L'ambition et la prudence des Breakers de Chenôve devant l'espérance olympique, le Bien public. Libération aime les trains de nuit, Ouest-France le dernier sabotier du Morbihan. Dans le Monde, un philosophe nous enseigne les bienfaits de la respiration dans le couple, cet état si peu naturel...

On parle d'un fémur...

Et ce fémur (mon Dieu, il y a un os!) nous forcerait à revisiter notre galerie des ancètres, et peut-être à en chasser Toumaï, que nous considérons depuis près de vingt ans, comme notre plus vieil  ascendant... 

C'est le Figaro qui nous conte une histoire triste de paléontologie et de disputes, autour d'un petit être qui de son temps pesait 35 kilos et mesurait un mètre... Toumaï, ainsi fut baptisé un fossile vieux de 7 millions d'année trouvé en 2001 dans le désert du Tchad, et dont on démontra ensuite qu'il était bipède, donc un hominidé, le représentant vénérable de notre lignée de mammifères qui marchent sur deux jambes... Le professeur Michel Brunet de l'université de Poitiers aimait à poser souriant en face du crâne de Toumaï, que son équipe avait découvert et qui faisait sa gloire, en dépit de ses ennemis... 

Car voilà. Toumaï et Brunet avaient des secrets et notamment un os bien long; un fémur, trouvé près de Toumaï, qui semblait bien être le sien de fémur, mais dont l'existence n'apparaissait pas dans l'inventaire officiel de la découverte, pourquoi, et le professeur Brunet mit des années avant d'admettre son existence, pourquoi décidément?  

En 2004, deux membres de l'équipe de Brunet, une  étudiante nommée Aude Bergeret et un enseignant nommé Roberto Macchiarelli, s'étaient penché sur ce fémur, et curieusement encore, ils avaient rapidement été poussés vers la sortie, ne conservant de l'os que des photographies et l'idée d'une réparation... Et depuis il y eut des doutes, des polémiques.. Et en novembre dernier, touche finale, dans une étude publiée  par le Journal of human evolution, Bergeret et Macchiarelli affirment, que le fémur, d'après leurs photographies, prouverait que Toumaï n'était pas un bipède mais marchait à quatre pattes: simplement un primate... 

On attend maintenant que soit validée une contre étude. Je lis que Toumaï aurait pu être un bipède maius un peu seulement et un peu différent de nous, lis-je, nous voici tolérants...

A l'autre bout de l'évolution, le Bien Public fait sa Une sur l'espérance d'une ville nommée Chenôve dans le dijonnais, où des jeunes gens font avec leur corps des acrobaties sur un bras sur une tête et en musique encore, Monsieur Toumaï, et ces acrobaties vont les conduire vers la gloire... Car Chenôve est une pépinière française du breakdance, qui vient d'être admis discipline olympique, et des adolescents virevoltant, Levy Baptiste et Nina y pensent... Mais attention, le break dance est une culture, rappelle la grande Sarah Bee, star française de la discipline, et les Jeux ne doivent pas tuer cela. 

A méditer tout en lisant sur notre site Franceinter.fr, dans le Monde et Libération les hommages rendus au géant Ousmane Sy, figure de la danse et du hip hop, que l'on surnommait Baba ou Babson et qui vient de mourir d'une crise cardiaque, pour nous son coeur avait si bien battu.  

On parle aussi de la Chine...

D'où viennent  des tensions contradictoires. 

Libération nous décrit une société où la parole se libère, sur la question des femmes, un mouvement se cristallise sur l'action d'une jeune femme contre une vedette de la télévision qui l'avait agressée en 2014 -à l'époque, la justice n'avait pas enregistrée sa plainte parce que la vedette avait "un impact positif sur la société", depuis le Me too mondial a touché la chine qui depuis mai, possède un code civil qui intègre le harcèlement sexuel...  

Mais en même temps, le Monde raconte le durcissement du pouvoir contre des hommes d'affaires que leur richesse ne protège pas s'ils critiquent le régime, des peines de prisons lourdes tombent: vingt ans pour Li Huaiqing, entrepreneur philanthrope qui aidait les mineurs de charbon malades du poumon, et qui en était venu à critiquer des officiels corrompus... Le Parti communiste veut rééduquer les patrons. Le puissant Jack Ma , patron du géant de la tech Alibaba doit se soumettre à l'Etat, et sur les réseaux sociaux, comme si le parti décidait, des internautes le traitent de « fantôme suceur de sang », le New York Times a raconté cette disgrâce. Le même New York times consacre une page -nos journaux en parlent également- à la journaliste Zhang Zhan condamnée à quatre ans de prison pour avoir chroniqué sur le web la pandémie de la Covid à Wuhan... 

Le Figaro nous dit que la Chine, justement, est sortie de la Covid plus puissante que jamais, dans « un insolent redressement », ayant fait taire ses lanceurs d'alerte et ayant retrouve la croissance. Mais en même temps, les Echos insistent sur les concessions que fait la Chine pour décrocher un accord avec l'Union européenne sur les investissements, les entreprises européennes auront un meilleur accès au marché chinois, est-ce un aveu de faiblesse ou une simple stratégie pour contourner l'hostilité américaine...

Je lis dans la Croix que l'assemblée chinoise vient de ratifier un traité passé avec la Turquie, qui autorise l'extradition vers la chine des réfugiés ouighours, la Turquie doit le ratifier à son tour: le président Erdogan a fait le choix de la puissance chinoise mais on proteste en Turquie. Il est bon de lire qu'on proteste en Turquie.    

On parle enfin de mémoires françaises...

Au terme de l'année de Gaulle, le Monde encore est allé entendre des enfants de l'Algérie française, qui n'ont pas pardonné au général de les avoir trahis, vous lisez une histoire que l'on ne connait plus de brillants militaires devenus putschiste ou de pied-noirs assassinés par les indépendantistes algériens.  

Slate nous raconte comment la bibliothèque municipale de lyon a découvert en inventoriant de vieux livres jaunis, qu'elle possédait des milliers d'ouvrages spoliés pendant la guerre à des familles juives…

Mais il est aussi de douces mémoires et Libération se pare de nostalgie pour les trains de nuit qui reviennent pour nous sauver des gaz à effet de serre, et s'en va en reportage entre Paris et Port-Bou, dans la familiarité des bavardages et des chaussettes dont on se souvient. 

Ouest-France nous dit Claude Simon qui ferme boutique et c'est dommage, il est a Camors le dernier sabotier du Morbihan... Ses affaires marchent pourtant car c'est un bonheur et un confort, lisez, de marcher en sabot. 

Dans le Monde encore, qui publie une série d'entretiens sur notre intimité, un philosophe nommé Pierre Zaoui nous entretient d'une splendide et trompeuse nostalgie: celle du couple parfait! Car le couple n'est pas naturel à l'espèce, nous y sommes venus, et un couple qui réussit tout est en train de se perdre... On s'étouffe dans la fusion  il faut se laisser respirer et savoir se souvenir que "l'autre est le plus grand et le meilleur protecteur de sa propre solitude".

Quand l'écrivain Samuel Backet et sa compagne Suzanne Dechevaux-Dumesnil se retrouvaient en soirée, ils s’asseyaient chacun aux coins opposés d’une pièce et s’échangeaient des petits clins d’œil en seule guise de communication. 

Comment parlait Toumaï aux primates qu'il aimait...

Contact
Thèmes associés