mais un monument en marbre, « ça paraît incroyable », se désole Isabelle… Même incrédulité du côté de la Mairie, comme en témoigne la réaction du conseiller dédié aux opérations funéraires. 

On n’emporte pas comme ça une tombe qui pèse des centaines de kilos, avec une pelle et une pioche ! 

Selon un employé du cimetière, la pierre a sans doute été volée afin d’être revendue… Un autre explique qu’il n’y a pas assez de gardiens… Quant à Isabelle, elle n’a que ses yeux pour pleurer… Certes, la Mairie de Marseille a promis de la dédommager, mais sans doute pas de quoi financer un autre monument. Pour cela, lui a-t-on dit, il aurait fallu que sa famille souscrive une assurance… Sachez-le, on assure même les tombeaux.

Et ce matin, la presse ressemble à un vaste cimetière, avec des hommages, des questions, des dossiers sur des vies qui n’auraient certainement pas dû s’arrêter aussi tôt… 

Meurtres conjugaux : déjà 46 femmes tuées en 2019

C'est le cri d'alarme à la Une de LA DÉPÊCHE DU MIDI. Des femmes tuées par leur compagnon ou leur ex-compagnon… L’an dernier, on en a recensées 120. Avec l’Allemagne, la France est le pays européen déplorant le nombre le plus élevé de féminicides : plus de 1700 depuis 2005, année des premières statistiques sur le sujet. Or, nombre de ces meurtres auraient pu être évités, nous explique Laurène Daycard sur MEDIAPART. Dans un tiers des cas comptabilisés l’an dernier, la police, la justice avaient été alertées sur la violence du meurtrier. 

Dans L’HUMANITE, c’est une autre violence. 

« Silence, le travail tue »

Chaque année, en France, 500 à 600 décès sont attribués par la Sécu à des causes professionnelles. Mais si l’on y ajoute les accidents de trajet, et celles et ceux qui succombent d’une maladie liée au boulot, on dépasse le millier de morts. Les plus touchés sont les routiers, les électriciens, les intérimaires, les ouvriers du bâtiment. Mais les suicides sont rarement pris en compte. Ou tout bonnement maquillés en accident… Dans l'article, on découvre ainsi qu’un employeur, à la place de « suicide », a écrit sur un formulaire : « chute de hauteur »… 

Dans la police, en revanche, ce n’est plus un tabou. 

On vous en parle depuis ce matin sur France Inter. Le sujet fait aussi la Une de LIBÉRATION. 

Depuis janvier, 28 policiers se sont donnés la mort

Une cellule de prévention est lancée ce lundi… _« Pourquoi la police craque ? »_s’interroge le quotidien, qui passe en revue divers facteurs : surmenage, précarité, déshumanisation de la profession, et puis une ambiance "viriliste" qui empêche la parole et, bien sûr, l’arme à feu, l’outil de travail à portée de main… 

Mais désormais, la police nationale multiplie donc les efforts pour endiguer le phénomène, lit-on également sur LES JOURS, qui évoque par ailleurs les difficultés des agents d’une autre administration ; celles et ceux qui bossent à l’OFPRA, l’office français de protection des réfugiés et apatrides… Quotidien éreintant… Il y a la violence des récits des demandeurs d’asile… Ils écoutent les traumatismes, la torture dans les geôles libyennes, les viols, les corps qui jonchent le sol… Mais leur travail est de vérifier la réalité de ces récits… Souvent, ils refusent les demandes… Souvent, ils sont rongés par la culpabilité

Donc, soit ils s’endurcissent, soit ils démissionnent.

Et puis, dans LE FIGARO ECO, cette fois, c’est le blues des traders qu’on nous raconte : « trader, un métier de plus en plus menacé par les robots ». Non, ce n’est plus un boulot d’avenir : un quart des effectifs a disparu depuis six ans. 

Les familles nombreuses ont le blues

C’est toujours à lire dans les colonnes du FIGARO… Alors que la norme de deux enfants s’est imposée dans la société française, les familles nombreuses ont l’impression de vivre à contre-courant… C’est, du moins, ce dont témoigne un sondage : 62% de ces tribus se sentent mal-aimées… Avec des petites phrases bien acerbes qu’entendent les parents… 

C’est à vous, tout ça ? 

Ou encore...

Vous le vouliez vraiment, celui-là ? 

Ou encore...

La pilule, ça vous dit quelque-chose ?

Ou encore...

Le troisième, vous l’avez fait pour les allocs ?

Ou encore... 

Vous vivez à neuf dans 120 m² ? Ce n’est pas aux normes sanitaires ! On va vous dénoncer aux services sociaux… 

Pourtant, si l’on en croit l’enquête d’Agnès Leclair, on peut être une famille nombreuse et faire en sorte que chacun s’épanouissent pleinement dans le foyer.

Un autre phénomène inquiète celui-là, réellement, les services sociaux. 

Les violences sexuelles à l’école entre très jeunes enfants

Très jeunes, cela veut dire : entre 4 et 7 ans, à l'âge de l'école maternelle ou du CP. Les signalements sont, semble-t-il, de plus en plus nombreux, peut-on lire dans LE PARISIEN… Des attouchements à la récré dans les toilettes qui peuvent s'apparenté à des agressions sexuelles, mais si petits, les agresseurs ont-ils conscience d'agresser ? Vraisemblablement pas, et on a bien du mal à quantifier le ce fait de société. 

Les journaux, ce matin, sont donc empreints de gravité. 

La gravité, avec l’arrivée de l’extrême-droite au Parlement espagnol… Émotion chez les éditorialistes, à l'instar de Pierre Fréhel dans LE RÉPUBLICAIN LORRAIN. 

L’Espagne est touchée à son tour, alors qu’on la croyait vaccinée contre cette tentation après l’expérience du franquisme... 

La gravité avec la disparition des espèces : un dossier sur la biodiversité dans LA DÉPÊCHE : selon les experts qui remettent un rapport ce lundi, un million d’espèces risquent de disparaître dans les prochaines années. 

Cela étant, on trouve tout de même çà et là quelques infos plus réjouissantes. 

Dans LE COURRIER DE L’OUEST, le tendre portrait d’un luthier devenu maraîcher bio… 

Dans PARIS NORMANDIE, le portrait d’un patron au grand cœur qui, dans son restaurant, donne leur chance aux réfugiés… 

Et puis, dans CENTRE PRESSE, on découvre qu’alors que la fin de l’ISF a provoqué une baisse des dons aux associations caritatives, les Aveyronnais sont toujours aussi généreux… 

De leur côté, OUEST FRANCE et LE TÉLÉGRAMME offrent à leur Une les sourires des vainqueurs de la Coupe de France.

Les footballeurs rennais accueillis chez eux en héros

Elles sont belles, ces photos !

Quant à LA NOUVELLE RÉPUBLIQUE, elle nous fait le récit d'une battue au sanglier qui s’est terminée dans un cimetière… Décidément, il se passe des choses curieuses dans les cimetières.

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