(Nicolas Demorand : "L'actualité est pleine de revenants, ce matin")... Au fond, Dominique de Villepin, c'est Marylin Monroe. La chevelure est argentée et non pas platine, mais la chanson est la même : "Happy Birthday, Mr President". C'est en effet le jour du 55ème anniversaire de Nicolas Sarkozy que Dominique de Villepin a été relaxé dans l'affaire Clearstream. Et les conclusions de la presse sont très claires ce matin : "Villepin relax, Sarkozy furax", ou encore "Sarkozy a Villepin sur la planche", pour Libération. Le Parisien-Aujourd'hui décrit l'ambiance, hier, à la sortie du tribunal après le prononcé du jugement : l'avocat de Nicolas Sarkozy, visage fermé, qui s'éclipse. Et puis Villepin, entouré de sa femme et de ses enfants, écouté par quelques fans extatiques. "Je salue le courage du tribunal qui a su faire triompher la justice sur la politique... Je n'ai aucune rancoeur". Relaxé donc... Voici ce qu'écrit Laurent Joffrin, dans Libération : "Pas de preuves. Quoi qu'on pense de la responsabilité morale de Dominique de Villepin dans l'affaire Clearstream, il bénéficie désormais d'une vérité judiciaire incontestable". Vérité judiciaire... Et c'est "un gros revers de fond de Cour" pour Nicolas Sarkozy : dans La Charente Libre, Jacques Guyon se souvient de tout, à propos du Président : le "croc de boucher", le lapsus "coupable", le zèle du procureur Marin. "Trop, c'était sans doute trop. Les magistrats ont expédié un revers de fond de Cour à l'Elysée et la façon dont on les traite depuis deux ans et demi". Résultat : à la Une du Figaro, "Villepin revient dans le jeu politique". Il rêve d'une revanche en 2012. "La poignée de fidèles qui l'entourent évoquent ouvertement cette échéance, écrit Bruno Jeudy. Le site Internet du Club Villepin a connu hier un record d'affluence : 300 adhésions à l'heure. Il aurait déjà un agenda très chargé pour les semaines à venir, avec déplacements en province et grand meeting". Alors est-ce que c'est "vraiment reparti pour une lutte à mort entre les deux", comme l'écrit Jean-Marcel Bouguereau dans La République des Pyrénées ? "Villepin a une capacité de nuisance : dans les deux ans à venir, il peut se situer entre 5 et 10%, dit le spécialiste des sondages Jérôme Sainte-Marie dans La Dépêche du Midi, ce qui lui permettrait de troubler le jeu politique. Pour Sarkozy, c'est un vrai problème". "C'est un Chevènement de droite", confirme Michel Urvoy dans Ouest-France. Mais peut-il aller au-delà de cette capacité de nuisance ? Urvoy rappelle toutes les faiblesses de l'ancien Premier ministre : le CPE, la tentative solitaire et ratée de faire libérer Ingrid Bétancourt, la dissolution de l'Assemblée, le soutien de quelques députés seulement. Sa base électorale et sa notoriété sont pour l'instant très virtuelles". A l'Elysée, nous dit Le Monde, le conseiller en com' du Président, Franck Louvrier, dit : "Même pas peur ! Villepin, c'est du bruit médiatique. Personne ne le suivra". Synthèse de Laurent Joffrin dans Libération : "Avec son tempérament de colonel d'Empire, il voudrait être un De Gaulle en costume Cerutti. Mais ce Don Quichotte classieux peut aussi tourner, faute de projets, en un simple Chirac sans troupe". L'autre revenant du jour, en politique, c'est Georges Frêche. Tous vos journaux décrivent comment le PS, cette fois, le lâche après sa dernière sortie sur Laurent Fabius et "sa tronche pas très catholique". Chic et de bon goût, surtout adressé à un homme politique d'origine juive. Dans Le Parisien, le président de la région Languedoc-Roussillon parle de "complot". "L'expression que j'ai utilisée date du XIXème siècle. Elle est dans tous les dictionnaires et tous les bouquins de grand-mère. Elle signifie simplement ne pas avoir confiance en quelqu'un. On me transforme en antisémite, moi qui suit le principal soutien d'Israël parmi les socialistes". (ND : "Le climat est de plus en plus tendu au Proche et au Moyen-Orient")... CourrierInternational.com reprend un article du quotidien britannique The Independent. A la frontière entre Israël et le Liban : aujourd'hui, le paysage, ce sont des vergers, pas des chars. D'un côté, la Galilée s'étend, douce et humide. De l'autre côté, le Liban est en paix, planté de tabac. Eh bien, ce doux paysage est une illusion, pour le quotidien britannique, qui estime "quasiment inévitable" une nouvelle guerre entre Israël et Hezbollah. Liste des indices : - les routes reconstruites au Liban, près de la frontière : elles permettent d'acheminer des hommes ; - les avions israéliens dans le ciel libanais : mission de contrôle. "Nous voyons le Hezbollah gagner du terrain, dit le ministre de la Défense Ehud Barak. La situation risque de se détériorer rapidement". Sombres nouvelles en provenance d'Iran également... article du Figaro. Deux opposants viennent d'être pendus : ils avaient été arrêtés avant la Présidentielle. Le procureur de Téhéran fait savoir que le même sort peut guetter neuf autres dissidents, arrêtés, eux, après les élections. En Afghanistan, vous le savez, le dialogue avec les talibans est désormais ouvertement envisagé. Le même Figaro reprend, comme chaque vendredi, une sélection d'articles du New York Times... et notamment celui-ci, sur la nouvelle offensive des talibans en matière de communication. Le Net était considéré comme anti-islamique : il est désormais mis à contribution. Et surtout, au printemps dernier, le mollah Omar a diffusé auprès de ses troupes un nouveau code de conduite : moins de cruauté, on ne s'en prend plus aux civils. Explication du New York Times : les talibans renforcent leur présence sur une grande partie du pays. Ils ont plus encore besoin de l'appui du peuple. C'est aussi une réponse à la nouvelle stratégie américaine qui, elle aussi, cherche à gagner la bataille des coeurs. (ND : "Quoi d'autre dans la presse, Bruno ?") Contraception, interruption volontaire de grossesse... Sur ce thème interview de Roselyne Bachelot ce matin, dans le quotidien 20 Minutes. "L'IVG doit être une composante obligatoire de l'offre de soins", dit la ministre de la Santé ce matin dans 20 Minutes. "Or, il y a de fortes disparités régionales. Nous allons donner aux mineures la possibilité de consulter gratuitement et anonymement un médecin généraliste pour accéder à la contraception. Les adolescentes ne sont pas assez informées. Certaines jeunes filles pensent que la pilule se prend seulement au moment d'un rapport sexuel". "La SNCF organise la casse du fret" : c'est la Une de L'Humanité, ce matin. Selon le journal, la direction prévoit l'abandon de 255.000 wagons et un recul d'un tiers des volumes transportés. Et puis une drôle d'histoire, dans La Dépêche du Midi. "Le mystère des chats disparus". Depuis le mois de juin, 136 chats ont été perdus par leurs propriétaires à Tarbes et dans ses environs. (ND : "Et encore deux revenants")... Après les crocs de boucher, "L'Attrape-Coeur"... Même les fantômes finissent par mourir... Salinger vient de s'éteindre à 91 ans. Il laisse derrière lui une légende, une oeuvre et un roman-culte : "L'Attrape-Coeur" donc... La légende, c'est celle d'un homme qui, à l'heure d'Internet et des satellites, parvenait à échapper aux médias. C'est "le masque de la plume", comme le titre Gérard Lefort dans Libération. Mais cette fois, la disparition de Salinger, c'est pour de bon. Eric Neuhoff est bien triste, dans Le Figaro. Il rappelle que l'Américain avait été agent dans le contre-espionnage pendant la guerre, qu'il avait débarqué à Utah Beach et été l'un des premiers à découvrir les camps de concentration. "Il nous reste ses livres, indémodables", écrit Neuhoff... ses livres qui ont bouleversé des milliers d'adolescents, et pas seulement... Nous avons tous perdu un grand frère", conclut Neuhoff, avec cette citation de "L'Attrape-Coeur" : "Ce qui me met vraiment KO, c'est un livre dont vous aimeriez, lorsque vous avez fini, que l'auteur soit un terrible copain à vous, de manière à pouvoir l'appeler au téléphone quand vous en avez envie". Mais cela dit, quand on en a envie, on peut bel et bien rappeler les morts. C'est ce que fait Télérama cette semaine, en publiant une interview imaginaire de Franz Liszt, en reprenant des propos véridiques sur Chopin. Voici par exemple comment il raconte ses concerts à Paris, dans les salons de Monsieur Pleyel... Un grand piano à queue était ouvert sur une estrade. On se pressait autour. On ambitionnait les places les plus voisines. Et l'on avait raison d'être ainsi avide, attentif religieusement, religieusement ému. Car celui que l'on attendait n'était pas seulement un virtuose habile, ce n'était pas seulement un artiste de grand renom : c'était Chopin. Chopin en vedette sur France Inter ce matin, à Nantes et dans tout l'ouest de la France... Je vous souhaite une Folle Journée...

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