L'Indépendant se souvient des derniers jours d’Antonio Machado, poète de l’Espagne républicaine, à Collioures, il y a 80 ans. Un restaurant brule près de Toulouse, son chef avait attaqué les casseurs sur les réseaux sociaux, la Dépêche et France bleu. Demain, nous mangerons des steaks aux insectes, le Monde?

On parle d'un restaurant ce matin...

Un restaurant qui a brulé hier matin à Colomiers tout près de Toulouse, il s'appelle l'Amphitryon du chef Yannick Delpech, et vous constaterez les dégâts dans la Dépêche et sur le site de France bleu; le feu s'est déclaré à 5 heures du matin sur la voiture du patron qui était seul dans l'établissement, l'Amphitryon est fermé, et comme ce feu est l'apogée d'une série noire qui a vu le restaurant être tagué des mots de « collabo », « pute », et « révolution », et puis être cambriolé, la Dépêche s'interroge en Une, "Qui en veut au chef étoilé ». Yannick delpech a sa réponse, il paye, dit-il à France Bleu, ce qu'il postait sur un réseau social après les débordements des manifestations de gilets jaunes... 

"Je ne m’abaisserai pas devant les injures, les intimidations, le saccage, la violence portés par une minorité. Je ne serai pas l'otage de petites terreurs complotistes, anarchistes, racistes. JE NE BAISSERAI PAS MON RIDEAU !"

Le rideau est baissé et la police enquête sur le malheur d'un restaurant happé par le chaos français, 

Mais il n'est pas que le chaos ici-bas en cuisine.

On voit dans le Républicain lorrain et l’'Est républicain un cuisinier heureux, Matthieu Otto de Sarreguemines, second de l'auberge Saint-Walfrid, mais surtout le capitaine de la « « team France qui nous représente aujourd'hui et demain à la finale des Bocuse d'or, ce trophée culinaire qui se tient à Lyon (hier la Malaisie a remporté l'épreuve de pâtisserie) et Matthieu pour cuisiner s'inspire de sa grand-mère et du potager familial d'Alsting près de Forbach, il veut conquérir le Bocuse d'un carré de veau et chartreuse de légumes garnie d'un ragoût de coquillages;  ses parents viendront le soutenir, sa maman Martine travaille dans la restauration scolaire et à la cantine, les profs lui parlent de Mathieu, son avenir est assuré, dit-elle... 

Tout n'est pas cassé, en doutions-nous? 

Oui mais pendant ce temps, la planète tourne bizarre. Je lis dans le Monde qu'en Touraine, des chercheurs élèvent des asticots dodus et des mouches noires qui broyées deviendront aliments pour les animaux, mais il ne s'agit pas simplement d'animaux, car nous venons aux steaks hybrides mi-insectes mi-boeuf ou végétal,  serons-nous demain entomophages?

Dans le Monde encore, après le Guardian et Slate, je découvre Molly Schuyler au corps d'athlète couvert de piercings. "Je mesure 1,73 mètre et je pèse 54 kg mais je peux manger quarante-huit parts de tarte au potiron en dix minutes, et je suis payée pour ça. » Molly est une mangeuse de compétition, ainsi s'appellent les concours de gloutonnerie aux Amériques, Molly trouva sa vocation dans un hamburger fait de six steaks, six œufs, six morceaux de fromage et six morceaux de bacon, des oignons frits, des piments, de la laitue, des tomates, des cornichons, elle a sa chaine youtube mais n'amère pas, Molly, ses enfants, à ses compétitions, c'est assez laid. 

Espérons pourtant, avec les Echos. A l'heure de l'apéritifs dans les bars de New york, c'est notre vin rosé que commandent les millenials, cette génération montante qui la pouvoir et l'influence et qui a fait de nos côtes de Provence son nouveau champagne, on boit nos rosés natures, en glaçons, pétillants, et bio, sans codes comme l'époque, qui est aussi jolie. Aux Amériques, on appelle le rosé « blush wine »: blush, c'est votre peau qui rougit devant l'émotion amoureuse, et quel bonheur qu'un vin ait un nom de timidité.

On parle de la vitesse ce matin...

Dont les partisans résistent à la timidité ou même à la pudeur; la mortalité sur les routes a baissé l'an dernier et de manière notable, mais les opposants aux 80 kilomètres/heure n'en démordent pas et nos journaux débordent de politiques prêts à réintroduire les 90 à l'heure, "moins de morts mais une polémique" titre Libération Champagne, et le Courrier picard titre sur la nouvelle « terreur des automobilistes », un radar rusé... Libération, depuis Paris, interroge plein de bon sens, « ralentir ou mourir il faut choisir ». Mais chez les confrères, la réponse est mitigée. On capte dans Libération et Nice-Matin des paroles fermes de la ligue contre la violence routière... Mais aussi, dans Nice matin, un motard miraculé d'un accident de la route qui s'oppose aux 80 km/h... Mais quelques pages plus loin, des étudiantes souriantes défendent, elles, les piétons, dans un compte Instagram calqué sur  le « balance ton porc » des féministes...

Le sexe du futur enfin...

Que nous suggère Usbek et Rica dans un article plus glaçant que graveleux: le journal est allé en Espagne à l'usine Fleshlight, où se fabriquent des sex toys pour homme, des imitations de sexe féminin, fabriqués d'une pâte rose qui en solidifiant aurait la texture et la sensation de l'original, et ces jouets sexuels, sont modelés d'après les sexes de stars de film x, et sont aussi connectés et par la réalité virtuelle vous donnent l'illusion suprême de vivre dans un fil porno...

Mais nos folies se conjuguent et il y a quelques mois, le grand journal El Pais avant Usbek et Rica, avait visité l'usine de sexe, et l'angle de son reportage était le suivant. Comment Mamadou, un immigré guinéen et musulman, peut-il être en charge des commandes de cette fabrique de vagins... il confessait, Mamadou un certain vertige et partait en vacances pendant le Ramadan, mais il aimait son travail et sa famille est heureuse pour lui.

Ainsi vont nos folies? Dans le Figaro, vous lisez une histoire de Jérusalem où la France possède un site archéologique, une nécropole antique appelée « le Tombeau des rois », que Jean-Yves le Drian est prêt à réouvrir au public... Mais des rabbins orthodoxes manifestent, contre la France, pour préserver disent-ils un cimetière qui serait un lieu sacré.... 

Mais on trouve aussi, dans nos journaux, les plus simples des sentiments. Ainsi dans l'Indépendant, qui garde dans le Roussillon le terroir et la mémoire et se souvient de Antonio Machado, grand poète et républicain espagnol, qui le 28 janvier 1939, au milieu des républicains défaits, arriva épuisé chez les Figuières, à Collioures. Il écrivit ses derniers vers dans ce village de France,  « Esto dias azules y este sol de la infancia », «ces jours d'azur et ce soleil de l’enfance »,  avant de mourir le 22 février; Juliette Figuières humecta les lèvres du poète d'un champagne qu'elle avait gardé pour lui, Robert, son fils, s'en souvient et nous aussi avec l’Indépendant, esto dias azules y este de la infancia.

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