Laetitia Gayet.

L'Italie à l'heure du Pacs.

Le projet de loi fera son entrée au Sénat mardi prochain. Dire que les Italiens ne parlent que de ça, serait à peine exagéré écrit Anne Le Nir dans LA CROIX ce matin. Comme en France en 2013, les Italiens se passionnent et se déchirent sur la création d'une union civile. D'ailleurs demain, pour le Family Day, les opposants organisent une manifestion. Ils attendent un million de personnes dans les rues de Rome. Mais l'Italie ne peut plus attendre. Même le catholique pratiquant qu'est Mattéo Renzi le président du Conseil italien, le dit. 1- Parce que ce pacs à l'italienne concerne aussi les couples hétérosexuels, non-mariés. Et que leur nombre ne cesse de croître. 2- Parce que la Cour européenne des droits de l'homme a sommé l'Italie récemment, de donner aux couples de même sexe un statut juridique. Mais ce qui fait tiquer les opposants, c'est que le texte proposé par la sénatrice Cirinnà, prévoit aussi l'adoption des enfants naturels du conjoint. Or en Italie, la famille c'est sacré.

Dans LA REPUBBLICA, Massimo Gandolfini, le neurochirurgien et coordinateur du Family day affirme même que c'est même le phare de la civilisation italienne.

Qu'en dit l'Eglise ? Officieusement, elle est du même avis selon LA CROIX. Mais officiellement, elle ne soutient pas la manifestation de demain. Un prêtre se rappelle l'exemple espagnol : " Chaque fois qu'on descend dans la rue pour défendre une valeur, on se heurte à un mur. Cela n'arrête, ni ne ralentit le processus. Ca l'accélère." Les évêques misent donc maintenant sur l'efficacité des laïcs dans ce débat.

Mais le site POLITICO EUROPE conclut lui, qu'on le veuille ou non, ces unions civiles vont bientôt devenir une réalité en Italie.

Jacqueline Sauvage peut-elle être graciée ?

Autre débat dans la presse ce matin, autour de cette femme de 66 ans, condamnée à 10 ans de prison pour le meurtre de son mari violent. Cet après-midi, François Hollande recevra ses filles qui vont demander la grâce pour leur mère.

Pour Dominique Delpiroux dans LA DEPÊCHE DU MIDI, la mobilisation en faveur de Jacqueline Sauvage avec la pétition montre bien que cette décision de justice n'est pas en phase avec le ressenti de la société.

LE FIGARO est plus mesuré. Stéphane Durand-Soufflant rappelle que par deux fois, Jacqueline Sauvage a été condamnée à la même peine, par deux jurys populaires. Ce qui laisse entendre que le contexte et l'analyse de son crime ne sont pas aussi limpides que sa défense l'assène. Sans quoi, elle aurait été acquittée. Un observateur s'étonne également de l'attitude de la défense. Elle n'a plaidé QUE l'acquittement. Comme un quitte ou double. Elle aurait dû demander une peine de principe avec sursis qui aurait permis à Jacqueline Sauvage, de sortir de prison dès la fin du procès.

Conclusion de Stéphane Siret de PARIS-NORMANDIE, le chef de l'Etat se trouve face à un cas de conscience complexe. Mais pour l'éditorialiste, il n'y a pas à tergiverser. Oui, Jacqueline Sauvage a tué. Mais pour sortir de l'enfer qu'elle endurait. Sa libération s'impose. Mais elle doit aussi s'accompagner d'une révision législative, encadrant mieux la légitime défense. C'est un service à rendre aux femmes.

Pas un mot sur Jacqueline Sauvage –une brève- dans LIBERATION ce matin, mais le goût d'être femme.

Une Une qui peut paraître un peu décalée au regard de ce débat.

Etre femme pour LIBE, ça se paie. Certes, la baisse de la TVA sur les protections hygiéniques, dite taxe tampon, traduit un effort politique. Mais les produits markétés pour les femmes délestent toujours autant les bourses féminines.

Coupe-brushing chez le coiffeur ? C'est toujours plus cher que pour les hommes. Les rasoirs, aussi. Le déodorant ? Pareil. Et la liste comme ça est longue. La lutte pour l'égalité passe aussi par ces petits combats du quotidien écrit Johan Hufnagel dans LIBE. Pour la parité femme-homme dans le sport, la France se pose encore là. Béatrice Barbusse, l'ancienne présidente de l'US Ivry Handball a des anecdotes pleins son sac à main. Début janvier, devant les présidents de ligues régionales et départementales, elle dit à l'assemblée, représentée par des hommes à 80% : "Vous êtes le principal frein au plan de féminisation du hand, alors que nous avons besoin de votre soutien." Réponse de l'un d'entre eux : "je suis votre premier souteneur." Tout le monde rigole. Personne n'intervient. Ils sont donc les souteneurs et nous les putes. Ça ne me fait plus rire à la longue.

Pour gagner ses galons dans l'entreprise, il faut donc être une femme de tête.

Portrait de Delphine Ernotte, la patronne de France Télévision dans le magazine M du MONDE. Elle est celle qui débarque, qui ignore les codes, qui bouscule, qui dit les choses, qui met les pieds dans le plat ou dans le PAF, au choix. Mais au fil des mois, elle a su se faire apprécier notamment des syndicats. Oui, Delphine est naturellement directe dit son directeur de cabinet. Pourquoi avoir quitté Orange où elle était numéro deux, pour France télévision ? C'est un cadeau que je me suis fait. Parce que j'en avais absolument envie. C'est de l'ordre de la transgression. Parce que je suis une femme... tiens. Parce qu'on ne m'attendait pas. Mais j'ai le sentiment d'avoir fait une course en sac avec un bandeau, les pieds entravés et une main dans le dos. Et comme Delphine Ernotte n'a peur de rien visiblement. Pas de la rumeur qui affirme que France Télévision va jouer un rôle favorable à François Hollande en 2017. Elle le dit tout de go : "J'ai l’âge pour faire deux mandats." Elle sait bien qu'aucun président de France Télévision n'a été renouvelé. Alors ?

Plaisanterie ou ambition ?

Les femmes ne sont pas les seules à avoir la dent dure ce matin.

La preuve dans les pages cultures du FIGARO. Les dessinatrices de BD n'hésitent pas à fêter Lucky Luke dont on célèbre les 70 ans à Angoulême au festival de la BD. Florence Cestac avoue avoir piqué les albums du cowboy solitaire à son frère. C'est le héros invincible. Mais quand même, un petit pas de côté au passage. Dommage dit-elle, que les femmes y soient toujours représentées en tenancière de bar ou en vieille acariâtre.

Les Vieux aussi ont la dent dure ce matin, mais vis à vis des jeunes. LE PARISIEN MAGAZINE a choisi de mettre en Une ce matin, Jean d'Ormesson et Jean-Pierre Marielle. Ces papys font de l'irrévérence. Ils torpillent les conventions. Marielle à propos de la retraite : "Mais aucun comédien ne veut s'arrêter quelle question !" Pour Jean d'Ormesson, vieillir, c'est la seule façon de ne pas mourir.

Elle aussi a pris de l'âge. Mais elle non plus ne vieillit pas : Barbie. Vous n'échapperez pas à son relooking. Le TIME a dévoilé hier, les trois nouvelles silhouettes de la poupée la plus célèbre du monde. La nouvelle Barbie est donc soit plus ronde, soit petite, soit grande relaie LE HUFFINGTON POST. Mattel assure que chacun s'y retrouvera. Le TIME titrait hier : "Maintenant peut-on arrêter de parler de mon corps ?" D'accord. Et comme me le faisait remarquer judicieusement Thomas Legrand en préparant la revue de presse : A quand Ken avec des bourlets ? Chaque homme devrait pouvoir s'y retrouver aussi.

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