Un avocat israélien défend bédouins et palestiniens, Télérama. La guerre des camemberts touche à sa fin, les Echos. A Angers, une battle va opposer produits de l'Anjou et produits du Jura, en hommage à Curnonski; Courrier de l'Ouest, Est républicain.

On parle d'adolescentes ce matin...

Des adolescentes d'autrefois, des années 80, 90, c'était un autre monde où le silence régnait quand des hommes abusaient des gamines, on parle d'adolescentes qui étaient fortes des sportives, qui se destinaient aux jeux olympiques mais  fortes elles l'étaient moins que ces hommes, leurs entraineurs, qui allaient les violer.

C'est la une et un dossier de l'Equipe et c'est un dossier de l'Obs, sur son site, et demain dans son édition de papier...

L'Obs publie la confession de Sarah Abitbol, qui fut une grande championne de patinage artistique, et que son entraineur, dit-elle, viola pendant deux ans, quand elle était adolescente, la première fois ce fut la nuit lors d'un stage à la Roche-sur-Yon… Elle en a fait un livre trente ans après avec la journaliste de l'Obs Emmanuelle Anizon, « Un si long silence » chez Plon...  "Vous m’avez piégée dans des lieux clos. J’en ai développé une phobie. Dans une voiture, dans un appartement, j’ai besoin qu’on ouvre les fenêtres. L’idée même de mettre un pied dans un parking, où vous m’avez tant de fois agressée, génère une crise d’angoisse. J’ai peur de la nuit aussi."

Sarah Abitbol ne fut pas la seule victime de cet homme. On le retrouve deux articles sidérants de l'Obs encore et de l'Equipe, qui décrivent un système de viols et d'omerta dans le patinage français; Dans un univers clos tenus par un président tout puissant, Didier Gailhaguet, des entraineurs prestigieux, anciens champions, ont abusé de jeunes sportives, dans des stages, des déplacements, dans des chambres de l’INSEP, et chez eux car ils proposaient parfois aux gamines de les héberger, car c’était plus simple pour aller à l'entraînement... L'entraîneur d'Anne Brunetaux lui demandait de la rejoindre dans la salle de bain, où elle devait le laver... Un jour il essaya de la violer à la patinoire d'Asnières. les parents d'une autre patineuse trouvèrent Anne sur le parking le collant et la jupe déchirée. Ils ne firent rien, ou quand même: ils la reconduisirent chez son père.

C'était ce temps.

L'Equipe raconte aussi comment à la fin des années 80, à Font-Romeu dans les Pyrénées où s'oxygène la fine fleur du sport français, un entraineur de natation convoquait les nageuses au sauna de la piscine de la cité préolympique, elles avaient treize quatorze ans et lui la trentaine, il leur massait les jambes, les adducteurs et puis le sexe. Les garçons pensaient que seules les filles étaient convoquées pour se faire engueuler parce qu'elles ne s'entrainaient pas assez, les filles étaient soulagées quand l'une d'elle, revenait en larmes du sauna, ça ne va pas tomber sur moi se disaient -elles... Les nageuses finirent par saborder leurs compétitions pour ne pas apporter de podium à cet homme, il y eut une plainte, procès, une condamnation en appel à 6 mois avec sursis pour attentat à la pudeur, sans inscription au casier judiciaire, pouvons-nous dire alors le nom de Christophe Millet qui redevint entraineur au Canet-en-Roussillon, quand deux de ses victimes essayèrent plus tard se se tuer. Elle sont des femmes adultes qui ne sont jamais devenues des championnes et qui parlent, ce n'est pas moins admirable...

Sarah Abitbol, je le lis dans l'Obs, écrit ceci. "Ce n'est pas facile de dire à 44 ans qu’on a été violée à 15 ans. Je n’ai d’ailleurs jamais prononcé ce mot, sauf une fois devant ma psy. Je l’écris pour la première fois. Il me répugne, il m’angoisse. Je voudrais l’effacer. C’est douloureux, trente ans plus tard, de se dire qu’on a été enseveli aussi par son propre silence."

On parle d'entreprises qui ont été célèbres...

Mais pour pour  de tristes des raisons, des faillites des licenciements, et il faut du temps pour que l'on en guérisse, et des mots encore, et la justice. Je lis dans l'Humanité que les salariés de GM et S dont les manifestations provoquèrent un jour la colère du Président Macron, ont gagné devant le Conseil d'Etat, qui annule le plan social de cet équipementier automobile de la Creuse...  

Je lis dans le Courrier picard que hier, à Amiens, des centaines d'anciens salariés de Goodyear affrontaient encore le fabriquant de pneumatiques pour contester en justice les raisons économiques de leurs licenciements... S'opposent des arguments techniques et financiers mais c’est avant tout une question d'honneur et de dignité.

Autre parole. Quand le Figaro avec minutie et l'Humanité avec colère décortiquent le plan de Donald Trump qui résout la dispute israelo-palestinienne aux termes de Benjamin Netanyaou, je lis dans Télérama le portrait d'un avocat israélien, qui n'accepte son pays qu'en défendant des palestinien, des bédouins expropriés de leur terre, devant un système juridique plus sensible aux droits des minorités sexuelles qu'à celui d'une minorité nationale... Dans les Inrockuptibles,  on me raconte une série israélienne, « Our boys », nos garçons, que Canal plus diffuse, qui raconte l'assassinat d'un adolescent palestiniens par de jeunes israéliens, après que trois jeunes israéliens aient été eux même été enlevés et assassinés par des Palestiniens... On entend dans ce film toutes les voix d'une tragédie.

Je lis dans le Parisien que des familles adeptes de l'église évangélique posent des problèmes à l'Education nationale, quand les enseignements semblent s'opposer à leurs croyances... et c'est bien et aussi terrifiant  de dire, et de lire qu'il n'est pas qu'une religion qui travaille la laïcité.

Et une guerre se termine en France...

Elle se termine peut-être aujourd'hui, nous disent les Echos mais quelle guerre qui oppose depuis des mois les tenants du véritable camembert normand « haut de gamme », au lait cru de vaches de race normandes paissant en normandie et moulé à la louche, et le lobby d'un autre camembert « coeur de gamme » plus capitaliste, industriel, fabriqué en Normandie mais avec des laits pasteurisés ou microfiltrés... Depuis des mois lis-je, on dispute sous l'égide de l'Institut national d’origine et de la qualité le texte du compromis actant les devoirs des deux camembert; il devrait être voté aujourd'hui... Clarté et authenticité, car la part du lait de vaches de race normande va monter dans le coeur de game.

Qu'on se rassure ce matin, l'authenticité n'exclut pas le métissage et la confrontation des cultures. A Angers commence vendredi un festival de nourriture qui débutera  me disent le Courrier de l'ouest et l’Est républicain par une battle entre produits du Jura et produits de l'Anjou... On va faire s'affronter Comté Rillauds Chenin Morteau dans des dégustations et mixages, et ceci en hommage au grand critique Curnonsky, qui était angevin, et qui parmi les  cinq meilleurs vins du monde désignait le Savennières Coulée de Serrant et le vin jaune de Château-Chalon , il fallait régler cela dans le respect et l'amitié des terroirs. 

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