Pollueur : payeur... Franchement, qui peut être contre ce principe ? Oui, mais dans "taxe carbone", il y a "taxe"... Vous en connaissez, vous, des personnes qui prennent plaisir à payer un impôt ? Tout le problème de la taxe carbone est là. Ce que le journal Libération résume de la façon la plus simple qui soit, et aussi la plus efficace : "Tout le monde est d'accord avec cette 'contribution climat énergie'. C'est son vrai nom. Tout le monde est d'accord, mais pas pour la payer". "Moralité : dans le débat qui va s'ouvrir sur cette question, deux dangers guettent le gouvernement, écrit Paul-Henri du Limbert dans Le Figaro : le premier, c'est de bâtir une usine à gaz qui ferait passer au second plan la dimension écologique du projet. Le second danger, c'est que les Français ne perçoivent que les effets punitifs de la taxe, et donc qu'on les fâche avec la révolution verte". "Du reste, ajoute de son côté le journal Le Monde, pour que ce nouveau prélèvement ait une chance d'être accepté, il doit, comme les autres, répondre à trois critères. Autrement dit, il doit être simple, juste et efficace. Malheureusement, cette taxe carbone ne répond à aucun de ces trois impératifs", estime le quotidien du soir. On l'aura compris : si les Français veulent adoucir les effets de la taxe carbone, il faut qu'ils modifient leur comportement, en termes de consommation d'énergie. "Y sont-ils réellement prêts ?", s'interroge Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute-Marne. Toute la question est là. "Cela dit, et c'est Libération qui le souligne, il existe déjà une fiscalité verte incitative... une fiscalité plus que favorable aux ménages, comme les crédits d'impôt pour les équipements en énergie renouvelable ou le bonus pour les voitures propres. Deuxième remarque : si l'on regarde du côté de nos voisins allemands, attention... La taxe écologique, mise en place il y a dix ans, n'a pas bouleversé les modes de consommation". Oui, tout le problème est là, comme le dit notre confrère du Journal de la Haute-Marne que je citais il y a un instant. Une information préoccupante, dans le journal Le Monde... Oui : si cette information est avérée, le problème est grave. Plusieurs gardiens de la prison de Fleury-Mérogis seraient impliqués dans la mort d'un détenu et dans les sévices qu'il aurait subis. L'affaire est dans les mains du procureur de la République, nous explique Le Monde. Un dossier noir, une histoire de meurtre et de tortures derrière les barreaux d'une prison française, là où des hommes, sous la surveillance de l'Etat, sont moins protégés qu'ailleurs. Les faits remontent au 25 août 2007. Ce jour-là, le détenu voit ce qu'il n'aurait pas dû voir : il voit trois ou quatre surveillants tabasser un prisonnier. Il le voit tomber. Il voit les gardiens le frapper à coups de pied. Le détenu meurt en fin d'après-midi. Pour l'administration pénitenitiaire, le prisonnier en question est responsable. L'unique responsable. Mais il y a un témoin, donc... Et pour lui, le calvaire va commencer. Il affirme que les surveillants l'ont livré à certains des détenus les plus violents de la prison. Ceux-là ont donc pu le torturer en toute impunité. Le récit des faits est maintenant entre les mains du procureur de la République. On indique que le Parquet "suit cette affaire avec une grande attention". La victime, elle, attend toujours une réponse. Histoire de prison encore, et cette fois dans le journal La Croix. Là, c'est un ex-détenu qui va attaquer le ministère de la Justice pour "excès de pouvoir". En fait, le plaignant attaque l'Etat pour ce qu'il appelle "le racket de la location de télé dans les prisons". Et il s'en explique. En 2002, alors qu'il était détenu à la prison de Riom, dans le Puy-de-Dôme, il a acheté une télévision pour 150 € et 92 centimes. Mais deux ans plus tard, quand il a été transféré à Châteaudun, puis à Melun, on ne lui a pas déménagé sa télé, et il a été obligé d'en louer une. Au bout du compte, un prisonnier qui purge une peine de plusieurs années doit acheter une télévision plusieurs fois. Quand on sait qu'un tiers des détenus de ce pays vivent avec moins de 45 € par mois, on comprend le problème. L'Etat se retrouve donc attaqué, dans cette affaire, pour "extorsion de fonds". Ce qui n'arrangera pas la réputation du système carcéral français. Dernier Conseil des Ministres aujourd'hui, avant les vacances... Oui, le dernier, avant le repos relatif prescrit par les médecins de Nicolas Sarkozy. D'ailleurs, nous apprend Le Figaro, à l'Elysée on estime avoir tourné la page sur cet épisode du malaise présidentiel. "De toute façon, les Français ne sont plus réceptifs pendant six semaines", dit-on au cabinet. Bref, même pas mal. Dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, on apprend que Nicolas Sarkozy a reçu un coup de fil de Jacques Chirac, qui est venu prendre de ses nouvelles. "Un geste de courtoisie particulièrement apprécié par l'Elysée", nous dit le même journal. Dernier Conseil des Ministres donc, ce matin, avant les vacances, mais attention : "pas question de baisser la garde", explique Le Figaro. "Car il y a la grippe A, sujet qui sera évolutif pendant l'été", estime-t-on à Matignon, qui exprime tout cela avec une phrase qui vaut le détour (je cite) : "Tous les virologues sont d'accord pour dire que le H1N1 a une mutabilité élevée". En français, ça veut dire : "vigilance". Ce dernier Conseil est également l'occasion, pour les journaux, de s'intéresser à quelques ministres. Deux notamment : Christian Estrosi et Benoist Apparu. Christian Estrosi : c'est Libération qui s'occupe de son cas, et qui le qualifie "d'omniministre de Bercy". Il est partout, et certains de ses collègues ont du mal à réprimer leur agacement, affirme Libé. Quand il rencontre, le 22 juillet, les salariés de New Fabris (entreprise qui va licencier), il envoie quatre communiqués de presse pour le faire savoir. Et puis il reçoit à tour de bras. Et c'est lui aujourd'hui, en tant que ministre de l'Industrie, qui va présenter en Conseil des Ministres le projet de loi sur le changement de statut de La Poste. Et tant pis si, tous les jours, il piétine les plates-bandes de ses collègues, dit-on. D'ailleurs, chez Xavier Darcos, ministre du Travail, on prend la chose avec philosophie. Tout au plus rappelle-t-on que pendant que Christian Estrosi s'agite, Xavier Darcos, lui, fait voter au Parlement la loi sur le repos dominical. Bonne ambiance à Bercy. Benoist Apparu maintenant... C'est Le Canard Enchaîné qui s'y colle, sous le titre : "Le refait du logis". Le député de Châlons-sur-Marne (je cite Le Canard), qui se voyait à l'Education, a pris le melon et ne passe plus les portes depuis qu'il a atterri au sous-ministère du Logement. Pourtant, les choses ont commencé assez moyennement pour lui : pour sa première mission, le 5 juillet, le Premier ministre lui a demandé de représenter le gouvernement à Castres pour la béatification de Soeur Jeanne-Emilie de Villeneuve, fondatrice de la Congrégation de l'Immaculée Conception. "Envoyer un Apparu à une béatification : on a pensé que c'était dû à l'humour de Fillon", se marre Bernard Carrayon, député UMP du Tarn. Ministres toujours... Ministres en vacances... C'est un sujet qui fait toujours recette. Où vont-ils ? Que font-ils ? VSD, entre autres, nous en dit quelques mots, mais nous parle aussi des chefs d'Etat ou de gouvernement étrangers. Barack Obama part une semaine sur l'île de Martha's Vineyard, au large de la côte Est. Gordon Brown, lui, passe un été en famille en Ecosse, dans la région des lacs. Angela Merkel va sûrement se balader en montagne en Italie, mais personne n'en est certain, car la Chancelière allemande ne communique jamais sur ses vacances. Enfin, Silvio Berlusconi délaisse le farniente et les folles soirées de sa Villa Certosa, en Sardaigne. Ayant tout intérêt à redresser son image, il part en vacances à L'Aquila, cette ville du centre de l'Italie ravagée par un séisme en avril. Lui, qui avait parlé de camping pour les 70.000 sans-abri, cherche une maison à louer à L'Aquila. Voilà... On va terminer avec cette excellente idée du Figaro Economie, qui ouvre une série d'été aujourd'hui même : un feuilleton consacré à l'origine des noms d'entreprises célèbres. Ce matin : Google... "Pourquoi Google s'appelle Google"... Eh bien, c'est un clin d'oeil à une autre histoire. En 1938, Edward Kasner, mathématicien américain, cherche un nom pour désigner le chiffre 1 quand il est suivi de cent zéros. Il demande à son neveu de 8 ans une idée pour définir ce chiffre supérieur au nombre de particules élémentaires de l'Univers. Et le gamin répond : "Euh... googol". Vendu. 60 ans plus tard, les deux fondateurs du célèbre moteur de recherche reprennent le mot "googol" (g-o-o-g-o-l) et le transforment en "Google". Le succès de leur moteur est tel que Google vient d'entrer dans les dictionnaires américains et que, tout à fait officiellement maintenant, le verbe "to google" signifie "rechercher des informations sur quelqu'un ou quelque chose sur le Web". Google est donc devenu à l'informatique ce que Kleenex ou Frigidaire sont devenus au mouchoir jetable et au réfrigérateur. Et ça, bien sûr, c'est la marque du succès.

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