Une prison sans barreaux : est-ce possible ?... Et serait-ce une prison ? Oui, mais une autre : pas cet endroit synonyme d’école du crime, ce quartier de haute insécurité pour les détenus les plus fragiles… Et puis une prison sans barreaux… Voilà qui aurait l’immense vertu de désengorger toutes les autres, celles qui ont des barreaux et des matelas par terre, où dorment des centaines de prisonniers en France, parce qu’il n’y a plus de lit, plus de place… C’est un mal endémique auquel le gouvernement tente d’apporter une réponse avec le projet de loi Dati pour lutter contre la surpopulation carcérale. Alors dans la presse, ce matin, vous trouverez tous les détails de ce projet dont le Parlement débattra en automne… On y parle donc de "prison sans barreaux"… Comme dans La Croix… Ou de "prison hors les murs"… Ca, c’est dans Le Monde, qui nous raconte par ailleurs cette histoire, emblématique… tant elle montre et démontre à quel point il est urgent d’appliquer des peines alternatives à la prison, bracelet électronique en tête. Cette histoire, c’est celle de Manuel Lopez. Nous sommes le 4 juillet 2005. Ce jour-là, Manuel se jure de ne jamais retourner derrière les barreaux. Et c’est le jour, précisément, où il bénéficie d’une permission pour entrer en contact avec un centre de formation… Le problème, c’est que, juste avant de sortir, un co-détenu le frappe violemment, parce qu’il est homosexuel… Manuel se rend tout de même à son rendez-vous, le visage tuméfié, or son interlocuteur n’est pas là… Un empêchement de dernière minute… La catastrophe : il faut tout recommencer, les papiers, les procédures : tout ce que Manuel a mis des semaines à construire, s’écroule. Donc ce jour-là, il décide de ne plus jamais franchir les murs de l’enfer, comme il l’appelle. Le détenu ne revient pas… Ce sont alors trois ans de cavale, qui s’achèvent le 6 mars 2008 : Manuel vient d’être interpellé apres une dispute avec son ami… Les portes de l’enfer s’ouvrent de nouveau… Arrivé le matin, il se pend dans sa cellule le soir même. Et puis il y a cette précision, avec laquelle le Monde termine son récit : Il se trouve que Manuel n’en n’avait pas tout à fait terminé avec la justice… Car la procédure pour violence contre son conjoint a continué a prospérer dans le train-train de la justice ordinaire… Ainsi, le 8 avril, il était condamné à un mois de prison avec sursis. Le condamné était mort depuis un mois. Je vous dirais bien de lire Le Parisien-Aujourd'hui en France, où Roselyne Bachelot s'exprime et détaille son plan pour la Sécu... Mais précisément, la ministre de la Santé est avec nous sur France Inter, et ce plan, elle vient de l'exposer. Mais enfin, si vous voulez une trace écrite, il y a donc Le Parisien, dans lequel d'ailleurs vous vous exprimez, Madame, en duo avec votre collègue du Budget, Eric Woerth... Un exercice au cours duquel l'un complète les explications de l'autre, et vice versa... Un duo bien huilé. Le Parisien nous rappelle quand même que pas moins de 24 réformes se sont succédé pour la Sécu depuis le plan Barre, en 76... Et c'est pourquoi La Tribune, de son côté, parle d'un "énième plan", et même de "bidouillage". "Combler le trou de l'assurance-maladie, c'est l'éternel recommencement, le tas de sable de tous les gouvernements", explique Erik Izraelewicz, "parce que, tôt ou tard, d'une manière ou d'une autre, c'est l'assuré qui paiera... Et puis, poursuit-il, on ne peut pas un jour... C'était mercredi dernier... Annoncer que l'on veut favoriser l'intéressement, et le lendemain ou presque, instaurer une taxe sur ce même intéressement. Mais c'est comme ça, conclut Izraelewicz : le bidouillage, c'est toujours, et pour le moins, une manière de brouiller le message". Le Figaro, lui, tire cette conclusion : "entre deux maux, le gouvernement a donc choisi celui qui lui est apparu le moindre, en pleine polémique sur le pouvoir d'achat : autrement dit, taxer les mutuelles plutôt que les malades... Reste à savoir comment il pourra longtemps empêcher les mutuelles complémentaires d'ajuster leurs tarifs". "A votre santé !... Non, ce n'est pas l'heure de l'apéritif : c'est celle de la Sécu, la vieille dame qui boit comme un trou impossible à boucher depuis trente ans... Pour parvenir à l'équilibre rêvé en 2011, donc en fin de premier quinquennat", souligne Xavier Panon dans La Montagne, "le gouvernement cherche donc 4 milliards par an... Où ça ?... Devinez", conclut notre confrère. Questions d'argent... En voici une autre qui, comme le dit Didier Pourquery dans Libération, "met un peu mal à l'aise, tant elle nous rappelle les folles années fric mitterrandiennes"... C'est l'épilogue dans l'affaire Tapie-Crédit Lyonnais... Voilà que l'ex-ministre, ex-homme d'affaires, va recevoir 285 millions d'euros, et que l'Etat ne déposera pas de recours. Alors, face à ce que Libération appelle "un lâche soulagement estival", la ministre de l'Economie s'explique dans le même journal, jure qu'elle n'a reçu aucune instruction de Nicolas Sarkozy et qu'elle n'a jamais évoqué cette question avec lui. En tout cas, ce retour gagnant pour Bernard Tapie crée une certaine émotion, et les mots pour l'exprimer sont virulents, comme sous la plume de Frank de Bondt, par exemple, dans Sud-Ouest, qui écrit : "Christine Lagarde, qui a définitivement classé l'affaire hier, a sans doute estimé que le dossier était suffisamment compliqué pour que les Français n'y voient que du feu". Question : la France est-elle encore machiste ? La réponse est dans Marianne, cette semaine. Sous le titre "La France des machos", l'hebdomadaire nous explique que, dans un pays où aucune discrimination fondée sur le texte n'est plus tolérée, les Françaises ne sont toujours pas les égales des Français. Oh on peut avoir des illustrations vertueuses de l'égalité homme-femme, avec par exemple une interview conjointe d'une ministre et d'un ministre dans un journal très lu, sur un sujet qui préoccupe tout le monde, comme la Sécurité Sociale... Là, nickel, rien à dire : Madame la ministre et Monsieur le ministre s'expriment à égalité... Un modèle du genre. Bien. Mais derrière la vitrine, il arrive aussi qu'on passe la brosse à reluire... Pourvu que la vitrine soit la plus présentable possible... Combien d'hommes publics n'ont pas dit un jour : "J'aime beaucoup les femmes : elles sont tellement plus douées et intelligentes que nous", note Marianne, qui voit derrière tout cela quelque chose de trop honnête pour être honnête... Ce qui fait que le machisme, désormais masqué, rampant et fatigué, ne jaillit que dans les moments d'oubli ou de trop forte émotion... Et là, forcément, ça fait mal. Ainsi, mais ce n'est qu'un exemple, on a entendu, le mois dernier, des commentateurs de Roland-Garros s'extasier sur la silhouette des championnes de tennis, comme si elles s'exhibaient sur un podium de Miss Monde... Bon... Vous avez déjà entendu un journaliste souligner, en pleine action, le caractère sexy des formes de Zidane ? Et que dire de la place de la femme dans le monde du travail ?... Eh bien, qu'il reste fort à faire, et qu'on leur demande toujours d'être jolies mais pas sexy, gentilles mais pas faibles, maquillées mais pas trop, douées d'autorité mais pas autoritaires... Vous avez certainement remarqué qu'il n'y a rien de nouveau... Marianne aurait pu écrire le même article il y a quelques années... Ca veut dire tout simplement que l'égalité homme-femme est encore une vue de l'esprit... Ce que Marianne illustre avec ce dessin. On y voit un couple immergé dans sa vie quotidienne... La femme repasse... L'homme passe, et passe une tête : il dit à sa femme qui bataille contre les pllis du col de chemise : "Je n'arrive toujours pas à trouver le bon emplacement pour ce tableau... Tu le verrais où toi, Bibiche ?"... Eh bien j'aime autant vous dire que Bibiche, elle n'apprécie pas du tout... D'ailleurs elle ne lui répond pas... Elle ronchonne, Bibiche. Voilà : on va terminer avec un sujet bien de saison... C'est dans France-Soir... Là, c'est pareil, on pourrait faire un copier-coller et le ressortir tous les ans : les vacances et les arnaques. Je vous fais grâce de toutes les informations qui s'y rapportent et qu'on connaît déjà, mais tout de même on apprend quelque chose sur le prix du transat de plage. L'insolation n'est pas encore indexée sur le cours du brut, mais alors tout augmente, y compris s'allonger au soleil. France-Soir a donc enquêté, sur la base d'une étude réalisée pour un voyagiste... Un document qui établit des comparaisons entre les pays européens. Eh bien, c'est sur les accueillantes plages britanniques que l'on peut se prélasser au tarif le plus avantageux : 3 euros 10 la journée... Le problème, c'est que le soleil est en option. En Espagne, 4 euros 30, soleil compris... Seules l'Italie et l'Allemagne osent des tarifs moyens de 7 euros 50, ce qui reste loin du record français, qui se situe à 12 euros 50... Sachant que c'est Cannes qui a la palme : 34 euros. Donc retenez bien ce conseil de France-Soir, qui a trouvé la solution, géniale : prenez une serviette et faites comme tout le monde : allongez-vous sur le sable.

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