"Un poisseux méli-mélo s'installe dans le décor. Toute une série de connexions se tissent entre groupuscules radicaux et courants de pensée bas de gamme, traversent tous les débats de société pour y pondre des rumeurs, des avatars, islamophobie ici, antisémitisme là, ultra cathos, racistes ordinaires et fachos de choc poussés par des vents mauvais dans un même élan."

Quelques lignes extraites de l'éditorial de Jean-Louis Hervois ce matin dans La Charente Libre . « Jour de colère, qui sont ces anti-Hollande ? » Trois jours après la manifestation parisienne, la question est ce matin à la Une du Parisien-Aujourd'hui en France . Ils étaient 20.000 selon la police, 160.0000 selon les organisateurs.

250 personnes ont été arrêtées après des affrontements avec la police lors de la dispersion du rassemblement. 8 ont été déférés devant la justice.

Et Rue89 a assisté aux audiences, hier au tribunal correctionnel de Paris

Voici une jeune fille qui s'appelle Sybill. Elle a 18 ans, une capuche en fourrure et les ongles vernis. Elle s'assoit, regarde la salle et se met à pleurer. Ironie de son avocat : « Voilà une crevette qui terrorise la police ! »

Aymeric, 20 ans, profil de fils de bonne famille accusé d'avoir jeté une barrière sur les gardes mobiles. "Je me contrôlais plus trop". Avocat : « C'est un gavroche avec sa mèche de rebelle ».

Dans la salle, une proche d'un prévenu, cheveux relevés et perles aux oreilles, tient une image du Christ contre un petit carnet.

C'était donc cela, Jour de colère : des BCBG bien à droite, bien cathos, qui auraient piqué un coup de sang ? Pas seulement...

Le Parisien relève quelques slogans lus ou entendus dans le cortège. "Juif la France n'est pas à toi", "CRS, milice de juifs" "La France est catholique, stop à l'invasion musulmane". Ce mouvement marginal qui rassemble des nervis d'extrême droite, des catholiques intégristes, une frange extrémiste des anti-mariage pour tous, des fans de Dieudonné, des électrons libres des Bonnets rouges et des électrons libres tout court, comme ce mouvement qui s’appelle « Camping pour tous ».

En petit comité, François Hollande parle de « jacquerie ». Une jacquerie, rappelle Le Parisien ,__ née avec la mobilisation contre le mariage gay, dopée par les épisodes de l'IVG et du débat sur la fin de vie et alimentée aujourd'hui par les rumeurs autour des études de genre à l'école.

Ne pas surestimer leur importance. Ils sont « très minoritaires, très hétéroclites » écrit Thierry Borsa dans l'édito du Parisien. Ne pas les sous-estimer non plus ces manifestants que Christophe Barbier appelle des « bonnets noirs » dans L'Express : "Nous vivons une époque où l'excès de vigilance vaut mieux que l'abus de naïveté. L'hiver vient, les loups rôdent, et s'ils ne sont entrés dans Paris que par incursions, de leurs mufles déjà nous parvient le souffle glacé de la haine. »

Un autre coup de sang, dans Le Figaro

Pas de rapport direct avec ce qui précède, mais la confirmation que même les réformes les plus consensuelles peuvent susciter la polémique. L'assemblée nationale a adopté hier en première lecture le projet de loi sur l'égalité homme femmes. Des mesures pour favoriser l’égalité professionnelle et la lutte contre les violences faites aux femmes. Qui serait contre ? Mais Le Figaro s'intéresse à des détails de ce texte, qu'il juge beaucoup plus contestable.

Par exemple, l'article 16 bis qui impose aux écoles de journalisme un enseignement sur l'égalité hommes femmes et les lutte contre les stéréotypes. Un amendement somme également l'institut et donc l'Académie française de faire plus de place aux femmes.

Colère d'Yves Thréard dans l'éditorial : « Le législateur s'est aventuré en des lieux où il ne devrait jamais pénétrer (…). Cette loi reflète l'obsession égalitariste de cette gauche morale, qui, sous couvert de bons sentiments, œuvre au nivellement de la société. Ambition tyrannique, dangereuse et radicale (…). Est-ce au législateur d'élaborer la formation des journalistes ? Tout cela est absurde. »

Minorités radicales... A la Une de La Croix : « L'Islam radical en France, comment mieux le contrer ».

Une La Croix
Une La Croix © Radio France
Près de 700 Français tentés par le djihad sont sous la surveillance des services de renseignement. Manuel Valls, rappelle _La Croix_ , y voit « le plus grand danger auquel nous devons faire face dans les prochaines années ». Comment repérer notamment les plus jeunes radicaux ? Un rapport, remis en octobre au premier ministre souligne que la France est démunie. Profil type : 18-35 ans, position socio-économique difficile. Mais on n'en sait pas beaucoup plus. La France, dit encore le rapport donne trop dans la répression, pas assez dans la prévention. Interview de l'anthropologue Donia Bouzar. Elle qui a beaucoup étudié ces questions reconnait que certains cas de conversion brutale et radicale restent pour elle un mystère : « Comment des filles en l'espace de 3 mois peuvent-elles se mettre à porter le niqab ? ». « Le basculement, explique la sociologue, intervient souvent dans des familles très claniques, après l'explosion d'un élément du cocon, qu'il s'agisse d'un divorce, du chômage ou d'un décès. Chez les garçons, l'élément déclencheur est l'envie de passer de "Je ne pas assez de place" à "j'ai toute la place" (…) Ces jeunes ont en commun de ne se sentir d'aucun territoire. Le discours radical leur propose une identité de substitution. Et elle parle de dérive sectaire, donc à traiter comme telle : « Il n'y a pas de gourou physique mais tous les ingrédients sont là : on fait croire aux jeunes qu'ils sont élus, que les autres vont tenter de les raisonner parce qu'ils sont jaloux. Progressivement, ils perdent leurs contours identitaires, les capacités de raisonnement sont remplacés par du mimétisme. » **Quoi d'autre dans la presse ?**
Une rolling stone
Une rolling stone © radio-france
Le Pape à la Une de _Rolling Stone_ . François en couverture du magazine américain avec un titre emprunté à Bob Dylan : « The times they are A- changing » Verra-t-on encore un président passer ses vacances d'été à Brégançon ? Le fort quitte le giron de l'Elysée et devient monument national. C'est dans _Les Echos_ Sgolène Royal, minorité radicale... _Le Canard enchainé_ relate quelques propos tenus en off par l'ancienne candidate à l'Elysée devant des journalistes le 22 janvier. - les impôts ? "L'accumulation des hausses fiscales depuis que la gauche est au pouvoir est absolument insupportable. L'augmentation de l'impôt, c'est le degré zéro de la politique" - la future carte des régions ? "Un gaspillage politique qui n'est pas très malin avant les élections locales et régionales" - l'interdiction du spectacle de Dieudonné "Valls est sorti de sa fonction" - sa formule, "il faut tourner la page" le 12 janvier à propos du feuilleton Hollande Trierweiler... Parlait-elle de politique ou de sentiment ? C'était ambigu... "C'était tout l'intérêt de la formule" A part ça, elle est disponible : "J'ai toujours pensé que j'avais une place dans le dispositif. Je suis prête à jouer un rôle, sinon, j'aurais quitté la politique" Remarquez le travail d'artiste : neuf superbes tapis venus d'Iran sont arrivés ce mois-ci à quelques jours d'écart à l'aéroport de Leipzig en Allemagne. Mais ils étaient un peu lourds… Chacun de leur nœud contenait quelques grammes d'héroïne. 45 kilos de poudre en tout. Les douaniers racontent dans _Libération_ . Une église vandalisée. Eglise Saint Rémi, à Charleville Mézières. Dessins obscènes, chaises cassés, urine. Elle est fermée au public. C'est à la Une de _L'Ardennais_ . La curiosité de la presse étrangère, toujours pour le climat de déprime en France. A la Une du site de _The Independant_ "Ils ont de grandes vacances, les 35 heures et de longs déjeuners : mais pourquoi les Français se disent-ils en burn- out". L'éditorial du _Temps_ en Suisse parle d'une « France épuisée ». France qui s'interroge sur elle même. Le magazine _Géo_ entame ce mois-ci un reportage sur les identités régionales... Elément clé de l'identité à Marseille : l'OM ! Le lien est-il toujours aussi fort entre le club de foot et la ville ? He bien non ! répond _L'Equipe_ . Entre l'OM qui traverse une sale passe et ses supporters, on en est au « stade du désenchantement » titre le journal. Pire que toutes les colères, en ce qui concerne le football : l'OM ne passion plus les foules. Témoignage du patron du service des sports au quotidien _La Provence_ : « l'Om est devenu moins vital pour nous ». Parole d'un restaurateur sur le Prado : « Avant, les soirs de match on n'avait pas une table de libre. Aujourd'hui on fait moins recette. » Bonne mère…
L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.