(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : la tournée de l'actualité

(Bruno Duvic) Tournée des provinces françaises, pour commencer. Il s'y passe beaucoup de choses selon la presse ce matin.

Marseille d'abord. A la Une de La Provence : « Exclusif, Vaccin du Sida, premiers test à Marseille »

Essayé avec succès sur des souris et des lapins, un vaccin curatif va être injecté sur 48 patients séropositifs.

Le produit a été mis au point par le laboratoire de biologie structurale de la Timone. L'essai sera réalisé à l'hôpital de la Conception.

De quoi s'agit-il ? Le principe actif du vaccin cible la protéine TAT du virus du Sida. C'est la protéine qui empêche le système immunitaire de nettoyer l'organisme des cellules infectées.

1.000 vaccins sont prêts. 48 patients vont être sélectionnés. Les autorités de santé ont donné leur feu vert il y a une semaine. L'essai va se dérouler sur un an. Premières injections dans quelques semaines.

Erwann Loret, le biologiste du CNRS qui a mis au point le vaccin, ne veut pas donner de faux espoir et paraphrase Churchill : « Ce n'est pas la fin du Sida, même pas le début de la fin, peut être la fin du commencement. »

Après Marseille, Dijon

Ca c'est une histoire qui est passée relativement inaperçue et qui est à la Une du Financial Times ce matin. Elle dit à quel point les collectivités locales souffrent de la crise. Pour financer le centre communal d'action sociale, la mairie de Dijon vient de vendre une partie des bijoux de famille.

Les bijoux de famille en Bourgogne, c'est le vin. D'où ce titre dans le Financial Times , en partie en français : « L'austérité à la française : Dijon vend des vins recherchés pour aider les pauvres »

« Les temps doivent être vraiment durs en France », commente le FT , qui reprend des informations du site infos-dijon : 3.500 bouteilles ont été mises aux enchères dimanche, la moitié de la cave municipale. Le maire, François Rebsamen, a assisté à la vente. Elle a rapporté plus de 150.000 Euros.

Histoire dans l'histoire, c'est un Chinois qui a acquis la bouteille la plus recherché du lot : un Vosne Romanée Clos Parentoux 1er cru d'Henri Jayer millésime 99. Monsieur Wang Dongming a déboursé 4.800 Euros pour s'offrir le flacon. Il était venu de Paris spécialement pour l'occasion. Le site infos-dijon rappelle qu'il y a quelques mois déjà un Chinois avait acheté le château de Gevrey- Chambertin.

151.620 Euros récoltés, donc. 80% de la somme ira aux œuvres sociales, le reste servira à payer l'organisation de la vente et à reconstituer la cave municipale, « quelque peu appauvrie » écrit, avec un sens de la nuance très anglo-saxon, le Financial Times .

Crise et caisse vide. Echo national à la Une du Figaro : « La France est-elle en faillite ? » . Le journal rebondit sur la phrase prononcée dimanche par Michel Sapin. Non la France n'est pas en faillite au sens où elle rembourse ses créanciers sur les marchés. En revanche, écrit Gaëtan de Capèle dans l'édito du Figaro, « elle prend l'eau de toutes parts ».

L'eau et le vin donc...

Quoi d'autre dans la presse régionale ?

La Une de La Voix du Nord : « La filière auto en pleine mutation ». 10.000 emplois perdus dans la région Nord depuis le début de la crise automobile. A la Une des Echos et de L'Humanité , on retrouve cette situation de crise et de tension dans l'automobile, singulièrement chez Renault en ce moment.

Enfin une curiosité : le radar fou à l'entrée de Rennes, sur la nationale 137 - la quatre voies entre Nantes et Rennes. 8.000 flashes par jour ! Il y a des travaux, la vitesse autorisée a été abaissée de 110 à 90 kilomètres/heures, mais, à en croire Ouest France qui met cette histoire à la Une, l'information des automobilistes ne suit pas vraiment. Le défenseur acharné de la veuve et de l'orphelin au volant, l’avocat Eric de Caumont, est sur le coup.

A la Une de la presse régionale et nationale : le Mali

Après « La légion saute sur Kolwezi » au cinéma, voici « La Légion saute sur Tombouctou » dans Le Parisien-Aujourd'hui en France . L'armée française saute sur Tombouctou. Et déjà 20 minutes se demande si la mission est accomplie pour l'armée française au Mali

La guerre française au Mali, on en parle ce matin avec vos invités Patrick. Citons tout de même l'article de Jean-Philippe Rémy dans Le Monde . Des civils ont-ils été tués par des tirs de l'armée française à Konna ? Le reporter relève les dégâts et le mystère après les tirs d’hélicoptère du 11 janvier dernier. Sous l'impact des tirs tout l'arrière de la sous-préfecture s'est effondré. Des bouts de tôle dans tous les environs, un chaos de débris, des pick up calcinés. Mais pas l'ombre d'un corps. Les envoyés spéciaux de la presse n'ont pas pu entrer dans la ville pendant 6 jours. Entre temps elle a été nettoyée.

Sur place, les habitants ont compté entre onze et douze civils tués pendant les frappes et les affrontements. Par les tirs de l’armée ou les rebelles islamistes ? Dans quelles circonstances ?

L'armée est fidèle à sa réputation de grande muette. Dans les ruelles, un habitant raconte ses deux jours passé couché par terre tandis que la reconquête de la ville avait lieu.

Cela ne fait pas de preuve mais c'est aussi une illustration de la difficulté à raconter cette guerre pour les journalistes sur place.

On parlait hier du rôle trouble du Qatar au Mali. A propos du Qatar, autre sujet : la Une de France football : « Le Qatargate ». Le pays a obtenu l'organisation du mondial 2022. Mais à quel prix ? France Foot évoque des conflits d'intérêts, des détournements de cahier des charges. Question à la Une : « Ce vote doit-il être annulé ? »

Dans Libération , direction Fukushima

En mars cela fera deux ans que le tsunami et le tremblement de terre ont eu lieu au Japon. Les blessures du séisme cicatrisent. Celles de l'accident nucléaire qui a suivi sont d'un autre genre.

Pour Libé , Laure Noualhat est allé dans la province de Fukushima. L'exposition à des substances radioactives reste 10 fois supérieure à la norme fixée par l'Organisation mondiale de la santé. Et des brigades de liquidateurs essaient tant bien que mal de décontaminer la zone.

Ils sont emmitouflés dans des combinaisons, masques sur le visage et leur mission, c'est de décaper la nature. Pelleteuses, pelles, pioches, ils enlèvent de la terre, des plantes, de la mousse des feuilles mortes, ils nettoient les sommets des maisons au jet. Ce sont des volontaires, paysans, petits artisans, salariés du coin.

Le planning de décontamination s'étale sur cinq ans. Pour une maison dotée d'un terrain de 400 mètres carrés, il faut 2 semaines de travail.

Pour quel résultat ? « Cela ne sert à rien » disent en substance les ONG. Les radio-éléments ont infiltré la terre et les cours d'eau. A la moindre averse, ils réapparaissent. D'autant que les déchets ne sont que déplacés, stockés provisoirement dans des gros sacs empilés un peu partout sur des terrains vagues ou dans des cours d'écoles.

On devrait aider les habitants à déménager au lieu de promettre un retour. Mais en même temps, s'ils veulent revenir, pourquoi les en empêcher ?

Image d'une maison décontaminée. On a scalpé le terrain et retiré toutes les branches des arbres devant la maison. Les troncs lisses et sans tête s'élancent dans un ciel d'un bleu très pur et trompeur ;

A demain

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